Connexion
newsletter
CONNECT & FOLLOW
La Norvège se détourne du pétrole
Société

La Norvège se détourne du pétrole

15 Mar 2019

Le plus gros fonds souverain au monde va se désengager de l’industrie pétrolière. Bien que motivée par une stratégie économique, cette décision aura un fort impact sur la place des énergies fossiles dans le mix énergétique.

Le gouvernement norvégien a annoncé que son fonds souverain, qui pèse plus de 1.000 milliards de dollars et détient 1,4 % de la capitalisation boursière mondiale, n’investira plus dans les compagnies pétrolières. Siv Jensen, ministre des finances, a expliqué vouloir “réduire et disséminer les risques” de la baisse graduelle du prix du pétrole, tout en soulignant que cette décision “ne reflète aucune vue quelconque sur […] la rentabilité future du secteur pétro-gazier ou son caractère durable« . La proposition, élaborée sur recommandation de la Banque de Norvège, devra être adoptée par le Parlement. Elle concerne les compagnies d’exploration et de production, qui représentent 7,5 milliards sur les 37 milliards de dollars d’actions dans le secteur.

Quand économie rime avec écologie

Plus grand producteur d’hydrocarbures en Europe de l’Ouest, la Norvège dépend des exportations de pétrole et de gaz naturel, qui représentent 20 % de ses revenus. Il s’agit donc de limiter la vulnérabilité de l’Etat. Pourtant, les écologistes, parmi lesquels la soeur de Siv Jensen, Nina, se réjouissent du coup porté aux énergies fossiles. Car si le pays, alimenté à 95 % par l’énergie hydraulique, est parmi les plus verts au monde, ses activités pétrolières en font un gros pollueur. “Si l’on tient compte des exportations de carburant, la Norvège constitue le septième plus gros pollueur de la planète. Il y a urgence à stopper l’exploration de nouveaux gisements”, expliquait Nina Jensen aux Echos en décembre dernier.

Bien que ce désengagement sera lent, il devrait être perçu comme une alerte rouge pour les investisseurs du monde entier, qui surveillent avec attention les placements du fond norvégien. En 2015, le fonds norvégien avait déjà créé des remous en décidant de boycotter les entreprises de l’industrie charbonnière.

Ajoutez votre commentaire

*