Tuna Cage, Turkey.Réunis à Ajaccio ce week-end, une vingtaine de pays ont appelé à la préservation de la biodiversité marine. Un appel qui sonne d’avantage comme un cri d’alarme.
Au rythme actuel de créations d’aires marines protégées dans le monde, il faudrait près d’un siècle pour remplir les engagement internationaux de protection de la mer, soit 10% des océans d’ici 2020 conformément aux objectifs d’Aïchi (contre 3% aujourd’hui). Mais au-delà de la quantité, les participants ont tenu à mettre l’accent sur l’importance d’un choix pertinent de ces zones : « il faut rappeler que les objectifs d’Aïchi demandent que les aires marines protégées s’inscrivent dans un réseau écologiquement représentatif, bien relié et efficacement et équitablement géré ». Le statut de la haute-mer également été largement abordé : représentant 64% des océans, hors de toute juridiction nationale, et riches en ressources aussi bien naturelles que fossiles et minérales, ces zones sont en effet un enjeu majeur, qu’une législation internationale devra encadrer.

Quelques idées neuves ont enfin émergé comme par exemple la proposition du représentant des Seychelles de mettre en place autour de son archipel une vaste aire marine protégée (AMP) en échange de l’effacement de la dette de son pays.

Les 6 recommandations
1. Mobilisation des réseaux
locaux et nationaux pour construire un réseau mondial des aires marines protégées permettant de faire converger les approches locales et les stratégies globales.
2. Ouverture au monde économique, dans une démarche de partenariat qui doit asseoir la gouvernance et appuyer les démarches de planification spatiale.
3. Urgence d’ouvrir une négociation pour trouver un accord d’application pour la conservation de la haute mer de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Un tel accord devra prévoir la création d’aires marines protégées de haute mer de statut mondial.
4. Nécessité des approches régionales, qui constituent l’échelle appropriée pour élaborer nombre de solutions, en particulier en matière de gouvernance.
5. Trouver de nouveaux mécanismes de financement : la faiblesse des mécanismes existants amène le congrès à rechercher des solutions innovantes pour des financements durables et à accroître les synergies entre les programmes de financement de différents bailleurs et donateurs. Le congrès a notamment salué l’initiative de création d’un fond fiduciaire pour la Méditerranée (proposé par le Prince Albert II de Monaco et le ministre de français de l’écologie Philippe Martin).
6. Prise en compte de la valeur culturelle, philosophique et spirituelle de la mer. Le congrès a souligné que la prise en compte de cette dimension est essentielle pour mobiliser l’ensemble de la société autour de la préservation des océans.

Espérons que cet appel de “la mer bergère d’azur infinie” ne restera pas, comme tant d’autres, sans réponse. L’absence (coupable) des Etats-Unis, du Canada, de la Russie, de la Norvège ou encore du Japon à la table des négociation n’incite pas, sur ce point, à la confiance.

Retrouvez ici l’intégralité du message d’Ajaccio.

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