Connexion
newsletter
CONNECT & FOLLOW

Mieux prévoir la mousson en Inde

21 Avr 2016
Mieux prévoir
K.M Chaudary / AP / SIPA

Avec le changement climatique, le rythme et l’intensité de la mousson, vitale pour les récoltes, l’apport en eau, et l’énergie hydraulique de l’Inde sont perturbés. Des chercheurs allemands ont mis au point un modèle pour mieux l’anticiper.

Depuis un siècle, l’océan Indien s’est réchauffé jusqu’à 1,2 °C par endroit. Un phénomène qui, selon une étude, a pour effet d’affaiblir de 10 à 20% l’intensité de la mousson indienne sur une grande partie du pays. Les effets sont déjà visibles : après deux années de faibles moussons, plus d’un quart de la population souffre de la sécheresse.

Lire aussi : L’Inde sur la route de l’écoféminisme

Prévenir… à défaut de guérir

Cet affaiblissement de la mousson rend de plus en plus nécessaire de prévoir son début et sa fin, afin d’optimiser les récoltes et d’anticiper la production énergétique. C’est ce que s’est attaché à faire l’Institut de recherche allemand de Potsdam, qui affirme dans un communiqué être en mesure de « prévoir le début de la mousson indienne deux semaines plus tôt et sa fin six semaines plus tôt qu’auparavant ». Pour cela, les chercheurs se sont penchés sur les signes avant-coureurs : « nous avons découvert que dans le nord du Pakistan ou les Ghats orientaux, des changements de températures et d’humidité marquent une transition essentielle vers la mousson ». Pour Jurgen Kurths, co-auteur de la méthode de prédiction, le climat fonction comme un réseau social : « Sur Facebook ou Twitter, vous pouvez voir comment les nouvelles se répandent, comment une publication en génère d’autres. Dans le système climatique, ce ne sont pas des gens, mais des régions géographiques qui communiquent ». Avec plus de 80% de fiabilité, le modèle pourrait être d’une grande aide pour les agriculteurs indiens (mai aussi des pays voisins), qui représentent toujours 60% de la population… et service de base à l’anticipation d’autres phénomènes climatiques. 

Lire aussi : l’Inde inaugure le premier aéroport solaire

Pourtant, cela ne suffira pas si l’Inde ne prend pas conscience du risque climatique pour ses habitants et son économie. Actuellement, les climatologues prévoient que le sous-continent émettra deux fois plus de CO2 par habitant en 2030… à moins que le pays ne renonce enfin au charbon pour s’engager dans les renouvelables à l’image de l’ambitieux plan d’action de M. Modi qui veut faire rentrer l’Inde dans le top 5 mondial de l’énergie solaire.

Ajoutez votre commentaire

*