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Conférence de Doha : les larmes du négociateur Philippin

07 Déc 2012

A bout. Alors que l’on semble se diriger vers un nouveau report de décisions pourtant indispensables, le négociateur Philippin, visiblement touché par le Typhon qui vient de frapper son pays, a livré un discours poignant. Assez pour changer l’issu du sommet ? Rien n’est moins sûr.

Naderev Sano, le négociateur de la délégation philippine, n’en peut visiblement plus de ces conférences qui se succèdent sans jamais rien décider. Et ce, alors que les catastrophe naturelles et les rapports climatiques alarmants s’enchaînent. Il en appelle à une prise de conscience, et surtout à des actions immédiates.
Vous pouvez retrouver son discours en vidéo sur le « poverty matters blog » du Guardian.

En voici la traduction française :
« Alors que nous sommes assis ici tranquillement, alors que nous hésitons et procrastinons, le nombre de mort ne cesse d’augmenter. La dévastation est massive et étendue. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leurs maisons. Et l’épreuve est loin d’être terminée alors que le Typhon Bopha a regagné de la force et s’approche d’une autre région peuplée de l’ouest des Philippines. Madame la présidente, nous n’avons jamais connu un Typhon comme celui-ci. Il a fait des ravages dans une partie du pays qui n’a pas vu une telle tempête depuis plus d’un demi siècle. Et les tragédies comme celles-ci ne sont pas spécifiques aux Philippines, c’est le monde entier, et surtout les pays en voie de développement qui luttent pour remédier à la pauvreté et pour un développement social et humain, qui sont confrontés aux mêmes réalités. Madame la présidente, je parle de la part de 100 millions de Philippins, dont 250 000 résident et travaillent ici au Qatar. Je lance un appel urgent, non pas en tant que négociateur, non pas comme leadeur de ma délégation, mais en tant que Philippin. »

Sa voix commence à vaciller.

« J’en appelle au monde entier, j’en appelle aux leadeurs de la planète, pour ouvrir les yeux sur la sombre réalité à laquelle nous faisons face. J’en appelle aux ministres. Le résultat de nos travaux n’a rien à voir avec ce que notre hiérarchie politique nous demande. Nous devons écouter ce que 7 milliards de personnes attendent de nous. J’en appelle à tous : s’il vous plaît, plus de retards, plus d’excuses. S’il vous plaît, faites qu’on se souvienne de Doha comme l’endroit où nous avons trouvé la volonté politique de changer les choses. S’il vous plaît, faites qu’on se souvienne de 2012 comme l’année où le monde a trouvé le courage de prendre ses responsabilités pour le futur que nous voulons. Je vous demande à tous, ici : si ce n’est pas nous, alors qui ? si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Si ce n’est ici, alors où ? Merci madame la présidente. »

Tous se sont ensuite levés pour applaudir… Aux actes à présent !

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