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Patrimoine mondial en danger

06 Avr 2016

Menaces sur les sites protégés du patrimoine mondialSelon un rapport du WWF, 114 des 229 sites naturels et mixtes inscrits au Patrimoine mondial sont menacés par des activités industrielles. L’ONG tire la sonnette d’alarme.

Concessions pétrolières, minière ou gazière, surpêche, exploitation forestière illégale, surexploitation des ressources en eau, infrastructures de transport ou de tourisme… autant d’activités humaines qui contribuent à détériorer ces lieux uniques.

Rapport WWFOr, comme le note Pascal Canfin, directeur général du WWF France : « les sites inscrits au Patrimoine mondial occupent 0,5 % de la surface de la Terre. La beauté et la richesse des paysages naturels et de la biodiversité qu’ils abritent en font les joyaux de la couronne. Si nous ne sommes pas capables de protéger cette toute petite partie de notre planète, qui peut penser que nous serons capables de protéger le reste ? Le temps est venu de reconquérir notre capital naturel qui est la base de notre économie car il n’y a pas d’un côté les enjeux de la biodiversité et d’un autre les enjeux économiques. » Pour preuve : le rapport démontre que 11 millions de personnes dépendent directement ou indirectement des 114 sites en danger pour subsister et que le classement des sites à permis de créer des emplois dans 90% des cas.

Lire aussi : WWF  s’alarme de l’état de la Méditerranée 

À ce lac Turkana du Kenya fait figure de cas d’école :
– plus grand lac au monde en milieu désertique, le lac assure la subsistance de 300 000 personnes, que ce soit pour l’agriculture ou la pêche. Cette dernière génère à elle seule pas moins de 5 millions de dollars US chaque année. Or, le lac dépend de l’alimentation du fleuve Omo sur lequel 3 barrages ont été construits ces dernières années. Résultat : le débit devrait chuter de 70% entre 2015 et 2016, entraînant un augmentation de la salinité et une chute de 42% du volume de poissons, soit une perte de 2 millions de dollars pour les pêcheurs locaux. Sans parler de la probable émergence de conflits entre tribus dont l’existence-même dépend des ressources du lac.

Pas une fatalité

Alarmiste, ce rapport l’est. Mais il se veut aussi constructif en proposant des solutions pour préserver ces sites ou encore en donnant des exemples de sites dont l’état environnemental s’est sensiblement amélioré aux Philippines, au Népal et en Tunisie grâce à des pratiques eco-friendly. Pour l’essentiel, il s’agit d’avoir une vision de long terme, pour que bénéfices économiques et préservation écologiques puissent aller de pair : « Ce que nous attendons des gouvernements et des entreprises, c’est qu’ils privilégient la création de valeur à long terme à une quête de profits à court terme et respectent le statut de ces lieux magiques. Il est indispensable de se détourner des activités industrielles néfastes pour s’orienter vers des alternatives durables qui nous permettront à la fois de valoriser et de préserver ces sites qui sont sources de bénéfices économiques et non-économiques pour les populations locales mais aussi et plus largement pour nous tous. » souligne Marco Lambertini, directeur général du WWF International.

 

 

 

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