Eenuée & Duqueine : Un partenariat d’avenir pour faire voler un avion électrique en 2033
Un avion 100 % électrique qui relie Limoges à Lyon au même prix qu’un TGV ? C’est toute l’ambition de la jeune pousse ligérienne Eenuée, qui vient de signer un partenariat stratégique avec le groupe Duqueine.
Par Laurie Bruno
Depuis 2019, Eenuée développe un avion décarboné prometteur : 11 fois moins d’énergie consommée qu’un avion classique, zéro émission en vol, et des nuisances sonores très faibles. Un avion capable d’atterrir sur de très petites distances, y compris dans l’eau, et qui pourrait transporter en toute autonomie 19 passagers sur des trajets allant jusqu’à 500 kilomètres d’ici 2033.
Concilier décarbonation de l’aviation et désenclavement territorial
« Comme on décarbone l’automobile ou le naval, il faut aussi décarboner l’aérien, car c’est un secteur en pleine croissance », avance Baptiste Guiliani, bras droit du fondateur d’Eenuée, Éric Herzberger. C’est pourquoi la start-up stéphanoise s’est associée au groupe Duqueine, fournisseur clé d’Airbus, et dont l’expertise industrielle est largement reconnue.
L’avion issu de ce partenariat sera déployé dans un premier temps en Auvergne-Rhône-Alpes, région montagneuse enclavée, pour relier les territoires isolés. « On envisage un vol de Lyon vers Limoges et Clermont-Ferrand, deux villes qui ont de grands enjeux de mobilité. Legrand et Michelin, les deux seules entreprises du CAC 40 à ne pas être sur Paris, se plaignent énormément de leur enclavement », déplore Baptiste Guiliani.
Un avion pensé par et pour les territoires
Une solution propre, accessible, et sans investissement public majeur, ancrée territorialement. « Ce partenariat, c’est aussi une démarche locale. Pour nous, c’est essentiel de fédérer les réseaux industriels, car c’est comme ça qu’on construit une vraie dynamique autour de l’innovation et de la mobilité durable. »
Prochaine étape : un avion certifiable de 8 mètres d’envergure. « On a fait voler un avion de 4-5 mètres d’envergure pour confirmer nos théories. Maintenant, on développe un appareil certifiable deux fois plus grand. », explique Baptiste Guiliani, ajoutant que c’est ce partenariat qui va « permettre de définir la structure optimale de l’avion final. »
