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Les dépossédés de l’open-space : une critique écologique du travail
Société

Les dépossédés de l’open-space : une critique écologique du travail

01 Juin 2020

Dans son ouvrage, Les dépossédés de l’open space, Fanny Lederlin, philosophe, fait le constat des nouvelles modalités de travail imposées par la digitalisation et la robotisation. Un néo-travail qui segmente les tâches en micro-tâches et fait entrer le travail jusqu’au domicile. Et si l’on retrouvait un sens au travail en construisant des rapports harmonieux entre les humains, mais aussi avec la nature ?

Paru aux éditions PUF juste avant le confinement, Les dépossédés de l’open space est une critique écologique du travail, rédigée par Fanny Lederlin, ancienne communicante, désormais philosophe et doctorante à l’université de Paris.
Alors que nous sommes désormais déconfinés, les salariés sont encore nombreux à être en télétravail. Et d’ailleurs, pendant le confinement, près d’un actif français sur cinq pratiquait le télétravail à temps plein, selon le baromètre, des économies régionales confinées Odoxa-Adviso Partners.

Pourtant, selon l’autrice, le télétravail a conduit à une dégradation des conditions de travail, qui s’est intensifiée avec le confinement. « Du matin au soir, ça n’arrête pas : le télétravail envahit l’espace et le temps de nos vies confinées, au rythme des appels téléphoniques et des réunions à distance », analyse Fanny Lederlin dans une tribune parue dans Libération pendant le confinement.

Et si les nouvelles technologie ont eu comme avantage de maintenir les liens sociaux pendant le confinement, elles ont aussi comme effet pervers d’inciter à travailler partout et tout le temps. Et pour l’autrice, ce décloisonnement a des conséquences : « Consulter ses mails en dehors des plages légales de la journée de travail, télé-travailler depuis son domicile, c’est aussi brouiller les frontières, symboliques mais essentielles, entre le domicile et le bureau. », explique-t-elle.  « En faisant entrer le travail dans notre domicile, on lui ouvre la porte de l’intégralité de nos vies », conclue-t-elle.

Désobéir pour se réapproprier son travail

Pour la philosophe, l’une des premières solutions est d’abord de cesser de travailler à longueur de journée. Par exemple, « en choisissant nos horaires on pourrait mieux moduler notre temps de travail », explique-t-elle sur les ondes de la radio Mouv‘.

Mais pour la philosophe, le principal est d’abord retrouver la conscience de nos métiers. « Nous devrions surtout penser à ce que nous faisons quand nous travaillons ou quand nous exécutons des ordres », conseille-t-elle.
La philosophe appelle à désobéir dans certaines situations y compris à des ordres qu’on se donne soi-même. Mais ce qu’elle propose surtout c’est le bricolage : « Il faut préférer la coopération à l’exécution des tâches, et le bidouillage à la programmation. Le bricolage inclue la notion de recyclage et est une voie prometteuse pour orienter son travail vers l’éco-travail », conclue-t-elle. 

Les dépossédés de l’open space, Fanny Lederlin, PUF, Hors collection, mars 2020, 276 pages. 

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