CEO-Elon-Musk-at-f_2936832bLe fabricant américain de voitures électriques a annoncé qu’il renonçait à exercer ses droits de propriété sur son portefeuille de brevets afin de dynamiser l’innovation dans son secteur. Un choix détonant, qui marque l’entrée fracassante des concepts de l’économie collaborative dans le secteur industriel.

Elon Musk n’en est pas à son premier coup d’éclat. Ce serial entrepreneur et milliardaire américain (Paypal, SpaceX, Solar City…) avait en déjà en effet créé la sensation avec le concept « Hyperloop »  un nouveau système de transport sous forme de tubes pressurisés, dans lequel des capsules voyageraient à très haute vitesse (cf. DD16, p.29). Mais cette fois-ci, c’est bien dans le business model que repose l’innovation.

Open source
Déjà acteur majeur de la mobilité électrique et des infrastructures de charge, Tesla Motors veut aujourd’hui passer à la vitesse supérieure en se libérant des contraintes de la propriété intellectuelle : « Tesla Motors a été créé pour accélérer l’avènement d’un transport durable. Si nous dégageons le chemin vers la création d’une voiture électrique attirante, mais que nous posons des mines de propriété intellectuelle derrière nous pour dissuader les autres, nous agissons de façon contraire à cet objectif » explique Elon Musk. C’est pourquoi Tesla s’engage à ne lancer aucune « plainte en violation de brevets contre une personne qui, de bonne foi, souhaite utiliser [sa] technologie ». En d’autre termes, Tesla permet à n’importe qui d’innover à partir de ses technologies, tant que ces innovations lui seront elles-mêmes accessibles en open-source. Une forme d’échange de bons services. Le terme « de bonne foi » mérite cependant d’être éclairci.

Cercle vertueux
Est-ce que Tesla n’est pas en train de se tirer une balle dans le pied ? Pour Elon Musk, c’est tout le contraire : « Nous pensons que Tesla, les autres entreprises produisant des voitures électriques et le monde en général, bénéficieront  tous d’une plateforme technologique commune et en évolution rapide ». S’ouvrir pour grandir plus vite et plus fort. En effet :
– Tesla ne peut assumer seul le coût exorbitant de la mise en place d’un réseau d’infrastructure performant. Il doit persuader les différents constructeurs d’utiliser sa solution de recharge pour pouvoir en partager les coûts.
– Si la mobilité électrique gagne du terrain, elle reste encore très marginale (moins de 1% des ventes aux Etats-Unis). Il s’agit de créer un cercle vertueux, permettant l’émergence de nouveaux acteurs et donc d’un marché de plus en plus élargi.
– Tesla pourra profiter gracieusement des innovations issues de ses technologies.
– Alors que l’entreprise est en train de construire une « giga-factory » de batteries électriques, elle a besoin de débouchés pour pouvoir la faire tourner à plein régime (500 000 batteries par an à l’horizon 2020).

Un rapport gagnant-gagnant donc, qui, s’il se révèle fructueux, pourrait inciter d’autres industriels suivre l’exemple. Et nous faire entrer un peu plus dans l’ère de l’économie collaborative (sur le sujet, nous vous recommandons le nouveau livre des éditions Décisions durables, Economie Collaborative : le Nouvel Art des Co. Disponibles en libraire ou sur notre site).

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