Delphine Batho a présenté aujourd’hui un ensemble de « mesures d’urgences» pour relancer la filière. Tour d’horizon.

Alors que la « guerre du solaire » est déjà bien engagée notamment entre la Chine, les Etats-Unis ou l’Allemagne, voilà que la France retrouve quelques ambitions et veut s’inviter dans la mêlée.

C’est en tout cas ce qu’espère le gouvernement qui invoque un « patriotisme écologique » alors que l’Europe cherche actuellement à se protéger des modules chinois. L’objectif : 1000MW de projets solaires en 2013, contre les 500MW prévus initialement.

Un effort qui prendra 3 formes :

1. Un soutien aux technologies françaises innovantes sur les grandes installations

La Ministre a annoncé le lancement d’un appel d’offres d’un volume de 400MW destiné à part égales aux technologies innovantes (concentration, suivi du soleil…) et matures (sur ombrières ou toitures). Pour les centrales au sol, l’appel d’offre privilégiera le développement sur des sites dégradés (friches industrielles, anciennes décharges), notamment pour éviter les conflits d’usages avec les terres agricoles. Si le rapport compétitivité-coût sera bien entendu un critère de décision, les projets proposés devront démontrer leur contribution à la protection de l’environnement et du climat, mais aussi au développement de la R&D et de l’innovation : ces critères devraient permettre de soutenir la filière française dans un contexte de « concurrence déloyale ».

Un autre appel d’offres lancé en fin d’année ciblera plus particulièrement d’autres technologies innovantes.


2. Une évolution des critères d’appel d’offres pour les installations moyennes

L’appel d’offres automatique dédié aux installations sur toiture (100 à 250kw) donnait des résultats peu satisfaisant en terme de retombées industrielles. Delphine Batho a donc décidé d’en améliorer les conditions pour un volume global de 120MW/an, répartis en 3 tranches de 40MW. Une attention particulière sera portée aux projets contribuant à la protection de l’environnement en intégrant un critère d’évaluation carbone du processus de fabrication des modules photovoltaïques.

3. Une bonification du tarif d’achat en fonction du lieu de fabrication pour les petites installations

– la grille tarifaire sera simplifiée,

– les tarifs d’intégration simplifiée au bâti seront augmentés de 5%

– tous les projets pourront bénéficier d’une bonification supplémentaire allant jusqu’à 10% en fonction du lieu de fabrication des modules photovoltaïques,

– le tarif T5 dédié aux autres installations sera baissé de 20%, assorti d’une bonification pouvant aller jusqu’à 10% afin de privilégier le développement des installations créatrices d’innovation et de développement local.

Selon le gouvernement, ces mesures devraient :

– générer des investissement de plus de 2 milliards d’euros,

– créer et/ou préserver 10 000 emplois,

– coûter de 1 à 2 euros par an au contribuable.

Si c’est le soulagement qui prédomine aujourd’hui chez les professionnels de la filière, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour faire de la France un acteur majeur du photovoltaïque. C’est un premier pas.

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Un commentaire dans “Le photovoltaïque français respire encore”

  1. Le 27/01/2013 à 11:02 , Maxime dit:

    On attend toujours la parution du décret. C’est la coutume d’annoncer officiellement les tarifs 3 ou 6 mois après leur date d’application.

    Un peetit dossier pour en savoir davantage sur le solaire, abordé sous des aspects souvent méconnus.

    http://energeia.voila.net/solaire/solaire.htm

    D’autres questions touchant au solaire me semblent se trouver dans le dossier sur l’électricité. De mémoire.

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