Et si la meilleure technologie de surveillance de l’eau était… un mollusque ? Depuis trois ans, molluSCAN-eye, spin-off bordelaise du CNRS, transforme huîtres et moules en véritables sentinelles environnementales.

Fondée par le Directeur de Recherche au CNRS Jean-Charles Massabio et l’ingénieur Ludovic Quinault, l’entreprise s’appuie sur des décennies de recherche en biologie marine. « Dans l’ère industrielle, le concept de biosurveillance a été utilisé dans les mines avec le canari. Cent ans plus tard, nous utilisons le même concept avec un peu plus de technologie », explique ce dernier.

Des animaux comme indicateurs vivants

Le principe : équiper des mollusques bivalves de micro-capteurs fixés sur les coquilles afin d’enregistrer en continu leur activité et leur croissance. Le tout avec une précision micrométrique. Ces animaux deviennent ainsi des indicateurs vivants de leur environnement : la moindre anomalie se traduit immédiatement dans leur comportement. « Aujourd’hui, la surveillance de l’eau repose sur des prélèvements ponctuels et certains incidents peuvent passer inaperçus. Avec notre approche en temps réel, nos clients peuvent détecter immédiatement un problème et réagir sans attendre », explique Ludovic Quinault.

Opérationnelle, la solution a déjà séduit des acteurs de la pétrochimie, de la pharmacie, des ports comme Bordeaux ou Strasbourg, ou encore des gestionnaires d’eaux comme Suez. « Nous travaillons aussi avec le secteur de l’aquaculture et permettons ainsi la surveillance de fermes de poissons, conchylicoles ou ostréicoles… », ajoute le cofondateur de molluSCAN-eye.