Quand les moines investissent sur des hommes
L’abbaye de Saint Wandrille a été créée en 649 en Normandie par une communauté de Bénédictins. En 1937, elle lance la Société des produits monastiques (SPM) et commercialise des produits d’entretien pour les collectivités. En 2003, l’abbaye prend un nouveau virage pour réinvestir une partie de ses revenus. La SPM devient Ascendi et se donne un objectif : donner du sens à l’activité économique par le biais du capital-investissement. Pour autant, Ascendi n’est pas un fonds financier.
Pour moines qu’ils sont, les membres de Saint Wandrille qui dirigent Ascendi n’en travaillent pas moins comme des investisseurs institutionnels. À ce détail près qu’ils placent l’individu au cœur de leurs projets. Comment ? Par une sélection stricte des projets et surtout des managers qui les portent ; Par une attention particulière à l’image des projets sélectionnés, à leur éthique, à leur gouvernance, au traitement des salariés ; Par un engagement à les accompagner. Ascendi s’emploie ainsi à des audits et des formulations de recommandations, avec une grande régularité. Le père Le Gal pilote un comité consultatif composé de chefs d’entreprises. Au centre d’un réseau, ces personnes contribuent à la sélection et à l’accompagnement des projets. Environ 50 dossiers font l’objet d’une pré-étude chaque année. Dix subiront un examen plus approfondi et, au final, Ascendi s’engagera dans 2 à 3 projets avec un investissement moyen de 20 à 40 000 euros. À ce jour, Ascendi finance une douzaine de sociétés, contre une rentabilité de 20 % au moins, pour une durée d’engagement de trois à sept ans.




