La fonte des glaces ne fait pas que des malheureux : routes maritimes qui s’ouvrent pour certains, richesses en hydrocarbures pour d’autres… les vautours s’en frottent déjà les mains. Un potentiel commercial et financier qui pourrait mener à une bataille géopolitique pour en prendre le contrôle. Glaçant.

L’ouverture des passages Nord-ouest et Nord-est (Cf. carte) fait partie de la mythologie maritime depuis le XVIe siècle. Nombreux sont les explorateurs qui ont envisagé et tenté de démontrer la viabilité de cette route. Jusqu’ici en vain. Mais alors qu’en septembre 2012, la banquise polaire arctique a atteint son minimum historique (3,4 millions de km2), le débat semble relancé.

Routes maritimes
Symbole de ce nouvel intérêt, le voyage, en cette fin de mois d’août, du Yong-Sheng : le premier navire commercial chinois à emprunter cette route. Après avoir passé le détroit de Béring le 25 août, il fait route vers Rotterdam qu’il devrait atteindre le 11 septembre, chargé de ses 17 000 tonnes d’acier. Il faut dire que le potentiel commercial est important :
– plusieurs centaines de milliers d’euros d’économies selon la taille du navire et la longueur du trajet,
– jusqu’à 20 jours plus rapide.
La plupart de ces estimations ne tiennent cependant pas compte des risques, de la difficulté ou encore de certains frais que pourraient connaître ces trajets à mesure qu’ils se développent. C’est ce que confirme notamment un rapport du CNRS.

Ressources énergétiques
Les richesses potentielles des fonds marins de l’arctique font l’objet de beaucoup de fantasmes (non sans raison, Cf carte ci-dessous).

Et selon Roland Vially, géologue à IFP Energies Nouvelles, elles ne se limitent pas aux hydrocarbures : « Cette zone semble également receler des gisements de diamants, de minerais d’or, d’argent, de cuivre, de plomb ou encore de zinc ». Pas étonnant donc, que les pays limitrophes et les grands industriels s’y intéressent. Mais à quel prix ? Au-delà du prix d’exploitation de ces ressources qui, dans ce milieu qui reste hostile, pourrait s’avérer dissuasif, le coût environnemental d’une ruée vers l’arctique serait dramatique.

Déjà très fragile, l’écosystème arctique ne supporterait pas une éventuelle marée noire, qui dans ses conditions climatiques et d’accès, serait quasiment impossible à maîtriser. Une guerre d’influence a déjà commencé entre les pays limitrophes (Canada, Etats-Unis, Russie, Norvège, Groenland) pour s’arroger la plus belle part du gâteau.

L’appât du gain avant l’impératif écologique : on a déjà entendu cette histoire. Elle se termine souvent mal.

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