le-monde-de-sigfox-c-sigfoxLe projet de Sigfox est ambitieux : déployer à l’échelle mondiale un réseau dédié aux objets afin qu’ils puissent communiquer entre eux. Coup de projecteur sur cette start-up désignée comme la plus innovante en 2013 par le très sérieux groupe d’experts télécoms de la Silicon Valley.
Voilà quelques années que l’on attend parler de l’Internet des objets, du Machine to Machine (M2M) ou encore de l’Internet of everything. Derrière ces différentes dénominations, une même réalité : la connexion des objets entre eux pour mieux rationaliser leur fonctionnement et créer de nouvelles applications. Pourtant, ce nouveau marché qu’on annonce gigantesque peine encore à émerger à grande échelle. Et pour cause : il est impossible d’imaginer le déploiement de milliards d’appareils connectés (18 mds en 2022 selon certaines estimations) si les coûts de communication restent aussi élevés. C’est pourquoi Sigfox a fait le pari de prendre le contrepied des opérateurs télécoms, lancés depuis quelques années dans une course effrénée au haut débit (3G, 4G, bientôt 5G…).

Un déploiement fulgurant
Fondée en 2012, Sigfox couvre déjà :
– 95% du territoire français,
– la totalité des Pays-Bas et de l’Espagne,
– Moscou, où 11 000 capteurs sont déjà connectés à travers une application pour donner une information sur l’état du stationnement en temps réel dans la ville.
– et des projets de déploiement dans le reste de l’Europe, aux Etats-Unis ou encore en Chine.

La clé du succès
Tout d’abord, un service compétitif, qui offre de nombreux avantages en terme de :
– prix (1000 fois moins cher à mettre en œuvre qu’un réseau mobile GSM),
– consommation d’énergie (basse fréquence radio, bas débit)
– couverture géographique (un millier d’antennes suffisent à couvrir le territoire français, une centaine celui des Pays-bas).
Mais aussi un business model dynamique, sous forme de licences :
– Sigfox délègue la mise en œuvre physique de son réseau à des opérateurs locaux (par exemple Albertis, le géant des BTP et télécom en Espagne) contre un droit d’entrée + un pourcentage des revenus générés. Un partenariat gagnant-gagnant.

Cette rapidité de déploiement permet à Sigfox non seulement de dépasser ses concurrents mais aussi et surtout de disposer rapidement d’un réseau global, normalisé et peu coûteux, dans lequel les applications M2M pourront s’épanouir facilement. Ce qui fait dire à Benoist Grossmann, managing partner d’IDinvest, que « Sigfox est à l’Internet des objets, ce qu’Apple a été au développement des applications mobiles ».

Dans un marché qui devrait peser 96 milliards d’ici 2017, voilà donc une entreprise française qui tire son épingle du jeu… et souhaite entrainer avec elle le reste du secteur de l’hexagone : « Sigfox peut être une véritable locomotive pour le développement d’objets connectés, secteur dans lequel les Français ont une carte à jouer et un vrai savoir-faire. Il est important de ne pas laisser toutes les données générées par l’Internet des objets aux mains de géants américains » estime Ludovic le Moan, PDG de la start-up toulousaine.

Et si la France tenait enfin son Google national ?

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