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Transition énergétique : l’introuvable consensus

18 Juil 2013

Alors que le débat sur la transition énergétique doit rendre aujourd’hui ses recommandations, le Medef annonce d’ores et déjà qu’il ne soutiendra pas le texte.

Ce devait être un moment fort du quinquennat de François Hollande : tracer les lignes d’une France sobre en carbone à l’horizon 20150. Ca ressemble de plus en plus à un échec.

Des désaccords qui ne datent pas d’aujourd’hui
Un juin dernier déjà, le Medef avait demandé et obtenu le retrait d’un document présentant une synthèse des priorités jugée « inacceptable ». Points d’achoppements :
– la mise en place d’une fiscalité environnementale,
– le nucléaire et le gaz de schiste,
– des objectifs chiffrés, notamment de réduction de la consommation énergétique, jugés « irréalistes ».

Un désaccord sur le fond donc, mais également sur la forme : « le rapport se prétend consensuel alors qu’il bâtit sa synthèse sur une comptabilité absurde des opinions exprimées par l’organisation » critiquait notamment la note, remettant en cause « les règles élémentaires de représentativité et la principe de gouvernance par le collège ».

Tout ça… pour ça ?
6 mois de travail, 9 réunions plénières, des dizaines de groupe de travail et d’auditions plus tard… la transition écologique semble donc toujours dans l’impasse. Et le divorce entre le Medef et les ONG n’est pas loin d’être consommé. Reprenant les arguments qu’il avait déjà présenté en juin, le Medef et les organisations patronales, jugent en effet que certaines recommandations sont « inacceptables ou insuffisantes » tout en soulignant des « dysfonctionnements » dans la gouvernance des débats. On peut penser que le Medef joue déjà le coup d’après : le projet de loi prévu en septembre et qui doit s’inspirer des recommandations. En se désolidarisant de ces conclusions, le Medef signale clairement au gouvernement que le débat n’est pas terminé et qu’il est déterminé à obtenir satisfaction sur les points de désaccord lors du débat à l’Assemblée. Un comportement inadmissible pour les ONG : « cette attitude du patronat est scandaleuse » dénonce Bruno rebelle, ancien responsable de Greenpeace et membre du comité de pilotage. Pour Benoît Hartman, porte-parole de France Nature Environnement, les organisations patronales ne jouent pas le jeu : « le texte du conseil national du débat a été influencé par le Medef jusqu’à la dernière minute. Il est agacé de ne pas avoir pu avoir raison sur tout. Mais c’est la démocratie ! » a-t-il déclaré au Monde.

Les limites de la méthode Hollande
Jusqu’où la recherche de consensus est-elle vertueuse ? En ne fixant pas de lignes claires en amont, le gouvernement a pris le risque de voir le débat s’enliser, personne ne voulant faire un pas vers l’autre. En effet, les points de consensus comme la rénovation énergétique des bâtiments, le développement des ENR, ou la mobilité durable étaient déjà largement acceptés par le Medef qui compte en son sein des entreprises qui ont beaucoup à y gagner.

Si le débat n’est jamais inutile, l’heure est venue aujourd’hui de prendre des mesures fortes, de tracer une ligne claire. Aux actes à présent !

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