Connexion
newsletter
CONNECT & FOLLOW

Charbon + petit lait = eau pure

27 Jan 2016
Charbon et petit lait
Sreenath Bolisetty (en blouse) et Raffaele Mezzenga ©ETH Zürich / Laboratory for Soft Materials

C’est l’équation originale conçue par deux chercheurs suisses de l’EPF de Zurich. Un procédé simple et peu coûteux qui pourrait révolutionner les process de purification d’eau à grande échelle.

Alors que notre eau est de plus en plus chargée de polluants en tous genre, et notamment en métaux lourds, les solutions manquent. La technique de précipitation chimique qui prévaut aujourd’hui est en effet peu satisfaisante : à la fois coûteuse et génératrice de boues et fumées toxiques. Dans ce contexte, l’innovation développée par Sreenath Bolisetty et Rafaelle Mezzenga fait figure de « game changer ».

Charbon et petit lait

Cette solution consiste en une membrane faite de charbon et de fibres d’amyloïde. Si le premier est déjà connu pour ses vertus de purification de l’eau, l’utilisation de l’autre est plus surprenante. En effet, cette protéine que l’on trouve en abondance dans le petit lait, était jusqu’ici connue essentiellement pour son rôle dans les maladies dégénératives telles qu’Alzheimer et Parkinson. Mais elle a aussi la faculté de fixer, avec une très forte affinité, les particules chargées d’ions métalliques.
Résultat : sur les premiers tests menés sur de petites quantité d’eau en laboratoire, la membrane est parvenue à fixer 99,5% du chlorure de mercure, 99,8% du dicyanoaurate de potassium et 99,4% des résidus d’uranium. « Nous avons été surpris par de si bons résultats » avouent les scientifiques qui soulignent également l’excellente rentabilité de ce procédé : ainsi 1kg d’amyloïde suffirait à purifier 90 000 litres d’eau pour seulement quelques dizaines d’euros. Cerise sur le gâteau : les métaux fixés sur la membrane pourrait même être recyclés et réutilisés.

Reste à confirmer la validité de cette technologie à plus grande échelle. «Plusieurs entreprises se sont déjà montrées intéressées» assure Raffaelle Mezzenga.

Ajoutez votre commentaire

*