Connexion
newsletter
CONNECT & FOLLOW

Le Parlement européen part à la pêche… durable

07 Fév 2013

Le mercredi 6 février 2013 restera sans doute gravé dans l’histoire de la pêche européenne : à une majorité écrasante, les députés ont adopté les fondements d’une politique commune de pêche durable.

502 voix pour, 134 voix contre ! A l’annonce du résultat, même les plus grands supporters du projet ne semblaient pas en croire leurs oreilles. Si la réforme doit encore être discutée entre le Parlement et le Conseil européen, l’Irlande, actuellement à la tête de la présidence tournante de l’Union, espère un accord d’ici le mois de juin, pour une mise en application dès 2014.

Etat des lieux

En terme de pêche, l’Europe est un mastodonte :

– 4e producteur mondial (4,6% de la production) et 1er importateur
– 1er territoire maritime mondial
– 6,4 millions de tonnes de poissons produits chaque année
– 350 000 emplois répartis sur l’ensemble de la chaîne de production
– 22,3 kg de poissons en moyenne sont consommés chaque année par habitant (la moyenne mondiale se situe autour de 16kg)

Mais ses ressources déclinent :

– 68% du stock de poissons (particulièrement en méditerranée) est affecté par la surpêche

Que dit la nouvelle Politique Commune de la Pêche (PCP) ?

La mer et ses ressources est donc un trésor commun que le parlement se devait de préserver, pour les générations futures, mais aussi pour les pêcheurs qui font face à des risques croissants de pénurie. Ainsi la réforme veut mener d’un même front la lutte contre la surpêche et pour la préservation des emplois du secteurs, en chute libre ces dernières années. 2 mesures phares ressortent du projet de loi :
– Interdiction d’outrepasser les quotas qui fixent le seuil de renouvellement des stocks : les rendements maximum durables (RMD).
– Interdiction de rejeter par dessus bord les prises non voulues (hors quotas autorisés, trop petites, non commercialisées…) qui représenent le quart des captures totales. Le Parlement espère ainsi pousser les pêcheurs à être plus sélectifs dans leurs choix et leurs méthodes de pêche.

Satisfaction générale…

La commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki, n’a pas caché sa satisfaction, elle qui avait présenté cette réforme en juillet 2011 : « Je me réjouis tout particulièrement du soutien du Parlement en faveur d’une politique qui repose sur l’exploitation durable des ressources halieutiques (…) et qui introduit une interdiction des rejets assortie de dates précises, destinée à mettre un terme à des pratiques synonymes de gaspillage que nous ne pouvons plus nous permettre ».

Du côté des ONG on crie également victoire : « Tout le monde attendait cette réforme : citoyens, pêcheurs mais aussi toute une filière professionnelle. C’est la première fois que le Parlement européen avait son mot à dire sur la réforme de la PCP : face à un Conseil des ministres frileux, les députés ont su se déterminer en fonction de l’intérêt général et ont utilisé leur pouvoir pour faire la différence. Après ce vote, il est maintenant clair qu’il y a une priorité politique pour remettre les pêcheries européennes sur la voie de la durabilité ce qui permettra d’assurer un avenir à nos océans, nos pêcheurs et aux communautés littorales qui en dépendent . » a déclaré notamment Isabelle Autissier, Présidente du WWF France.

… ou presque.

Parmi les seules voix dissonantes : celles de la France, gauche et droite confondues. Pour Isabelle Thomas, chef de file des socialistes français, l’objectif d’être au-delà du RMD en 2020 est tout simplement inapplicable puisque « l’Union européenne ne dispose pas à ce jour de la moitié des données sur ses stocks halieutiques ». Quant à l’interdiction des rejets, la droite française, par la voix d’Alain Cadec va jusqu’à parler de « dogmatisme » et de « populisme » et craint le développement d’un commerce parallèle (farines de poissons pour l’alimentation animale) qui risquerait de développer cette pêche dite « accidentelle ».

Malgré ces quelques critiques un peu à rebours de l’Histoire, le texte ressort de ce vote avec une grand légitimité pour aborder les discussions tripartites avec la commission européenne et le conseil des ministres de la pêche. S’il ressort de ce processus indemne, alors on pourra affirmer que l’Europe aura fait un pas de géant vers les préservations des ses mers et océans.
En savoir +

 

 

Ajoutez votre commentaire

*