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Réchauffement climatique : Obama sort les griffes

14 Fév 2013

A l’occasion de son premier discours sur l’Etat de l’Union depuis sa réélection, Barack Obama s’est montré très combatif. Et pour une fois le changement climatique a été l’un de ses chevaux de bataille.

Les experts de la vie politique américaine ont pour habitude de dire qu’une fois réélu, un président a 2 ans pour mener à bien son agenda. Après cela, son poids politique s’amenuise peu à peu, à mesure que monte la pression des primaires pour l’élection présidentielle. Alors pressé par l’Histoire Barack Obama? Peur de passer à la postérité comme un président qui n’aura rien fait pour enrayer un réchauffement climatique de plus en plus difficile à nier ? En 2009 déjà, il avait proposé un projet de loi ambitieux visant à réduire les émissions de CO2 de son pays avant de se raviser face à l’hostilité du congrès (à majorité républicaine) et la pression de la crise. Mais le Président revient à la charge et cette fois-ci, il montre les dents.

Ultimatum
Aux sceptiques (encore nombreux, notamment au sein du parti républicain), Barack Obama a opposé la réalité des faits : « Nous pouvons choisir de croire que l’ouragan Sandy, les plus graves sécheresses depuis des décennies, et les pires feux que certains Etats ont connus ne sont que pure coïncidence… Ou nous pouvons choisir de croire le verdict écrasant de la science et agir avant qu’il ne soit trop tard. Oui, il est vrai qu’aucun événement isolé ne fait une tendance. mais le fait est que les 12 années les plus chaudes jamais enregistrées l’ont été au cours des 15 dernières années » a fait remarqué le Président face au Congrès. Un appel à une prise de conscience, mais aussi à l’action. Si le congrès devait, une nouvelle fois rester inactif, Barack Obama serait enfin prêt à prendre ses responsabilités et à agir par voie de décret : « J’appelle ce congrès à rechercher une solution bi-partisane face au changement climatique. S’il n’agit pas rapidement pour protéger les générations futures, je le ferai. J’ordonnerai à mon cabinet de me présenter les textes que nous pouvons prendre, maintenant et à l’avenir, pour réduire la pollution, préparer nos communautés au réchauffement climatique, et accélérer la transition vers davantage de sources d’énergies renouvelables ».

Réalité économique
Si la marge de manoeuvre du Président reste limitée sans l’appui du congrès (même par voie de décret), ce dernier a marqué une détermination inédite depuis le début de son premier mandat. Mais, au pays de l’oncle Sam, la détermination est bien peu de chose sans arguments économiques. Barack Obama l’a bien compris et a également vanté les mérites du développement de l’économie verte dans une compétition internationale de plus en plus féroce : « Il y a 4 ans, d’autres pays dominaient le marché des énergies propres et créaient les emplois qui vont avec. Nous avons commencé à changer cela. L’an dernier l’énergie éolienne a représenté près de la moitié des nouvelles capacités de production d’électricité en Amérique. Donc produisons-en encore davantage ! L’énergie solaire devient meilleur marché cette année. Donc produisons-en encore davantage ! »
Autre objectif fixé par le Président : réduire de moitié la dépense énergétique des logements et des entreprises sur les 20 prochaines années.

Une nouvelle ambition bienvenue mais qui doit encore subir l’épreuve des faits. Pas sûr que l’exploitation à outrance et sans véritable réglementation des gaz de schiste aille dans ce sens… (A ce propos, lire notre enquête dans notre prochain magazine en kiosques le 7 mars).

Voir un extrait de son discours ici

 

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