Sophie Moritel conjugue verre et silicone pour rendre les cantines silencieuses
Avec ses deux associés, Pierre Busquet et Sébastien Chauvin, la jeune femme a conçu une gamme de vaisselle pour la collectivité dont le revêtement atténue les bruits de chocs. Le résultat ? Des cantines plus silencieuses, et des salariés et des bénéficiaires dont le niveau de stress et certaines pathologies diminuent.
Quelle est la particularité de Quiet ?
Il s’agit d’une gamme de trois pièces de vaisselle dite silencieuse, en verre et silicone, à destination de la restauration collective, qui réduit de 85% le bruit ambiant – d’environ 13 décibels – et améliore les conditions de travail des personnels : réduction des troubles auditifs, du stress… Le tout en diminuant l’impact sur l’environnement : notre pré-requis était de produire des pièces non issues du plastique, sans aucun impact sur la santé, et qui soit recyclables. Elle est aussi anti-dérapante et 3 fois plus solide qu’une vaisselle classique : le taux de casse et donc de renouvellement est moindre.
C’est l’alliance de ces deux matériaux qui est inédite ?
Oui, cette cohésion moléculaire sans colle entre le verre d’un côté et le silicone de l’autre n’existait pas, nous avons dû la créer. Cela fait que notre vaisselle résiste à toutes les contraintes de la restauration collective : chaleur, détergents agressifs, passage en lave-vaisselle fréquent. Nos premiers clients pilotes nous ont aussi qu’elle était plus légère. Un agent manipule dans une journée l’équivalent d’une tonne de vaisselle. La nôtre est deux fois plus légère – 340 grammes par pièce.
Vous avez inventé une technologie et un usage, finalement. Quels défis avez-vous rencontrés ?
Le temps ! On a fait en tout sept ans de R&D, financés en grande partie en fonds propres, et avec des bourses de la French Tech et de la région Nouvelle Aquitaine, grâce à notre statut de Deeptech. Il a fallu plus de deux ans pour développer l’outil de production breveté qui sert à réaliser notre vaisselle. Puis 3 autres pour la fabriquer réellement. Une fois cela fait, nous avons fait face en 2023 à un autre challenge, technique cette fois : l’industrialisation. Nous arrivons à la fin de cette étape, l’idée étant de pouvoir fournir la demande du marché dès l’année prochaine.
Quel est votre modèle d’affaires ?
On a démarré par des projets pilotes avec mise à disposition de notre parc de vaisselle pendant 3 semaines, car nous n’avions pas de stock. Cela nous a permis de nous faire connaître et aujourd’hui nous proposons de la vente directe en B2B, auprès des collectivités : cantines scolaires, crèches, EHPAD, CHU…
En 2025, nous avons réussi à pousser nos cadences et à générer 350 000€ de chiffre d’affaires. Nous visons 1,5 millions pour 2026, et un développement en Europe. Notre objectif, c’est que notre vaisselle devienne un standard, tout le monde y gagnera !
