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Que faire des surplus agroalimentaires ?
Société

Que faire des surplus agroalimentaires ?

13 Mai 2020

L’Europe ne sait plus quoi faire des milliers de tonnes d’excédents de produits alimentaires, invendus, qui s’accumulent chez les agriculteurs. La crise du coronavirus aura révélé des problèmes de stockages liés à la surproduction, selon les associations.

La fermeture, dans la majorité des pays européens, des restaurants, marchés alimentaires et cantines a mis à mal un débouché important pour la production française. Un grand nombre de matières premières telles que la bière, le vin ou les produits laitiers, destinées à ces filières n’ont pu être redirigées vers la grande distribution. Le secteur de la pomme de terre industrielle est, à son tour, confronté à un surplus de 450 000 tonnes.

Un problème à l’échelle industrielle

Pour Bertrand Ouillon, délégué du Groupement interprofessionnel de la pomme de terre (GIPT), les montagnes de pommes de terre doivent être dégagées avant la prochaine récolte. « De fait, on a fait partir quelques stocks dans des associations, mais notre problème ne peut pas se résoudre de cette manière, il est à échelle industrielle », souligne-t-il à l’AFP. Le GIPT a, par ailleurs, sollicité une aide d’urgence auprès du gouvernement et de l’Union européenne, d’un montant de 35 millions d’euros. Un budget nécessaire pour affecter les stocks à la fabrication d’aliment pour bétail.

Réduire la surproduction

Même constat pour le lait. Afin de soulager les producteurs laitiers européens, la Commission européenne a annoncé, le 30 avril dernier, des mesures visant à privilégier le stockage plutôt que de réduire la surproduction. Au grand regret de Oxfam et plusieurs associations qui avertissent dans un communiqué que « la sortie de crise ne doit pas se faire, comme par le passé, par l’exportation des excédents vers les marchés africains ». En effet, les exportations de poudre de l’UE en Afrique de l’Ouest qui représentent aujourd’hui 20%, mettent en péril les productions laitières ouest-africaines. En revanche, un début de solution semble se dégager pour les milliers d’hectolitres de vins en excédent dans les trois premiers pays producteurs mondiaux que sont l’Italie, la France, et l’Espagne : les viticulteurs ont obtenu l’autorisation de Bruxelles d’en distiller pour faire du gel hydroalcoolique.

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