Le Japon vient de réussir à extraire l'hydrate de méthane de la « glace inflammable » qui se trouve à 300m sous les fonds marins. Une première pour ce qui est considéré comme le plus large réservoir d'énergie fossile encore inexploité. De quoi bouleverser la donne énergétique mondiale ? Malheureusement, l'impact environnemental de son exploitation est plus qu'inquiétant.

L'hydrate de méthane c'est en somme le gaz de schiste de la mer, à la différence près que le gaz est enfermé dans la glace et non dans la roche. Si son exploitation reste encore très difficile et chère, cette découverte pourrait lancer le début d'une nouvelle course au gaz, surtout dans un Japon post-Fukushima, à la recherche d'une alternative au nucléaire. Ce serait près d'un siècle d'énergie qui serait dans les réserves nippones et 1 2000 milliards de m3 de gaz à l'échelle mondiale : c'est plus que les réserves de gaz, pétrole et charbon réunies ! Comme le souligne Will Pearson, directeur Energie globale et ressources naturelles chez Eurasia Group : « Les hydrates de méthane sont partout. Si la technologie se développe, cela va changer la face du marché du gaz. Ce qui est déjà l'âge d'or du gaz durera encore bien plus longtemps ».

Conséquences néfastes de l'effet de serre
« Sous la couche de cristaux se trouve souvent un réservoir de gaz libre pour lequel les hydrates jouent le rôle de couvercle étanche ; les détruire pourrait remonter beaucoup de méthane à la surface » estime Jérôme Chappelaz, du CNRS. Inquiétant pour un gaz à effet de serre aux effets bien plus nocifs que le CO2, d'autant qu'il se trouve en grande partie dans les régions circumpolaires. A mesure que les glaces fondent et libèrent de nouveaux territoires, nul doute que certains y verront l'opportunité de nouveau forages. Sans parler des effets dévastateurs sur les fonds marins.

Et si avant de chercher la richesse sous les fonds des océans, on essayait de préserver celle des océans eux-mêmes ?

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