Hopital d’Alès : HQE, le bien-être en plus!
L’hôpital d’Alès est le premier centre hospitalier certifié HQE en France. Une démarche qui n’engage pas seulement la performance énergétique du bâtiment mais qui impacte directement le confort des patients et le cadre de travail des employés.
Les établissements de santé sont très gourmands en énergie pour la blanchisserie, la radiologie, le chauffage, ou encore les blocs opératoires. Ils ont besoin d’un approvisionnement énergétique intense, continu et sûr.
En France, un centre hospitalier consomme en moyenne 320 kWh/m2/an. Financièrement cela représente entre 5 et 10% de son budget global, sachant que le chauffage, la climatisation et l’eau chaude sanitaire mobilisent 80% de l’énergie consommée. Pour réduire les coûts d’exploitation, la maîtrise de la dépense énergétique est donc une problématique centrale.
Alès, un pionnier
Comment concilier des économies, l’exigence de développement durable, le confort et la sécurité des patients ? Bien qu’il n’existe pas encore de norme HQE spécifique aux hôpitaux (cela devrait être le cas courant 2012), certains se sont déjà lancés dans l’aventure, à l’instar du Centre Hospitalier Alès-Cévennes (CHAC), inauguré en mars dernier, premier centre hospitalier HQE (norme tertiaire) de France.
Performance énergétique
L’implantation du bâtiment optimise les conditions d’ensoleillement en fonction des différentes heures du jour mais aussi des saisons, de manière à profiter de la chaleur du soleil en hiver et à s’en protéger en été : des brise-soleil orientables et empilables ont été installés en face des fenêtres. Associé à l’enveloppe économe en énergie du bâtiment, ce dispositif permet au CHAC de gagner l’équivalent en énergie de 100 jours de chauffage ou de rafraîchissement. Nous disons « rafraîchissement » car l’hôpital n’est pas doté de système de climatisation. Des plafonds rayonnants dans lesquels passent de gros tuyaux d’eau chaude ou froide, selon qu’on veuille chauffer ou refroidir la pièce, permettent de réguler la température.
Pôle énergie
Au cœur du projet HQE du site, on trouve le « pôle énergie». C’est le premier réalisé dans le cadre d’un partenariat public / privé (Dalkia), dans une démarche de développement durable avec une chaufferie bois. A terme, il devrait chauffer 8 bâtiments, soit près de 52 000 m2. Les 3 200 tonnes de bois (essentiellement local) consommées permettent d’éviter le rejet de 1 438 tonnes de CO2 par an. Côté facture, l’économie est de 40%. La chaufferie permet de couvrir 80% des besoins en eau chaude sanitaire, soit une puissance de 6 500 MW/an. Deux installations, solaire thermique et photovoltaïque, permettent de combler les besoins restants.
Un hôpital intelligent au service des patients
La norme HQE ne porte cependant pas que sur la simple performance énergétique du bâtiment. Elle est indissociable des notions de santé et de bien-être des résidents. On mesure à quel point ces critères sont centraux dans le cadre de l’hôpital. Tout a été pensé dans le but de proposer un confort optimum aux malades.
Deux dispositifs innovants ont été mis en place :
Le terminal multimédia (TMM) : il s’agit d’un bras articulé, monté au chevet de chaque lit, utilisable dans toutes les positions. Il est doté d’un écran tactile et permet de téléphoner, de regarder la télévision et d’accéder à Internet. Le patient peut également s’informer de la vie de l’hôpital et accéder à des éléments d’informations médicales. Il peut ainsi rester connecté en permanence avec ses proches et le monde extérieur depuis son lit.
Le dispositif Bébé Online : cette technologie permet à la mère ayant été séparé précocement de son enfant d’avoir une image en direct de celui-ci. Des adaptations sont également en cours pour qu’elle puisse lui parler. Les équipes de maternité et de pédiatrie se sont elles-aussi très vite appropriées l’outil pour en faire la composante d’une véritable démarche de soin.
Plus largement, ce sont toutes les potentialités des Smart Grids qui sont mobilisées au sein du réseau Voix données Images (VDI) qui, à la manière d’une « box », gère, concentre et distribue tout un ensemble d’informations et de données, allant de la poire d’appel du patient aux dossiers médicaux, en passant par le TMM. Cela permet de décloisonner complètement les flux d’informations pour une plus grande fluidité et une multiplication des fonctionnalités.
Le CHAC est un pionnier sur la voie de l’hôpital durable. Deux projets identiques sont actuellement en cours en Ile-de-France à Evry (Essonne) et à Gonesse (Val-d’Oise).
En savoir +
Les 5 objectifs du Plan Hôpital 2012
La réalisation du CHAC a été conduite dans le cadre du Plan Hôpital 2012, qui vise à cofinancer (à hauteur de 50% en moyenne) des projets de modernisation des hôpitaux. Cinq objectifs majeurs se dégagent :
1. Maintenir un haut taux d’investissement (10 milliards sur 5 ans pour les établissements de santé publics et privés).
2. Soutenir les Schémas Régionaux d’Organisation Sanitaire (SROS), qui favorisent les partenariats et le regroupement d’hôpitaux.
3. Garantir la viabilité économique et financière des opérations immobilières en répondant aux critères d’efficience.
4. Développer et moderniser les systèmes d’information hospitaliers.
5. Assurer les mises aux normes de sécurité (antisismique, désamiantage…).




