Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dresse un bilan du Grenelle de l'environnement, 5 ans après son lancement. Malgré une dynamique initiale certaine, attention à l'essoufflement.

S'il est une chose que personne ne conteste à propos du Grenelle, c'est qu'il a donné un véritable élan aux enjeux écologiques. Son mode de gouvernance à cinq inédit (collectivités, employeurs, Etat, ONG salariés), a notamment « favorisé le dialogue, l'appropriation des enjeux et permis l'expression d'une profusion de propositions » note Pierrette Crosemarie, rapporteure de la Commission du CESE.

Ainsi la place de l'environnement a évolué dans la société, qui n'est plus vu comme un obstacle mais un atout. En témoigne ce sondage qui atteste que 79% des français pensent que la protection de l'environnement peut être un moteur pour la croissance économique.

Pourtant, si de véritables avancées ont été faites, il semble que l'heure soit aujourd'hui à l'enlisement. Sur fond de crise économique qui fait passer (à tort) ces enjeux au second plan, le manque d'information sur les critères de désignation des parties prenantes, l'implication variable de l'Etat, ou encore le recul dans certains domaines, ont contribué à enliser le processus.

L'heure est donc à la relance. Comment ? Bernard Guirkinger, président de la commission temporaire et directeur général adjoint de Suez Environnement, donne quelques pistes : « en fixant un cap, des priorités et en remettant en avant le modèle de la gouvernance à cinq, qui a été le grand succès des premières phases du Grenelle ».

Le CESE, quant à lui, propose 4 séries de mesures afin de :

– créer les conditions d'une nouvelle dynamique des acteurs, pérenne et productive,

– mieux intégrer les objectifs environnementaux dans la production, la consommation et les comportements de tous les acteurs

– mobiliser les financements et la fiscalité

– définir des priorités combinant efficacités environnementale, économique et sociale.

Pour insuffler un souffle nouveau à ce processus, sans doute faudra-t-il attendre l'issue de la présidentielle. Mais il est plus important que jamais de remettre au coeur du débat politique ces problématique qui seront la condition de toute relance économique durable.

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