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Obligations vertes : le grand décollage

26 Mar 2015

Green-Money-Plant-growi-001Après des débuts hésitants, ces produits financiers dédiés au financement de projets respectueux du climat et de l’environnement ont triplé en 2014. Une tendance qui devrait se poursuivre cette année. 

35 milliards de dollars. C’est la somme record atteinte par les obligations vertes en 2014. Un essor sans précédent depuis leur lancement en 2007 qui voit également une diversification des émetteurs : après les banques de financement, les Etats et les collectivités, les entreprises entrent dans la danse. 

Prise de conscience

Pour Laura Tlaiye, conseillère en investissements durables à la Banque mondiale, la pression climatique commence enfin à impacter les investisseurs : « la dégradation de l’environnement, la pauvreté et les conséquences du changement climatique sont autant de facteurs qui mettent en péril le bien-être et les stabilités des pays, des populations, des ressources et des entreprises. Les investisseurs sont de plus en plus conscients des menaces que ces facteurs représentent pour le rendement financier à long terme, et en tiennent compte dans leurs décisions ». Une prise de conscience essentielle car les financements publics ne suffiront pas à réussir la transition écologique.

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Des projets variés

Les obligations vertes ont d’ores et déjà permis de financer de nombreux projets : du déploiement de l’énergie solaire dans les zones rurales du Pérou, au développement des transports urbains propres en Colombie, en passant par une optimisation de l’irrigation en Tunisie. En 2014, la ville de Johannesburg (Afrique du Sud) a lancé la première obligation verte municipale d’Afrique pour financer ses projets en matière de biogaz, d’électricité solaire et de transport durable.

Outil démocratique et nouveaux investisseurs

Pour la Banque Mondiale, les obligations vertes offrent également aux particuliers un moyen de « voter avec leur argent ». Sur les 1000 ordres de souscriptions pour l’obligation verte qu’il a lancé l’année dernière, l’Etat du Massachussetts (US) a constaté que la plupart émanaient de citoyens désireux d’encourager les efforts des autorités locales. En France, GDF SUEZ qui détient le record mondial d’émissions obligataires vertes (2,5 Mds €) a aussi pu se rendre compte de la diversification des investisseurs. « 65% ne seraient jamais venus pour une obligation classique » a confié au Monde Anne Chassagnette, directrice RSE de l’entreprise.

Le long terme enfin dans le vocabulaire des marchés ?

Plus loin, Heike Reichelt, responsable des relations avec les investisseurs et des nouveaux produits à la Banque mondiale, y voit un changement de paradigme sans précédent : « nous pensons que l’investissement durable va s’imposer à terme comme la forme de gestion la plus banale pour les portefeuilles de titres à revenu fixe, ce qui transformera le mode de gestion des entreprises et des produits qu’elles appuient. La prochaine génération de gestionnaires de portefeuilles se demandera pourquoi le profit à court terme l’a aussi longtemps emporté sur la croissance durable… ».

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Et maintenant les PME ? 
Paprec, spécialiste du recyclage et de la valorisation des déchets de l’industrie et des collectivités, a bouclé le 20 mars une émission obligataire verte. Résultat : l’entreprise a levé 2 milliards d’€, au lieu des 480 millions attendus.

Attention au greenwashing !
Si vous êtes intéressés par ce type d’obligations, assurez-vous que les projets qui y sont liés sont bien certifiés par des organisme indépendants tels que Vigeo, Sustainalytics, Cicero, MSCI ESG Research ou Eiris

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