Le rapport Mobilité 21 a été remis hier au ministre chargé des transports, de la mer et de la pêche par M. Duron, Président de la commission en charge de sa rédaction. Idée phare : privilégier le développement d’un réseau ferroviaire local à usage quotidien plutôt que les grandes lignes TGV.

Articulé autour de 4 axes principaux, le rapport émet plus d’une vingtaine de recommandations pour une mobilité plus durable. L’objectif : réorienter le schéma national des infrastructures de transport (SNIT) en améliorant l’approche globale et intermodale ainsi que le cadre de gouvernance du système de transport français.

1. Garantir la qualité d’usage des infrastructures de transport
La commission recommande notamment d’intensifier très sensiblement la conservation et la modernisation des réseaux ferroviaires, routiers et fluviaux ainsi qu’un lissage de la demande de transport collectif en heure de pointe.

2. Réhausser la qualité de service du système de transport
La commission estime que l’investissement et le développement de nos plates-formes portuaires de niveau européen (Le Havre – Rouen, Dunkerque, Marseille) doit être une priorité. Elle met également l’accent sur la nécessité pour l’Etat de développer les mobilités propres (transport collectif, véhicules électriques, vélo…) ainsi que le fret ferroviaire de proximité. Pour cela, la commission recommande notamment d’améliorer ‘linformation sur ces offres de transport tout en valorisant la logistique française

3. Améliorer la performance d’ensemble du système ferroviaire
Le rapport invite l’Etat à mieux harmoniser l’offre ferroviaire entre TET (Trains d’Equilibre du Territoire) et TER (Trains Express Régionaux), et à réévaluer la pertinence des lignes les moins fréquentées avec comme alternative possible : l’autocar.

4. Rénover les mécanismes de financement et de gouvernance du systèmes de transport
Les infrastructures de transport, si elles sont nécessaires et productrices de richesses, coûtent très cher à la nation. La Commission recommande la tenue d’assises nationales sur ce sujet et plaide notamment pour la rénovation des mécanismes de contractualisation entre l’Etat et les régions afin de favoriser la mobilité durable et l’intermodalité. Pour une plus grande visbilité, elle estime que la politique de l’Etat en la matière pourrait faire l’objet d’une loi de programmation ou d’orientation, rééxaminée tous les 5 ans.

Le gouvernement, par la voix de Jean-Marc Ayrault, s’est déjà positionné en faveur des recommandations émises par le rapport :«Nous allons reprendre à notre compte ses recommandations préalables: continuer à investir, axer nos interventions sur la qualité de service, investir là où c’est le plus utile pour la croissance du pays». Aux élus déçus de voir les projets de lignes à grande vitesse (LGV) devant passé sur leur territoires repoussés après 2030 il répond :«le pays est largement maillé, par des voies ferrées et des autoroutes qu’il faut rénover. Je sais que ce grand maillage est imparfait et nous le corrigerons. Je leur réponds aussi que les grandes métropoles dont ils sont souvent élus doivent tirer la croissance de la France. Je leur dis que les nouveaux projets ne sont que la partie émergée d’un iceberg dont le reste est constitué des réseaux qui doivent être profondément rénovés, tant pour les infrastructures que pour le matériel roulant».

Une réorientation intéressante, qui remet en coeur de la politique de transport du pays, l’usage pratique et quotidien de nos infrasturctures. A suivre.

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