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La Chine face « l’Airpocalypse » !

28 Jan 2013

En ce début d’année, Pékin connaît une pollution atmosphérique sans précédent. Face à l’épais nuage qui l’enveloppe, les autorités ne peuvent plus nier ce que les habitants de la capitale chinoise appellent dorénavant « l’Airpocalypse » : la menace visible d’un environnement qui arrive à saturation.

Le meilleur instrument de mesure de la qualité de l’air Pékinois est celui de l’ambassade américaine qui publie toutes les heures, via un compte twitter dédié et malgré les pressions récurrentes du gouvernement chinois, un relevé de la qualité atmosphérique sur la base de son Air Quality Index (AQI). Le week-end du 12 janvier, l’indice est monté à 775. Pour bien comprendre, il faut savoir que :
– au-dessus de 100, l’air est considéré comme « mauvais pour la santé »,
– l’indice excède rarement 200 aux Etats-Unis,
– entre 300 et 500 l’air est considéré comme « dangereux »,
– la mesure de 775 est « hors index », c’est-à-dire que l’index arrête son niveau de dangerosité maximale à 500.

C’est dire le niveau record de cette pollution ! La preuve en quelques images :

Ci-dessous 2 photos satellites prises par la NASA. La première montre la ville en temps normal, la seconde pendant le pic de pollution :

Après quelques jours d’accalmie due à la neige, la pollution est repassée en zone dangereuse pour se fixer aujourd’hui tout près de la barre des 500. Face à cette situation apocalyptique, mêmes les médias liés au Parti commencent à tirer la sonnette d’alarme. Ainsi la Global Times estime que « si nous continuons sur cette voie de développement au lieu de l’adapter aux enjeux environnementaux, les dommages à long terme seront désastreux ».

Le gouvernement, face à ce risque environnemental qui pourrait déborder en conflit social, a pris des mesures sans précédent :
– 180 000 véhicules anciens retirés de la circulation pour l’année 2013,
– création de nouvelles normes d’émissions, avec des niveau d’exigence relevés,
– fermeture d’usines polluantes,
– remplacement des anciens chauffages au charbon de 44 000 logements anciens du centre-ville par des système écologiques,
– 43 milliards d’euros d’investissement dédié à l’amélioration de qualité atmosphérique de la capitale.

Scepticisme
« Nous allons accélérer la construction d’une ville magnifique, avec un ciel bleu, une terre verte et de l’eau potable » a assuré le Maire. Des bonnes résolutions qui laissent sceptique : « ces nouveaux règlements seront probablement aussi inefficaces que les précédents » se désole en effet le Global Times, témoignages d’experts à l’appui.
Et si on choisissait de voir cette prise de conscience (tardive) comme un premier pas vers un Chine plus écologique ? Pour cela la pression de la société civile ne doit pas se relâcher. Courage.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le compte Twitter @beijingair de l’ambassade américaine à Pekin.

 

 

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