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« De juillet la chaleur fait de septembre sa valeur” : les canicules sont elles rattrapables ?
Société

« De juillet la chaleur fait de septembre sa valeur” : les canicules sont elles rattrapables ?

13 Juil 2023

Il y a peu, lorsque nous pensions au mois de Juillet, notre esprit se tournait généralement vers la plage, le soleil et la mer. Le tableau est désormais noirci par les phases de canicule qui compliquent les quotidiens.

Et nous ne pouvons plus mettre de côté les problèmes que ces canicules posent aux agriculteurs, pour qui les semis sont une période cruciale. Les semis sont planifiés en fonction des températures estivales, car leur réussite dépend de certaines conditions spécifiques. Avec les températures actuelles qui perturbent le climat et créent un environnement tropical dans des régions non préparées à de telles chaleurs, il devient difficile de savoir comment les atteindre.

Les canicules de plus en plus fidèles

Ces dernières années, nous avons été témoins d’une augmentation des températures pendant le mois de juillet, créant un climat qui rappelle celui des pays tropicaux. En 2022, cette tendance s’est confirmée avec des conditions météorologiques exceptionnelles. En effet, le mois de juillet a été le plus sec jamais enregistré depuis 1959, marqué par un déficit de précipitations atteignant -88 % à travers tout le pays. Cette sécheresse a eu des répercussions significatives sur l’ensemble du territoire français.

Les agriculteurs ont dû faire face à des difficultés majeures, notamment en ce qui concerne l’irrigation des terres agricoles. Les réserves d’eau ont diminué de manière alarmante, ce qui a nécessité des mesures d’urgence pour préserver les cultures et éviter des pertes économiques importantes.

canicule
 © Sawat Banyenngam

Le mois de juillet 2022 s’est classé au troisième rang des mois de juillet les plus chauds depuis le début des relevés. La température moyenne a atteint 23,2 °C, ce qui a exacerbé les effets de la sécheresse et mis à rude épreuve les cultures déjà affaiblies par le manque d’eau. Les plantes ont été soumises à un stress thermique important, ce qui a affecté leur croissance et leur rendement.

Cultiver sous la canicule, un défi

Les canicules et la sécheresse ont un impact direct sur la culture de certaines plantes et céréales telles que le maïs ou le tournesol. De plus, ces conditions climatiques peuvent entraîner une baisse de production laitière chez les animaux, comme les vaches. Les animaux peuvent également souffrir de problèmes de santé en raison de la sécheresse, qui appauvrit les sols et limite leur capacité à se nourrir correctement. Les agriculteurs doivent donc redoubler de prudence.

En outre, le mois de juillet subit déjà les conséquences de la sécheresse hivernale, avec plus d’un mois sans pluie. Les mois de mai et juin, caractérisés par des vagues de chaleur, ont également un impact direct sur la production et la germination de certaines plantes, notamment les céréales. Cela se traduit par une récolte moins abondante et une qualité médiocre des fourrages pour les troupeaux d’animaux.

Carte de vigilance canicule face à la carte des sécheresse pour le mois de Juillet 2022

Ces conditions climatiques défavorables auront également un impact sur les semis des mois à venir, augmentant le risque de périodes de fortes pluies qui peuvent entraîner des maladies sur les cultures et des pertes dues à des difficultés d’absorption de l’eau par le sol. Des inondations sont à craindre, en réponse à ces périodes de sécheresse.

Il est donc essentiel pour les agriculteurs de se préparer à ces défis et de prendre des mesures pour atténuer les impacts négatifs de la canicule et de la sécheresse sur la production agricole. Cela peut inclure l’adoption de pratiques de gestion de l’eau plus efficaces, l’utilisation de variétés résistantes à la chaleur et à la sécheresse, ainsi que la mise en œuvre de techniques d’irrigation ciblée.

La recherche de solution aux canicules

Face aux canicules et aux défis qu’elle pose, plusieurs solutions ont été étudiées et analysées. On ne peut pas empêcher une canicule de se déclencher, peu importe le milieu : au mieux, il est possible d’anticiper cette dernière et limiter ses dégâts.
Il est essentiel de mettre en place un suivi basé sur des indicateurs spécifiques afin de prévoir les périodes de sécheresse et de canicule. Cela permet de prendre des mesures préventives, telles que la restriction des prélèvements d’eau, et de gérer de manière optimale les ressources en eau, tant pour les cultures que pour un usage personnel. Il est également primordial de s’adapter aux changements climatiques en cours.

En parallèle, il existe des solutions naturelles qui peuvent contribuer à atténuer les effets de la sécheresse. L’une d’entre elles consiste à revitaliser les sols en favorisant l’agriculture biologique. Cette méthode est moins gourmande en eau et permet d’obtenir des sols plus riches et plus résilients par rapport à l’agriculture conventionnelle. De plus, il est important de restaurer le cours naturel des rivières, car certaines exploitations ont entraîné une diminution de leur débit, ce qui a un impact sur la sécheresse. Enfin, l’agroforesterie, qui consiste à intégrer des arbres dans les exploitations agricoles, favorise l’infiltration de l’eau dans le sol et crée un climat plus frais.

Ces solutions, combinées à une meilleure gestion de l’eau et à une adaptation aux changements climatiques, peuvent contribuer à atténuer les effets de la sécheresse et à assurer une utilisation plus durable des ressources en eau. Il est essentiel de promouvoir ces approches et d’encourager leur adoption pour faire face aux défis de la sécheresse et préserver la sécurité alimentaire et l’environnement.

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