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Non, les inégalités ne sont pas une fatalité

22 Jan 2016

préface de Thomas PikettyDans un ouvrage préfacé par Thomas Piketty, l’économiste britannique Anthony B. Atkinson met les Etats devant leurs responsabilités : ils ont encore les moyens d’agir. Reste la question de la volonté…
Depuis quelques mois, plusieurs études nous alertent sur la montée inexorable des inégalités. Récemment c’est l’ONG Oxfam qui annonçait qu’en 2015, les 62 personnes les plus riches détenaient autant de richesse que la moitié de la population mondiale. Il était 388 en 2010.
Stiglitz fait le même état des lieux dans son récent ouvrage La grande fracture et nous démontre que face à de telles inégalités, une reprise solide devient impossible !

En effet, comment penser qu’une société durable et apaisée puisse se construire dans un tel contexte ? Or, gouvernements et économistes semblent dans le même temps avoir cédé à la fatalité : comment inverser cette tendance dans une économie mondialisée où les leviers d’action des Etats semblent se réduire à peau de chagrin ?

L’économie est un humanisme

L’apport principal du livre d’Anthony Atkinson est de mettre le pouvoir politique face à ses responsabilités et de ramener l’économie au sein des sciences humaines, pour ne pas dire d’un humanisme. Non, la seule responsabilité sociale de l’entreprise n’est pas « d’augmenter ses profits » comme le disait Milton Friedman. Sans vouloir abolir le capitalisme, l’économiste propose toute une batterie de mesures pour revenir au niveau d’inégalité antérieur aux années 80. Avec un objectif : qu’à l’égalité des chances, s’ajoute une « égalité des résultats ».
Parmi les propositions d’Atkinson :
– Orienter les choix technologiques en intégrant l’objectif d’employabilité des travailleurs.
– Mettre en place ce qui s’apparente à un « héritage universel » pour jeune adulte à ses 18 ans, financé par une imposition accrue sur les successions.
– Renforcer la progressivité de l’impôt, porté à 65% pour les plus gros revenus.
– Taxer les grandes multinationales.
– Rééquilibrer le rapport de force économique en donnant plus de pouvoir aux syndicats et au conseil économique et social.

Pour toutes ces mesures, Atkinson détaille les moyens de mise en application et financement. Alors bien sûr, les critiques ne manqueront pas, certains crierons à l’utopie ou aux déficits. Certaines, sans doute, serons justifiées. Mais l’intérêt de ce livre est ailleurs. Il remet au goût du jour, un adage que l’on aurait presque oublié : ce que politique veut, politique peut. Sous la plume d’un britannique, cela ne manque pas de sel !

Inégalités (Inequality. What can be done ?)
Anthony B. Atkinson
Seuil, 448 p. – 23€

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