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Réfugiés climatiques : un vide juridique à combler d’urgence !

21 Oct 2013

1675394541_B971229798Z.1_20131017094831_000_GA81CTK9Q.1-0Un habitant des îles Kiribati, archipel du pacifique menacé par la montée des eaux, a officiellement demandé le statut de réfugié pour cause de réchauffement climatique à la Nouvelle-Zélande. Une première mondiale qui devraient en appeler d’autres.

Il y a plus d’un an déjà (DD11, p.12), Décisions durables vous alertait sur la situation critique de ce petit archipel qui était alors rentré en négociation avec les îles Fidji afin de leur acheter 2000 hectares de leur territoire pour héberger ses 110 000 citoyens. Réparties sur plus d’une trentaine d’atolls, les îles Kiribati vivent de fait régulièrement les pieds dans l’eau. Ce qui a pour effet de :
– grignoter petit à petit leur territoire,
– appauvrir leurs terres et leurs récoltes,
– compromettre leurs réserves d’eau douce.

Une situation critique qui a donc connu une nouvelle étape avec la demande d’asile d’Ioane Teitiota. Rejetée par la Nouvelle-Zélande, qui au delà du vide juridique qui entoure ce statut de réfugié climatique, craint sans doute de créer un précédent qui amènerait des milliers d’autres demandes.

Préciser le statut au plus vite
Pour l’heure, la statut de réfugié est défini par la convention de Genève (1951). Celle-ci indique que, peut-être reconnue comme réfugié, toute personne « ayant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions ». Une définition qui, au mieux, laisse seulement une petite place à l’interprétation, dans laquelle essaye de s’engouffrer l’avocat d’Ionane Teitiota : « M. Teitiota est persécuté, de manière passive, par les circonstances dans lesquelles se trouve son pays natal, et que le gouvernement des Kiribati ne peut en aucun cas améliorer ». Avant de reconnaître le vide juridique qui entoure ce statut de réfugié climatique : « Cette montée du danger crée une nouvelle classe de réfugiés, dont les droits ne sont pas reconnus par les conventions internationales. C’est une situation qui évolue constamment. Il arrivera un moment où les tribunaux et les lois devront décider de la façon dont il va falloir agir ».

Quelles solutions politiques et juridiques pour ces apatrides du XXIe siècle ? Comment maintenir la culture, la langue, les tradition de ces peuples bientôt sans terre ? Quelles responsabilités et quelles aides internationales ? Quels impacts auront ces mouvements de population ? Est-ce que leur avenir passe par la construction d’îles artificielles ? Si oui, construites et payées par qui et à quel prix ?

Autant de questions que la communauté internationale va devoir résoudre. Et vite.

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