femmes pol_0Une étude de  l’Organisation Internationale du Travail (OIT), publiée à l’occasion de la journée de la femme, montre que l’écart homme-femme au travail peine à se résorber.

Depuis 20 ans, s’il y a eu des progrès, c’est à la marge. Voilà le triste constat de l’OIT. En effet, de 1995 à 2015, « le taux mondial de participation des femmes à la population active est passée de 52,4 à 49,6% (79,9 à 76,1% pour les hommes) ». Malgré des progrès notables en termes d’éducation ou de santé (la parité dans le primaire et le secondaire est en effet atteinte dans 123 pays), les femmes demeurent :
– en retrait du monde du travail – 46% des femmes en âge de travailler participent à la vie active contre 72% pour les hommes ;
– moins bien rémunérées – 23% de moins que les hommes. Au rythme des progrès actuels, l’OIT juge qu’il faudrait 70 ans pour résorber cet écart ;
– surreprésentées dans l’économie informelle (emploi dans l’entreprise familiale, travail avec leur conjoint…) ;
– moins bien protégées socialement – 40% ne cotisent pas à la sécurité sociale et 200 millions n’ont droit à aucune retraite (contre 115 millions d’hommes). 

Volonté politique trop timide

Un tableau assez noir donc, mais qui ne demande que de la volonté politique pour s’éclaircir. Comme le note l’OIT : « la réduction des disparités salariales peut être imputée pour l’essentiel à des mesures politiques explicites de lutte contre les inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail, plutôt qu’à une progression générale du niveau de vie. En fait, l’écart salarial entre les sexes n’a pas de lien avec le niveau de développement économique du pays puisque certains pays ayant un revenu par habitant élevé figurent parmi les pays ayant les plus forts écarts salariaux. Le seul développement économique ne suffira pas à garantir une répartition équitable des gains de croissance entre hommes et femmes. » Idem pour la représentation des femmes en entreprises : « les politiques de «discrimination positive», y compris en fixant des cibles, des objectifs ou des quotas, représentent des mesures importantes que peuvent appliquer les gouvernements, les syndicats, les organisations d’employeurs et les entreprises afin de remédier à la grave sous-représentation des femmes et de leurs préoccupations dans les processus de décision au sein des entreprises et des sociétés. »

Une question de volonté politique donc. Mais aussi de pragmatisme économique : une étude publiée fin 2015 par le cabinet McKinsey Global Institue dévoilait que l’égalité homme-femme rapporterait pas moins de 28 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2025, soit le quart du PIB mondial ! À bon entendeur…

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