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05 mai 2025

Réemploi : Citeo dévoile les 100 premiers lauréats de la deuxième édition de son appel à projets « EncoRE plus de réemploi »

Porté par Citeo, l’appel à projets « EncoRE plus de réemploi » soutient les acteurs de la filière pour engager la transition des modes de production et de consommation vers le réemploi. Les 100 premiers projets lauréats viennent d’être dévoilés. Lancé en 2023, « EncoRE plus de réemploi » adresse toutes les solutions (préemballé, vrac, recharge) et tous les secteurs de la grande consommation (alimentaire, boissons, cosmétiques, hygiène et soin, e-commerce, etc.). L’objectif : faire émerger de nouvelles solutions qui participent à atteindre les 10% d’emballages réemployés d’ici 2027 prévus par la loi AGEC, et favoriser l’innovation de l’écosystème du réemploi en France. Les 100 premiers lauréats de la seconde édition viennent d’être dévoilés. Les secteurs des boissons et de l’alimentaire restent majoritaires (86 projets), mais le non-alimentaire gagne du terrain avec 46 projets (20% du total). 87% des projets concernent le préemballé avec réemploi par le professionnel, tandis que le vrac (6%), la recharge (4%) et les modèles mixtes (3%) sont en croissance. Une édition tournée vers l’innovation au service du réemploi Pour cette nouvelle édition, 5 orientations se distinguent et permettent d’ouvrir de nouvelles voies pour faciliter le réemploi dans le quotidien des consommateurs : Des entreprises comme Auchan, Avril, Biocoop, Cooperl, Decathlon, Lactalis, La Vie Claire, Léa Nature font partie des premiers lauréats annoncés. A terme, 228 projets seront labelisés pour cette seconde édition. La liste sera mise à jour au fur et à mesure de la contractualisation. Retrouvez la liste des 100 premiers lauréats ici : https://bo.citeo.com/sites/default/files/2025-04/Liste%20des%20laur%C3%A9ats%20de%20l%27AAP%20EncoRE%20Plus%20de%20R%C3%A9emploi%202024_PDF.pdf


02 mai 2025

Impact France dévoile les lauréats 2025 de l’indice Impact 40/120

Lancé l’année dernière à l’initiative d’Impact France, Impact 40/120 se présente comme l’indice de référence des start-ups à impact françaises. L’indice met en lumière les start-ups non seulement pour leur performance économique, mais surtout pour leur capacité à générer un impact social et environnemental positif. Initié en 2024, Impact 40/120 valorise les 40 entreprises à impact à fort potentiel pour devenir des licornes à impact, et les 120 entreprises à impact à suivre et à accompagner dans leur croissance. La promotion 2025, sélectionnée par un jury d’entrepreneurs – dont font notamment partie Brune Poirson, Fabienne Arata (Linkedin), Jean Moreau (Phénix) ou Frédéric Mazzella (BlaBlaCar, Dift), révèle une nouvelle génération d’entreprises à fort potentiel. Parmi les entreprises retenues dans la catégorie Impact40 : La Fourche, Nous anti-gaspi, Le Fourgon, La Vie, Ekwateur, Elmy, Yuka, Green Got… Weavers, Greenly, Fifteen, Wedressfair… figurent parmi les 120 structures sélectionnées pour l’indice Impact120. Retrouvez toutes les entreprises lauréates : https://www.impactfrance.eco/impact40 Des profils d’entreprises et d’entrepreneurs variés Les lauréats se distinguent par une diversité accrue des profils d’entrepreneurs et des effectifs salariés, une tendance qui contraste avec les indices plus traditionnels : Les entreprises sélectionnées sont majoritairement situées en Ile-de-France, qui reste un pôle important (41%). Cependant, une part significative des lauréats (41%) sont implantés dans d’autres régions, avec une présence marquée en Auvergne-Rhône-Alpes (10%), Nouvelle-Aquitaine (7%) et Pays de la Loire (7%). 9% des start-ups sont localisées en Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) et 7% en zone rurale. La maturité du secteur des start-ups à impact La promotion 2025 de l’Impact 40/120 témoigne, en dépit du contexte ambiant, de la maturité croissante de l’écosystème. Et confirme que si l’intelligence artificielle occupe le devant de la scène, le secteur des start-ups à impact tire résolument son épingle du jeu. Cette maturité se reflète dans certains indicateurs-clés : Le taux de renouvellement des lauréats atteint 40 %. Certains lauréats de l’édition 2024, ayant plus de 10 ans d’existence (à l’image de Back Market, Phénix ou Lita.co par exemple), n’entrent plus dans les critères de sélection. Et de nouveaux acteurs montent en puissance comme Underdog, Explora Project ou Beyond Green, qui incarnent la vitalité et l’innovation du secteur. “Un an après son lancement, nous sommes heureux de constater que l’Impact 40/120 s’est imposé comme l’indice de référence des start-ups à impact françaises. L’édition 2025 de l’Impact 40/120 témoigne, dans le contexte ambiant, de la maturité et de la résilience remarquable de l’écosystème des start-ups à impact en France, avec des entreprises démontrant une solidité et une capacité d’innovation impressionnante, qui attirent les talents et les nouvelles générations, et s’ancrent profondément dans les territoires. Ces récits, ces réussites, sont la preuve que l’impact n’est pas une option, mais un moteur de croissance. Et confirment que si l’IA façonne déjà le présent – et l’avenir – de l’entrepreneuriat, une nouvelle génération d’entrepreneurs se construit bel et bien dans l’impact.” souligne Caroline Neyron, Directrice Générale d’Impact France.


07 avril 2025

Tout comprendre de l’IA !

Suscitant fantasmes, craintes et attentes, l’intelligence artificielle redessine notre époque à une vitesse fulgurante. Ce nouveau livre vise à démystifier l’IA en discutant objectivement de ses forces et de ses faiblesses. Il examine tous les périmètres de l’intelligence artificielle, ses évolutions majeures mais aussi ses succès retentissants et ses échecs flagrants. En 100 Questions majeures et éclairantes, les auteurs interrogent tous les aspects de l’IA : ses usages, son accessibilité, les questions éthiques ou juridiques et son impact sur la société, et plus spécifiquement sur l’entreprise. Il permet au lecteur de mieux comprendre les usages et les enjeux de cet outil qui fera désormais partie de nos vies. Un ouvrage global qui s’adresse à un public très large, des béotiens en la matière aux ingénieurs ou experts dans ce domaine, en passant par tous les passionnés de nouvelles technologies. 100 QuestionsComprendre l’intelligence artificielleConcepts, usages et enjeuxSous la coordination de Vincent GUIGUE et Laure SOULIERISBN : 978-2-12-465919-7168 pages – 26 € TTC  


20 mars 2025

Grâce au solaire, l’Inde vise l’indépendance énergétique

En panne, la croissance verte ? Peut-être dans les Etats-Unis de Donald Trump et la Russie de Poutine, mais certainement pas ailleurs dans le monde, où au contraire des projets pharaoniques d’électricité renouvelable voient le jour. Le plus gigantesque est déjà fonctionnel, et se trouve en Inde, dans le désert du Gujarat (Nord-Ouest, près du Pakistan). C’est le parc de Khavda, qui s’étend déjà sur 530 km2, soit 5 fois la surface de Paris intra muros. En 2029, il occupera 726 km², et aura une puissance de 30 GW. Pas moins de 60 millions de panneaux photovoltaïques sont prévus, et 770 éoliennes de 200 m de hauteur complètent la production. C’est la plus grande centrale électrique au monde, loin devant le barrage hydroélectrique des Trois-Gorges (18 GW) en Chine. TotalEnergies y participe à hauteur de 20%.


agrivoltaïsme

27 février 2025

Et si nous parlions d’agrivoltaïsme ?

A l’occasion du Salon de l’agriculture, on parle veaux, vaches, cochons… mais aussi panneaux solaires. Ceux-ci sont désormais des ingrédients essentiels à la rentabilité des exploitations et en particulier celle des éleveurs. C’est sur ce créneau que s’est positionnée l’e,ntreprise UNITe, qui est un tiers investisseur. Cela signifie que l’exploitant n’a aucun frais à engager. UNITe prend en charge l’intégralité du projet, construit et exploite la centrale pendant 30 à 40 ans. En contrepartie, l’éleveur perçoit un loyer fixe, dont le montant varie généralement entre 1000 à 3000 € par hectare et par an. De plus cette installation assure une plus-value à l’exploitation, contribue à sa modernisation, et renforce la crédibilité financière de l’éleveur auprès des banques.


Vélo reconditionné

24 février 2025

Le vélo reconditionné avance

Le marché du vélo électrique connaît une transformation majeure. Si les ventes de vélos neufs marquent une stabilisation après plusieurs années de forte croissance, le vélo d’occasion reconditionné émerge comme une solution incontournable pour les consommateurs soucieux de leur budget et de leur impact environnemental. Cette évolution est portée par plusieurs facteurs :• Une recherche de solutions économiques face au coût souvent élevé des vélos neufs, notamment électriques ;• Un intérêt croissant pour l’économie circulaire, aligné sur les préoccupations environnementales ;• Une demande accrue de maintenance et de reprise, conséquence directe de l’augmentation du nombre de vélos en circulation. Dans ce contexte, l’entreprise ekstere, startup francilienne, veut démocratiser l’accès aux vélos reconditionnés et aux vélos neufs de déstockage, solutions à la fois économiques et durables.Elle annonce une levée de fonds de  2,4 M€ pour développer ses solutions en faveur de la démocratisation du vélo électrique reconditionné.Cette première levée dans la vie de la startup (déjà rentable) permettra d’améliorer son modèle hybride combinant une marketplace digitale et un réseau d’ateliers physiques.ekstere prévoit également de déployer un réseau d’ateliers dans les territoires, contribuant à prolonger le cycle de vie des vélos et à promouvoir une mobilité durable et accessible. Grâce à cette levée de fonds, l’entreprise pourra :• Renforcer le développement de sa plateforme ekstere.eco, en enrichissant l’expérience client pour l’achat en ligne de vélos vérifiés, reconditionnés et garantis,• Étendre son réseau d’ateliers physiques, pour offrir des services de proximité et accompagner les clients dans l’entretien, la maintenance et la reprise de leurs vélos,• Poursuivre l’innovation autour de cote-velo.fr, leader de la cote Argus des vélos, en enrichissant ses fonctionnalités avec de nouveaux algorithmes et services,• Investir dans des solutions digitales intégrées, afin de bâtir un écosystème complet dédié à la mobilité durable. « Avec cette levée de fonds, nous avons désormais les moyens de concrétiser notre vision : transformer la mobilité en la rendant durable, abordable et désirable pour tous. Le développement de nos outils digitaux, comme Cote-Vélo et de nos ateliers physiques, incarne notre volonté d’être précurseurs dans une nouvelle façon de penser et d’expérimenter la mobilité durable, en offrant transparence, simplicité et impact positif à nos clients », se félicite Philippe Masseau, CEO d’ekstere


17 février 2025

Le consommation énergétique de l’IA au centre de l’attention

A l’occasion de la semaine consacrée à l’IA, l’association Green IT a publié son rapport sur les « Impacts environnementaux du numérique dans le monde ». On sait déjà que l’impact global du numérique sur les émissions n’est pas négligeable : 1,8 milliard de tonnes éq. CO2, soit plus de 5 fois l’empreinte de la France. Mais ce qui est nouveau, c’est que la part de l’intelligence artificielle déjà remarquable : « Les serveurs configurés pour l’IA émettent déjà près de 4% des émissions de GES du numérique, soit déjà plus que l’ensemble des ordinateurs portables. »Cette irruption soudaine, à un tel niveau, de l’IA, tient au fait que les puces utilisées dans ce secteur, les GPU (Graphic processor Unit), sont beaucoup plus gourmandes en énergie que les puces habituelles. Quelles sont les applications les plus consommatrices ? Ce sont, selon le rapport, « la migration vers le cloud, l’IA générative et les cryptomonnaies. » Il s’agit de chiffres de l’année 2023, où seul existait Chatgpt. En 2024, des dizaines d’autres IA sont apparues. De même de nouvelles cryptomonnaies sont nées, et les transactions sur les monnaies existantes, soutenues par des milliardaires, se sont développées. En fin, l’usage du cloud tend à se systématiser pour de nombreuses applications. Il est donc certain que les chiffres 2024 seront en forte croissance.


13 février 2025

Le World AI Cannes Festival revient à Cannes pour sa 4ème édition.

Du 13 au 15 février 2025, Cannes accueillera la 4e édition du World AI Cannes Festival (WAICF), le principal événement mondial entièrement consacré à l’intelligence artificielle. Ce rendez-vous incontournable réunira les leaders de la tech et mettra en lumière les enjeux économiques, humains et sociétaux qui transformeront notre avenir proche. Pendant trois jours, le Palais des Festivals & des Congrès de Cannes deviendra de nouveau le centre de toutes les attentions de la planète IA. Plus de 12000 visiteurs sont attendus, parmi eux les plus importants experts, scientifiques et acteurs du marché de l’IA de rang international. Les jeudi 13 et vendredi 14 février seront dédiés aux professionnels, avec des conférences stratégiques, des ateliers de réflexion, des stands d’exposition et des sessions de networking. Ces journées offriront une occasion unique de découvrir les dernières tendances, d’échanger avec des experts de renommée internationale et de rencontrer des dirigeants influents du secteur. Le samedi 15 février, le festival ouvrira ses portes au grand public pour une journée entièrement consacrée à la découverte de l’IA à travers des animations interactives et des expériences ludiques, permettant à tous d’explorer le potentiel et mieux comprendre cette technologie. Le Festival a reçu le label officiel du gouvernement français dans le cadre du Sommet pour l’action sur l’IA (10 & 11 février 2025, à Paris), et clôturera la semaine qui verra converger en France tous les plus importants experts de l’IA de la planète, soulignant ainsi l’empreinte majeure du World AI Cannes Festival dans l’écosystème IA français, européen et international.

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Hydrogène, mirage ou promesse technologique ?

09 septembre 2026

Hydrogène : serpent de mer ou vraie promesse énergétique ?

Depuis longtemps présenté comme une solution miracle pour notre transition énergétique, l’hydrogène revient régulièrement sur le devant de la scène. Plans d’investissement, annonces industrielles, découvertes spectaculaires… À chaque fois, la même promesse : celle d’un vecteur capable de décarboner massivement l’économie. Mais derrière l’enthousiasme, une question demeure : l’hydrogène est-il une solution crédible à grande échelle, ou un mirage technologique sans cesse relancé ? Le feuilleton énergétique qui tenait la France en haleine s’est conclu fin mars par une annonce inespérée. Les équipes de la Française de l’Énergie (FDE) ont confirmé la présence de ce qui pourrait être le plus grand gisement mondial d’hydrogène natif en Moselle. Aussi grisante soit l’idée qu’il suffirait d’extraire cette ressource naturelle pour accélérer la transition énergétique, la réalité est bien plus complexe. « L’extraction à grande échelle d’hydrogène souterrain n’existe pas dans le monde », rappelle Inès Bouacida, chercheuse à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). « Nous n’avons actuellement pas du tout la technologie et les savoir-faire pour l’exploiter. » Même dans un scénario favorable, les délais seraient longs : plusieurs années, voire des décennies, avant une exploitation industrielle. « Mais ce n’est certainement pas une raison de baisser les bras sur les autres formes d’hydrogène », prévient Nicolas Brahy, président de France Hydrogène. Ces autres formes d’hydrogène, ce sont les hydrogènes décarbonés, à savoir l’hydrogène bas carbone, produit avec une part importante d’électricité nucléaire, et l’hydrogène renouvelable, fabriqué avec de l’électricité d’origine renouvelable. En 2020, la France avait affiché son ambition de devenir l’un des pays leader de l’hydrogène décarboné d’ici à dix ans. Elle avait ainsi mis sur la table 9 milliards d’euros lors de la publication de sa première Stratégie nationale hydrogène. Décarboner l’industrie, une priorité Car l’hydrogène n’est pas qu’un pari sur l’avenir : il constitue déjà une réalité bien installée dans le secteur industriel (environ 900 000 tonnes/an). « Aujourd’hui, 80 % de l’hydrogène est utilisé dans le raffinage et les engrais », indique Luc Bodineau, coordinateur du pôle hydrogène à l’Ademe. Or celui-ci est issu à 95 % de la transformation d’énergies fossiles, dont pour près de la moitié à partir de gaz naturel. À l’heure actuelle, sa production est responsable de l’émission de 11,5 Mt de CO2 par an, soit environ 3 % des émissions nationales. « L’un des premiers enjeux est de remplacer cet hydrogène par de l’hydrogène bas carbone ou de l’hydrogène renouvelable dans le domaine industriel », explique-t-il. « Aujourd’hui, 80 % de l’hydrogène est utilisé dans le raffinage et les engrais » Portée par la Stratégie nationale hydrogène, plusieurs projets industriels majeurs sont en cours, notamment dans les secteurs de la raffinerie et de la chimie. À Port-Jérôme, en Normandie, le plus gros électrolyseur de France (200 MW) devrait être mis en service d’ici la fin de l’été par Air liquide pour fournir en hydrogène décarboné la raffinerie TotalEnergies de Gonfreville. Dans cette même ville, le producteur et fournisseur d’hydrogène Lhyfe développe aussi un site de 100 MW à horizon 2029. Selon Nicolas Brahy, « au moins trois autres projets dans les raffineries » devraient démarrer suite à l’entrée en vigueur début 2027 de l’Iricc, ce mécanisme public de soutien économique incitant à la réduction de l’intensité carbone des carburants. Mobilité légère, la fausse route de l’hydrogène Si le remplacement, dans l’industrie, de l’hydrogène d’origine fossile par de l’hydrogène décarboné apparaît comme une solution prioritaire et bien engagée, l’incorporation de ce dernier dans le secteur de la mobilité est plus délicate. Longtemps présenté comme une alternative crédible à la voiture électrique, les projets liés à l’hydrogène pour les véhicules légers ont finalement suscité beaucoup de déception… et de fiascos industriels. L’an dernier, le groupe Stellantis a annoncé abandonner ses projets, évoquant « un segment de niche ». Quelques mois plus tard, le fabricant d’utilitaires à hydrogène Hyvia, coentreprise de Renault, avait été placée en liquidation judiciaire. « La bataille a été perdue » Alors qu’il s’agit, pour Nicolas Brahy, d’un « gigantesque gâchis » lié en partie au « doute de l’État », Inès Bouacida explique ces abandons par le fait qu’il existe déjà « des solutions à batterie technologiquement plus développées, moins chères et qui vont le rester ». « La bataille a été perdue », tranche la chercheuse à l’IDDRI. Luc Bodineau évoque, lui, « une forme de bulle après les années 2020 », apparue après le lancement de la Stratégie nationale hydrogène. L’hydrogène sur la ligne de départ pour les poids-lourds L’hydrogène conserve néanmoins des atouts là où l’électrification atteint ses limites, comme dans le transport routier lourd. « 60% des poids lourds en Europe font moins de 500 kilomètres par jour et peuvent être équipés de batteries. Mais la question se pose pour la minorité de camions qui effectue des trajets plus longs », pointe Inès Bouacida. Au début de l’année, Daimler Truck a annoncé la production en petite série de son premier poids lourd doté d’une pile à combustible à hydrogène à partir de fin 2026. Celui-ci serait capable de rouler plus de 1000 kilomètres avec un poids total en charge d’environ 40 tonnes. Volvo, lui, a annoncé en avril travailler sur un poids lourd doté d’un moteur thermique fonctionnant à l’hydrogène. Selon le Baromètre annuel de France Hydrogène, 2 146 véhicules hydrogène routiers étaient déjà en circulation fin 2025, soit une progression de +20 % par rapport à 2024. Cette flotte se compose de 1 804 véhicules particuliers, 206 véhicules utilitaires légers, 76 bus, 39 autocars, 9 camions et 12 camions bennes à ordures ménagères. La France, leader européen des projets de carburant de synthèse Dans le maritime et l’aérien, l’électrification directe est tout autant difficile, voire impossible. Là encore, l’hydrogène s’impose comme l’une des solutions. Pour l’aviation, la molécule peut permettre la production de kérosène de synthèse, un carburant qui a l’avantage de pouvoir être utilisé dans les avions existants, sans modification majeure. « La France est le pays d’Europe, et quasiment du monde, qui a le plus de projets e-SAF [carburants de synthèse, ndlr.]. 30% des projets européens sont menés dans notre pays », se félicite Nicolas Brahy. “La France est le pays d’Europe, et quasiment du monde, qui a le plus de projets e-SAF” Dans le maritime, les options sont plus diversifiées. L’hydrogène permet de produire du méthanol ou de l’ammoniac, deux carburants susceptibles de remplacer progressivement le diesel marin. Pour pousser le secteur, qui nécessite des investissements massifs et surtout une visibilité sur le long terme, Nicolas Brahy demande un cadre réglementaire incitatif soutenant la production. « Comme tous les sous-secteurs de la transition énergétique, le démarrage est 100% dépendant des politiques publiques. Il ne faut pas que le gouvernement flanche, au risque d’enclencher un cercle négatif », s’alarme-t-il. Des coûts économiques et environnementaux à prendre en compte Portée par la Stratégie nationale hydrogène, la filière repose effectivement encore sur un soutien étatique massif. Le Gouvernement prévoit au total l’installation de 4,5 GW d’électrolyseurs d’ici 2030 et la création de 8 000 emplois directs. « L’hydrogène produit dans les territoires sera issu d’une électricité fabriquée localement. Ce vecteur s’inscrit dans le cadre de la souveraineté énergétique de la France et des territoires », souligne Luc Bodineau. De l’industrie à la mobilité, en passant par l’emploi et la souveraineté, l’hydrogène décarboné promet beaucoup, mais pose tout autant de défis. Car le produire reste très coûteux : 5 à 10 euros le kilo en moyenne, en fonction de la taille et de la nature des unités de production, contre seulement 1,50 à 2 euros pour l’hydrogène produit à partir de gaz naturel, selon la Chambre des commerces et de l’industrie. « Plus de la moitié du coût est portée par celui de l’électricité », explique Nicolas Brahy qui ajoute « La France a les moyens de le faire baisser » et évoque l’importance de conserver une « visibilité sur la compensation carbone post-2030 ». L’amoindrissement des coûts devrait aussi être portée, selon le président de France Hydrogène, par la multiplication des projets. « Chacun d’entre eux est pour le moment fait sur mesure, avec des marges pour couvrir les risques ». “La transition par l’hydrogène doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur nos modes de vie.” Au-delà du coût économique, la production d’hydrogène a aussi un coût environnemental non négligeable. Produire un kilo d’hydrogène nécessite en effet environ 10 litres d’eau. À Port-Jérôme, « la consommation d’eau annuelle s’établirait là entre 400 000 et 900 000 mètres cubes, soit l’équivalent de la consommation en eau de 15 000 à 30 000 foyers », rapporte Luc Bodineau. « L’hydrogène vert [décarboné, ndlr.] demande des quantités d’énergie électrique importantes, environ sept fois supérieures aux quantités d’énergie thermique nécessaires pour produire de l’hydrogène à partir du méthane », détaillait d’autre part en 2024 l’Académie des sciences dans un rapport. Bien que la France dispose d’une capacité énergétique renouvelable conséquente, l’Ademe soulevait en mars dernier un risque de tension, suivant les règlements européens ReFuelEU Aviation et FuelEU Maritime qui fixent respectivement un minimum de 35% d’e-carburants et une baisse de 80% d’intensité en gaz à effet de serre des carburants des navires d’ici à 2050. « Pour produire l’électricité nécessaire à la production de e-kérosène, il faudrait l’équivalent de huit EPR comme Flamanville et une consommation en eau 30 à 45 millions de mètres cubes, c’est 15 à 30 % de la consommation française d’eau industrielle. Si on ajoute le secteur maritime, c’est jusqu’à 11 EPR », alerte Luc Bodineau.  « La transition par l’hydrogène doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur nos modes de vie, de déplacement, de consommation et de production. Si nous ne remettons rien en cause, nous n’y arriverons pas », prévient le coordinateur du pôle hydrogène de l’Ademe. « L’hydrogène est l’une des briques de la transition énergétique, mais ce n’est pas la seule », rappelle Inès Bouacida. Ni véritable serpent de mer, ni promesse miracle, l’hydrogène s’impose donc plutôt comme un levier parmi d’autres de la transition énergétique.  

Mathilde Moulin

03 février 2026

Mathilde Moulin met la réutilisation des eaux grises à portée des particuliers

Jeune start-up provençale, Wadi, co-fondée avec Damien Oursel, réutilise l’eau des douches et lavabos pour les toilettes, machines à laver et systèmes d’arrosage. Le but : rendre tout un chacun facilement plus autonome et résilient, même sur un marché encore balbutiant. Quelle est l’innovation de votre système de récupération des eaux grises ? Mathilde Moulin : Nous sommes conformes à la réglementation de 2024 ! L’autre chose, c’est l’agilité de notre système : il s’adapte à l’existant – services de distribution d’eau des maisons, petits immeubles, campings – il est sur-mesure, pour aller directement et rapidement sur le terrain, et surtout accessible financièrement : il faut compter 2 à 3 000 euros, deux jours d’installation et un pan de mur d’un mètre carré de disponible pour la pose de l’unité de traitement ainsi qu’un espace au sol pour une cuve de stockage de 200 litres. Wadi permet d’économiser jusqu’à 40 % sur sa facture d’eau, et de s’adapter face aux sécheresses et aux restrictions. Votre parcours est mêlé à la potabilisation de l’eau… Je travaille depuis 12 ans, dans le cadre d’une entreprise familiale, sur la repotabilisation des eaux grises pour rendre l’habitat autonome. Wadi est la version ultra simplifiée de notre technologie, Geopure, qui est légale sur nos territoires. Votre modèle d’affaires est basé sur la vente directe ? Oui, nous avons déjà installé une vingtaine de solutions depuis l’automne 2024. Pour cela, nous avons levé 450 000 euros en 2024 auprès de business angels et de Kiss Studio, l’incubateur de Voyage Privé. Nous visons la vente de 200 unités pour 2026 et un chiffre d’affaires de 600 000 euros. La taille du marché est celle du parc de logements sur le territoire et de sa croissance, nous avons de la marge ! Quelles sont vos prochaines étapes ? Déployer un réseau de plombiers agréés capables d’installer notre système auprès des particuliers. Et travailler avec des bailleurs sociaux, des immeubles, des architectes, pour intégrer Wadi en amont dans la conception des bâtiments. Les appels d’offres se multiplient, nous commençons à signer nos premiers contrats avec des bailleurs. Mais pour l’instant, ceux qui sont sensibilisés sont ceux qui ont déjà fait face à des restrictions. C’est la jeunesse du marché qui rend compliqué de prévoir sa croissance ? En effet, le marché actuel est quasi inexistant, et inextricablement corrélé aux événements climatiques, aux conflits d’usage qui en découleront et à la volonté politique d’aller vers une meilleure gestion de l’eau à l’échelle nationale et d’intégrer la réutilisation aux plans d’urbanisation. Nous savons qu’à un moment cela va décoller, et vite, mais il est très difficile de faire des projections. Nous serons prêts !

12 février 2026

Mode durable : le géant de la sneaker éco-responsable s’associe à la jeune pousse Prolong

Rendre la réparation plus simple que le rachat d’un produit neuf ? C’est l’ambition de la start-up Prolong. Lancée en 2023 entre Paris et Nantes, elle a mis au point une plateforme de gestion du service après-vente pour marques et distributeurs. Deux ans plus tard, elle signe un partenariat avec le leader français de la basket écologique Veja. Retour sur une collaboration à succès. Révolutionner le SAV Prolong est née d’un chiffre : la réparation d’un produit textile peut réduire son impact environnemental de 30 %, selon l’ONG britannique WRAP. La start-up accompagne aujourd’hui une dizaine de marques, du textile à la joaillerie en passant par la maroquinerie et la chaussure, dans l’orchestration de leur service après-vente. The North Face, Fusalp ou Bocage leur font déjà confiance. « On les aide à prolonger la durée de vie du produit, de la retouche à la personnalisation en passant par le recyclage s’il est irrécupérable », avance Tanguy Frécon, cofondateur et directeur général de la jeune pousse. Un partenariat comme une évidence… L’alliance avec Veja, acteur pionnier sur la réparation, s’est imposée naturellement. « Ils ont leur propre cordonnerie depuis longtemps », rappelle Tanguy Frécon, faisant référence à la boutique VEJA General Store dans le 10e arrondissement de Paris. Mais la gestion du service après-vente restait difficile pour Veja. « Nous voulions que l’expérience de réparation soit aussi fluide et soignée que celle de l’achat », souligne Daniel Schmitt, responsable des opérations réparation chez Veja. Les résultats sont déjà prometteurs : « Les premiers retours sont incroyables en termes de réduction de délais de traitement, et de satisfaction client, avec déjà des centaines de réparations », rapporte le cofondateur de Prolong. … Pour ouvrir la voie La suite ? Équiper les boutiques Veja partout en France, puis en Europe, et pourquoi pas à l’autre bout du monde – Japon et États-Unis notamment. Une solution globale, multicanale, et qui permet de tout gérer, de la communication client au suivi des pièces détachées : voilà l’ambition de la jeune pépite française pour le géant de la chaussure éco-responsable. Le début d’une belle histoire, qui pourrait servir de modèle à toute une industrie. Légende : Prolong est une plateforme SaaS B2B qui centralise les retours, réparations, remboursements et services d’entretien pour des marques issues des filières mode, chaussure, joaillerie, accessoires et équipement outdoor.

25 février 2026

Eenuée & Duqueine : Un partenariat d’avenir pour faire voler un avion électrique en 2033

Un avion 100 % électrique qui relie Limoges à Lyon au même prix qu’un TGV ? C’est toute l’ambition de la jeune pousse ligérienne Eenuée, qui vient de signer un partenariat stratégique avec le groupe Duqueine. Par Laurie Bruno Depuis 2019, Eenuée développe un avion décarboné prometteur : 11 fois moins d’énergie consommée qu’un avion classique, zéro émission en vol, et des nuisances sonores très faibles. Un avion capable d’atterrir sur de très petites distances, y compris dans l’eau, et qui pourrait transporter en toute autonomie 19 passagers sur des trajets allant jusqu’à 500 kilomètres d’ici 2033. Concilier décarbonation de l’aviation et désenclavement territorial « Comme on décarbone l’automobile ou le naval, il faut aussi décarboner l’aérien, car c’est un secteur en pleine croissance », avance Baptiste Guiliani, bras droit du fondateur d’Eenuée, Éric Herzberger. C’est pourquoi la start-up stéphanoise s’est associée au groupe Duqueine, fournisseur clé d’Airbus, et dont l’expertise industrielle est largement reconnue. L’avion issu de ce partenariat sera déployé dans un premier temps en Auvergne-Rhône-Alpes, région montagneuse enclavée, pour relier les territoires isolés. « On envisage un vol de Lyon vers Limoges et Clermont-Ferrand, deux villes qui ont de grands enjeux de mobilité. Legrand et Michelin, les deux seules entreprises du CAC 40 à ne pas être sur Paris, se plaignent énormément de leur enclavement », déplore Baptiste Guiliani. Un avion pensé par et pour les territoires Une solution propre, accessible, et sans investissement public majeur, ancrée territorialement. « Ce partenariat, c’est aussi une démarche locale. Pour nous, c’est essentiel de fédérer les réseaux industriels, car c’est comme ça qu’on construit une vraie dynamique autour de l’innovation et de la mobilité durable. » Prochaine étape : un avion certifiable de 8 mètres d’envergure. « On a fait voler un avion de 4-5 mètres d’envergure pour confirmer nos théories. Maintenant, on développe un appareil certifiable deux fois plus grand. », explique Baptiste Guiliani, ajoutant que c’est ce partenariat qui va « permettre de définir la structure optimale de l’avion final. »

Adaozañ - éco-matériau design à base de pommes. Photo : Le Studio de Fanfan

20 juillet 2026

Adaozañ transforme le marc de pomme en éco-matériau design

De leur atelier de Quimperlé s’échappe une douce odeur de pomme caramélisée. Pourtant, rien de comestible n’en est jamais sorti. Youenn Le Pocréau, designer, et Guillaume Bournigal, menuisier et métallier, travaillent en fait sur un produit étonnant : des revêtements en marc de pomme. Ces deux jeunes Bretons ont découvert en visitant une cidrerie bretonne en 2020 la problématique de ce déchet. Chaque automne, des centaines de milliers de tonnes de marc de pomme sont obtenues suite à la fabrication de cidre, sans réelle solution de revalorisation. “Son acidité rend son utilisation compliquée, en épandage comme en alimentation animale. Même sa méthanisation n’offre qu’un rendement médiocre”, explique Youenn Le Procréau. Un éco-matériau à base de pommes En thermo-agglomérant ce marc, les deux entrepreneurs parviennent à obtenir un éco-matériau aux teintes variant de l’ocre au brun, le tout sans liant chimique ou pétro-sourcé. “Le matériau ne contient rien d’autre que de la pomme — et se composte naturellement en fin de vie”, précise le designer. 10 kilos de marc sont nécessaires pour produire 1 mètre carré de panneaux.  Après deux projets pilotes menés dans la capitale, l’un à La Grande Epicerie de Paris et l’autre à L’Académie du Climat, Youenn Le Pocréau et Guillaume Bournigal sont en train de remplir leur carnet de commandes, que ce soit pour des projets de revêtement mural, ou la production de panneaux d’agencement (façade de comptoir, de placard…). Pour en savoir plus : Adaozañ

SAO Textile recycle des filets de pêche pour les transformer en fibre textile écoresponsable.

21 juillet 2026

SAO Textile transforme les filets de pêche en fil d’avenir

Tout est parti d’un électrochoc. Celui vécu par une styliste passionnée confrontée, lors d’un déplacement professionnel, à la réalité des usines textiles en Asie. De ce déclic est née SAO Textile, une société à mission fondée en 2023 à Bessan, dans l’Hérault, qui recycle des filets de pêche pour les transformer en fibre textile écoresponsable. Du Bangladesh aux filets de pêche Devenir styliste était pour Marine Olacia un rêve d’enfant. La flamme vacille en 2017 lorsque, après 15 ans de carrière, l’Héraultaise est confrontée à l’envers du décors lors d’un voyage professionnel au Bangladesh. “Le choc a été immense. J’ai eu une vraie prise de conscience et une envie de continuer de faire la mode, mais autrement”, se souvient-elle. Son engagement auprès de l’association Project Rescue Ocean, à Marseille, esquisse les contours de SAO Textile. Marine Olacia découvre la problématique des filets de pêche, pour lesquels aucune solution de recyclage n’est prévue malgré un temps de décomposition estimé à 600 ans. Selon le ministère de la Transition Écologique, 640.000 tonnes d’entre eux sont par ailleurs perdus ou rejetés chaque année en mer, représentant plus de 10 % de la pollution plastique sous-marine. Une fibre écoresponsable 100% française Dans la tête de Marine Olacia se tisse alors une idée novatrice : celle de donner une seconde vie aux filets de polyamide utilisés pour la pêche au thon en les transformant en fibre textile. Mais si le recyclage des filets est techniquement possible, aucune filière structurée n’existe encore en France. Marine Olacia mobilise alors pêcheurs et industriels autour de son projet. Avec l’aide de chercheurs, elle développe un procédé de recyclage thermo-mécanique transformant les filets en granulés plastique, puis en fil de polyamide. “Avec 1kg de filets de pêche, nous pouvons obtenir 20 kilomètres de fil recyclé, soit 7 tee-shirts techniques”, explique l’entrepreneuse. Le processus ne nécessite aucun ajout de matière vierge ni de substance chimique. Cap sur les premières collaborations Depuis 2023, plus de 150 tonnes de filets ont déjà été collectés en Occitanie. La startup, labellisée Greentech Innovation en 2025, ambitionne de commercialiser cette fibre dans les mois à venir auprès des marques et industriels, leur offrant une solution de production relocalisée, du fil à la confection. La proposition a déjà piqué l’intérêt de nombreux acteurs, alors que la loi AGEC engage la filière textile à prendre ses responsabilités environnementales. “Nous avons deux tests actifs en cours : l’un pour le développement d’une chaussure de sport, l’autre pour le secteur de la Défense”, précise Marine Olacia. Par la suite, elle envisage de développer sa propre gamme de vêtements techniques recyclés. À la croisée des enjeux industriels, environnementaux et de souveraineté, SAO Textile fait des déchets marins une ressource d’avenir.

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