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08 juin 2020

Eolienne : Le Danemark veut construire 2 îlots énergétiques

Le gouvernement Danois veut accélérer sa transition énergétique et multiplier par trois sa production d’électricité grâce à des éoliennes marines. Mercredi 20 mai, le gouvernement social démocrate danois de Mette Frederiksen, a proposé un nouveau plan pour mettre en oeuvre le Climate Act, adopté en décembre 2019 et accélérer ainsi la réduction de 70% les émissions de dioxyde de carbone d’ici 2030. Le plan, qui n’a pas encore été ratifié par le parlement, prévoit de construire 2 îlot de production d’énergie éolienne sur l’île danoise baltique de Bornholm et sur une île artificielle de la mer du Nord, qui bénéficient d’une situation très favorable en matière de vents réguliers. A terme, chaque îlot pourrait produire au moins 2 GW et alimenter 4 millions des 5,8 millions foyers danois. Et pour financer le coût de construction et d’exploitation estimé entre 26 et 40 milliards d’euros, le gouvernement danois a d’ores et déjà inscrit dans son budget 2020 un montant de 8,7 millions d’euros pour ce projet. Cette somme qui devrait couvrir les études préliminaires sera complétée par des investissements privés. A pleine capacité, les 2 îlots énergétiques pourraient produire 10GW et une bonne partie de l’électricité produite pourrait être exportée vers le continent européen. Quant à l’énergie stockée elle pourrait alimenter des véhicules, avions ou navires équipés de piles à combustible. En 2019, les parcs éoliens danois, terrestres et maritimes, ont fourni 47% de la consommation totale d’électricité aux ménages danois, faisant du Danemark, le premier pays producteur d’énergie éolienne.


15 mai 2020

Faut-il sauver les entreprises d’hier, ou celles de demain ?

Nous avons le plaisir de relayer la tribune publiée il y a peu par Santiago Lefebvre, cofondateur de ChangeNow, dont Décisions durables était partenaire, lors de l’Exposition Universelle au Grand Palais, en février dernier. Les savoir-faire accumulés des entreprises françaises de la transition écologique et sociale représentent une opportunité exceptionnelle pour bâtir le monde d’après. Aujourd’hui plus que jamais, ils doivent être mis en valeur et développés, car ils sont l’avenir de notre pays.. Vous pouvez vous aussi vous joindre au mouvement (voir à la fin de l’article) Il faut sauver les entreprises de la transition. Appel à un fonds d’urgence. Le coronavirus a déjà tué plus de 20 000 personnes en France et 200 000 dans le monde. Il pourrait également faire disparaître ceux qui construisent l’avenir dont notre monde a besoin: un avenir durable, résilient et écologique. C’est l’alerte que nous sonnons aujourd’hui. Si les efforts se concentrent actuellement sur la crise sanitaire, la question qui occupe de plus en plus les esprits est celle du monde d’après. Poussés par notre tendance naturelle à espérer, à envisager des jours meilleurs, nous trouvons du réconfort en imaginant un plan de relance, comme un anti-douleur face à la situation qui nous accable. Un plan de relance sera nécessaire. Oui. Celui-ci devra favoriser l’essor d’une économie durable et humaine. Oui. Mais à horizon 3 ans, 1 an ou même 6 mois dans les hypothèses les plus optimistes, il sera déjà trop tard. Car ceux dont nous aurons besoin pour construire un monde d’avenir ne surmonteront pas les mois à venir sans un soutien d’urgence. 400 000 acteurs économiques de la transition et une excellence Française… aujourd’hui menacés La seule chose qui nous rapproche aujourd’hui d’atteindre nos objectifs de transition écologique, ce sont les solutions qui existent déjà et les hommes et les femmes engagés qui les portent.Il y a 3 mois, Paris accueillait au Grand Palais le plus grand rassemblement historique de solutions pour la planète, pour un monde plus durable, plus résilient, plus inclusif. Une dose d’action et d’espoir dans un monde en proie à ses limites qui s’apprêtait à se mettre à l’arrêt. Des milliers d’entreprises et d’entrepreneurs engagés dans la construction d’un nouveau monde font déjà leurs preuves et deviennent des champions nationaux et internationaux à l’image de Phenix, 1083, Too Good To Go, Ynsect, Pandobac, Fleurs d’ici, La Ruche qui dit Oui ! et tant d’autres.Ils sont la face émergée d’un mouvement profond, d’un renouveau porté par 400 000 acteurs économiques de la transition en France*, qui représentent 3 millions d’emplois, d’après le Boston Consulting Group (BCG). Ces structures développent des modèles économiques pérennes au service de l’intérêt général et du bien commun, et recrutent 2,5 fois plus que les entreprises classiques*, avec des emplois de qualité, non délocalisables et porteurs de sens. Or si les plus historiques d’entre elles arrivent à faire face à la crise, une majorité la subit de plein fouet, avec des baisses d’activité proche des 80%. Ces organisations en plein développement ont en moyenne un horizon financier de 3 mois en cette période de crise**. La moitié d’entre elles pourrait bien disparaître dans les prochains mois, sans soutien concret.Au-delà des pertes économiques, nous pourrions perdre la valeur inestimable qu’elles apportent pour la planète, la société, ainsi que le leadership mondial qu’elles procurent à la France, en matière d’innovation sociale et environnementale.  Un fonds d’urgence d’un milliard d’euros nécessaire pour soutenir les acteurs de la transition A l’heure où chaque industrie s’agite en coulisse pour obtenir des soutiens particuliers, notre demande est claire. Avec de nombreux acteurs de l’écosystème, nous demandons la création d’un fonds de soutien d’urgence dédié d’un milliard d’euros, accompagné de mesures de sauvegarde pour le secteur de l’impact environnemental et social. C’est un soutien de l’Etat que nous demandons car il n’est pas acceptable, face aux urgences écologiques et sociales, que l’économie de demain oeuvrant pour le bien commun doive se sauver toute seule quand l’économie d’hier sera, elle, sauvée par l’Etat, comme en attestent déjà les milliards d’euros qui semblent être débloqués sans conditions ni contreparties significatives.  Le scénario le plus probable qui se dessine est que l’on subventionne les grandes industries du monde d’hier, qui sont les mieux installées, les plus organisées, et qui ont les accès et les moyens de se faire entendre. Plus que jamais, les moyens sont comptés, et la seule question à se poser est celle du choix. Nous nous réjouissons bien sûr de l’annonce du plan d’urgence de soutien dédié aux start-ups de la French Tech de près de 4 milliards d’euros et du PGE. Mais de quelles technologies parlons-nous ?A l’heure où des soutiens massifs sont envisagés pour certains secteurs tels que l’industrie automobile, la publicité ou l’aéronautique, qu’en est-il des filières d’économie circulaire, de lutte contre le gaspillage alimentaire, d’énergie propre, d’inclusion, d’agriculture verte, de biodiversité, de mobilité bas carbone, de circuits-courts, etc ? Oui, quelles industries, quels secteurs souhaitons-nous soutenir pour notre avenir ?  Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les Ministres, apportez votre soutien à l’économie de l’impact comme vous l’avez fait pour la technologie. Quand nous sommes appelés à rester un challenger dans la technologie, la France a tout en revanche pour être le grand leader mondial de la transition écologiques et sociale… si et seulement si vous décidez de soutenir le secteur en ce temps de crise.Oui, la France leader mondial de l’économie durable, tel est l’avenir qui est à notre portée. Ne renoncez pas à donner au pays de la Révolution et des Lumières, cette opportunité de rayonnement mondial. Autrement vous condamnez, en toute conscience, l’avenir dont a besoin notre pays et la planète. Peut-on espérer changer le monde si ce sont toujours les mêmes que l’on sauve en premier ? L’avenir existe déjà. Ne le laissez pas mourir aujourd’hui. *Source #NousSommesDemain **Enquête ChangeNOW – avril 2020 Cette tribune a été postée initialement le 28 avril 2020 sur franceinfo.fr Plus d’information sur http://lavenirexistedeja.fr/


06 mai 2020

Déconfinement: les transports lyonnais innovent

Comment assurer le bon fonctionnement des transports en commun dans le contexte actuel ? La ville de Lyon tente de trouver des solutions pour que l’espace public soit le plus hygiénique possible et ne manque pas d’idées. Trains bondés, règle de distanciation sociale, promiscuité… Avec le déconfinement qui se profile, les transports en commun représentent un réel casse-tête. La ville de Lyon a choisi d’innover et des tests sont en cours pour garantir la sécurité sanitaire. Depuis quelques jours, les usagers de la station Part-Dieu peuvent se désinfecter les mains gratuitement et sans contact. Cette petite borne bleue a été développée par une startup MedTech de Meylan (38), EverCleanHand. Lotion 100% végétale « On introduit ses mains dans une enceinte transparente. La borne va commencer automatiquement une vaporisation, elle désinfecte tout, y compris le Covid. Au bout de sept secondes, la borne va s’arrêter. Avec ça on se désinfecte les mains et le tour est joué » explique Asbed Kechichian, l’inventeur. La lotion est fabriquée à base de plante, 100% végétale et sans allergènes. Elle est saine pour les mains autant que pour l’environnement. Neuf autres machines seront progressivement installées sur le réseau lyonnais dans les prochaines semaines. Rayonnements ultra-violet Afin d’assurer 80% de trafic dès le 11 mai, Lyon compte aller plus loin dans l’innovation. On pourra trouver dans les distributeurs de boissons et de nourritures des kits avec masques et gels hydroalcoolique dont le prix pourrait varier entre 3,50 et 4 euros. Fouziya Bouzerda, présidente du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (Sytral) a par ailleurs estimé que le port du masque, obligatoire à partir de lundi prochain dans les transports en commun, est « un préalable indispensable » mais « pas suffisant ». Le Sytral va également tester un nouveau système de désinfection, déjà utilisé en milieu hospitalier, par rayonnement ultra-violet. IL permettra de désinfecter de manière efficace et rapide l’air ambiant ainsi que les surfaces des rames de métro.


04 mai 2020

Déconfinement : 4 nouvelles habitudes à prendre au travail

Lundi 11 mai sonnera la fin du confinement officiel en France. Même si le télétravail est encouragé pour ceux qui le peuvent, la vie de bureau reprendra doucement dans les entreprises. Mais avec la menace d’une seconde vague pandémique, les habitudes risquent de changer. Voici 4 gestes qui feront peut-être partie de votre quotidien demain.  1. Dire bonjour autrement  Avec le Coronavirus, vous ne pourrez plus serrer la main de vos collègues ou clients comme avant. Mais vous pouvez faire preuve de créativité et utiliser des techniques alternatives comme le footshake qui utilise les pieds ou le elbow qui se pratique avec le coude. 2. Devenir un vélotaffeur  Devant le risque de contagion dans les transports en commun, les Français veulent privilégier les mobilités douces. Pour soutenir le développement du vélo, le ministère de la transition écologique et solidaire va lancer un plan de 20 millions d’euros et offrir 50 euros à tous les Français qui voudront faire réparer leur ancien vélo. De quoi vous remettre en selle. 3. S’initier à la low touch economy  Que ça soit dans un restaurant, dans un open space ou même chez le dentiste, la low touch economy permet de réduire les interactions entre personnels et clients grâce à des initiatives autour de la distanciation sociale. Avec à la clé, un résultat parfois très créatif. 4. S’habituer au sans-contact Se désinfecter les mains fait partie des gestes barrières obligatoires pour éviter la propagation du virus. Pour les espaces publics ou les entreprises, des entrepreneurs ont rivalisé d’ingéniosité pour développer des distributeurs de gel hydroalcoolique automatique ou à pédale.


20 avril 2020

Hôpitaux : le diagnostic de l’intelligence artificielle

Nous avons décidé de republier cet article, déjà paru dans le n° 40 de Décisions Durables, en septembre 2019. Il décrit une situation des urgences qui ne correspond bien sûr plus au contexte actuel, mais présente des solutions qui pourraient être mises en place dans la période qui vient. Alors que les visites aux urgences sont en hausse, les hôpitaux se tournent vers l’intelligence artificielle pour le tri des patients. Un simple questionnaire leur révèlera si oui ou non, ils ont besoin d’être vus par un médecin. Par Amélie Drouet Les patients se rendant aux urgences des hôpitaux universitaires de Birmingham (UHB) pourraient bientôt être accueillis par des écrans plutôt que des réceptionnistes. Ces établissements testent des services de téléconsultation et des logiciels de vérification des symptômes dans leurs services de soins ambulants et urgents. Leur espoir : réduire le nombre de visites.  Où avez-vous mal ? Concrètement, les hôpitaux encourageront leurs potentiels visiteurs à remplir, en ligne, un questionnaire de deux minutes pour décrire leurs symptômes, avant de se rendre aux urgences. Ce triage par intelligence artificielle permettra de poser un premier diagnostic et d’aiguiller les patients :– soit vers un médecin généraliste pour une auscultation,– soit vers un pharmacien pour recevoir un traitement,– soit vers une infirmière pour approfondir l’examen par téléphone,– ou bien simplement les rassurer sur leur état de santé.  Les patients déjà sur place pourraient eux aussi être invités à répondre à ces questions afin d’accélérer le processus et de faire passer en priorité les urgences vitales.  Soulager les urgences L’objectif est de désengorger les urgences, dont les visites augmentent de 3,4 % par an. Pourtant, environ 30 % des visiteurs ne nécessitent pas de diagnostics ou de soins complexes, selon UHB. Un système de vérification des symptômes pourrait ainsi réduire la pression exercée sur ces services. Les patients auront par ailleurs la possibilité de passer par la téléconsultation. Le directeur d’UHB, David Rosser, souligne que ce type de cabinets virtuels est déjà utilisé pour les personnes atteintes de maladies du foie. « Nous espérons faire passer 70 % de nos 2 millions de rendez-vous ambulatoires sur ce mode de fonctionnement digital d’ici deux ou trois ans. » À l’avenir, les malades chroniques pourront surveiller leur état de santé à l’aide de capteurs intégrés dans les montres connectées par exemple, et envoyer des données comme leur tension ou leur taux de glycémie directement au praticien, qui décidera d’une éventuelle consultation. Un médecin sous la main Outre la gestion des données privées, cette évolution soulève aussi la question d’une éventuelle privatisation des soins, puisque UHB entend s’associer à la société Babylon Health. Son service de consultations à distance, GP at hand (en français, un médecin sous la main), compte déjà 50 000 londoniens et vient d’être lancé à Birmingham. Parmi les patients lui ayant fait confiance, entre 85 et 90% n’ont pas eu besoin de rencontrer leur médecin en face à face, bien que Babylon dispose de cabinets physiques. Problème : lorsqu’un patient opte pour ce type de consultations, le système de santé publique britannique (NHS) ne verse plus de paiement annuel au cabinet de son médecin traitant. Moins d’attente, plus d’efficacité  Reste que l’intégration du digital et de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé est quasi inévitable. Pour David Rosser, « la manière d’accéder et de recevoir des soins à Birmingham sera méconnaissable d’ici 5 à 10 ans, et la technologie y jouera un rôle crucial. » En 2018 déjà, une étude menée par Ipsos Mori montrait que deux tiers des plus de 15 ans au Royaume-Uni étaient favorables à la vidéo consultation dans des cas de symptômes mineurs. À l’heure où le manque de personnel se fait pressant, la technologie promet de réallouer les ressources humaines et financières au plus urgent.  Amélie Drouet


08 avril 2020

Covid-19 : La Région Bretagne lance une plateforme de livraison de produits locaux

La Région Bretagne s’est dotée d’une plateforme pour inciter ses habitants à consommer local, soutenir ses producteurs ainsi que les magasins de proximité en période de confinement. Une activité en plein boom dans plusieurs régions de France, qui marque le retour du patriotisme alimentaire. Depuis le début du confinement le « manger local » et les circuits courts ont le vent en poupe. Avec les restrictions imposées aux marchés, les producteurs (agriculteurs, poissonniers, bouchers, fromagers, maraîchers, viticulteurs) se retrouvent avec des quantités importantes d’invendus. Face à ce constat, la Région Bretagne a décidé de lancer sa plateforme « produits locaux » qui permet aux petits producteurs d’écouler leurs stocks et d’approvisionner les consommateurs en produits frais. Un Plan Marshall de l’alimentation Grâce à un système de géolocalisation mis en place à partir du 9 avril, les producteurs pourront livrer à domicile dans différents secteurs. D’autres proposeront aux consommateurs bretons de récupérer leur commande dans un commerce de proximité. Dès le premier jour de son lancement, lundi 6 avril, la plateforme a déjà compté plus de 17 000 inscrits. Plusieurs régions de France ont mis en place un Plan Marshall de l’alimentation. Dès son ouverture, la plateforme solidaire du Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine a enregistré près de 40 000 connexions. « Patriotisme alimentaire » Avec la fermeture des frontières, en France ou en Italie, les appels à préférer les produits locaux se multiplient. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a incité les Français à privilégier les produits des agriculteurs français. Et simultanément, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a encouragé les citoyens « à faire un geste de patriotisme alimentaire » et « à acheter du français ». Dans la même logique, l’enseigne Carrefour a déclaré qu’elle cesserait de vendre des fruits et légumes d’origine étrangère s’il existe une alternative française. Une manière de renouer les liens entre les consommateurs et les agriculteurs en ces temps de pandémie.

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25 février 2026

Eenuée & Duqueine : Un partenariat d’avenir pour faire voler un avion électrique en 2033

Un avion 100 % électrique qui relie Limoges à Lyon au même prix qu’un TGV ? C’est toute l’ambition de la jeune pousse ligérienne Eenuée, qui vient de signer un partenariat stratégique avec le groupe Duqueine. Par Laurie Bruno Depuis 2019, Eenuée développe un avion décarboné prometteur : 11 fois moins d’énergie consommée qu’un avion classique, zéro émission en vol, et des nuisances sonores très faibles. Un avion capable d’atterrir sur de très petites distances, y compris dans l’eau, et qui pourrait transporter en toute autonomie 19 passagers sur des trajets allant jusqu’à 500 kilomètres d’ici 2033. Concilier décarbonation de l’aviation et désenclavement territorial « Comme on décarbone l’automobile ou le naval, il faut aussi décarboner l’aérien, car c’est un secteur en pleine croissance », avance Baptiste Guiliani, bras droit du fondateur d’Eenuée, Éric Herzberger. C’est pourquoi la start-up stéphanoise s’est associée au groupe Duqueine, fournisseur clé d’Airbus, et dont l’expertise industrielle est largement reconnue. L’avion issu de ce partenariat sera déployé dans un premier temps en Auvergne-Rhône-Alpes, région montagneuse enclavée, pour relier les territoires isolés. « On envisage un vol de Lyon vers Limoges et Clermont-Ferrand, deux villes qui ont de grands enjeux de mobilité. Legrand et Michelin, les deux seules entreprises du CAC 40 à ne pas être sur Paris, se plaignent énormément de leur enclavement », déplore Baptiste Guiliani. Un avion pensé par et pour les territoires Une solution propre, accessible, et sans investissement public majeur, ancrée territorialement. « Ce partenariat, c’est aussi une démarche locale. Pour nous, c’est essentiel de fédérer les réseaux industriels, car c’est comme ça qu’on construit une vraie dynamique autour de l’innovation et de la mobilité durable. » Prochaine étape : un avion certifiable de 8 mètres d’envergure. « On a fait voler un avion de 4-5 mètres d’envergure pour confirmer nos théories. Maintenant, on développe un appareil certifiable deux fois plus grand. », explique Baptiste Guiliani, ajoutant que c’est ce partenariat qui va « permettre de définir la structure optimale de l’avion final. »

Mathilde Moulin

03 février 2026

Mathilde Moulin met la réutilisation des eaux grises à portée des particuliers

Jeune start-up provençale, Wadi, co-fondée avec Damien Oursel, réutilise l’eau des douches et lavabos pour les toilettes, machines à laver et systèmes d’arrosage. Le but : rendre tout un chacun facilement plus autonome et résilient, même sur un marché encore balbutiant. Quelle est l’innovation de votre système de récupération des eaux grises ? Mathilde Moulin : Nous sommes conformes à la réglementation de 2024 ! L’autre chose, c’est l’agilité de notre système : il s’adapte à l’existant – services de distribution d’eau des maisons, petits immeubles, campings – il est sur-mesure, pour aller directement et rapidement sur le terrain, et surtout accessible financièrement : il faut compter 2 à 3 000 euros, deux jours d’installation et un pan de mur d’un mètre carré de disponible pour la pose de l’unité de traitement ainsi qu’un espace au sol pour une cuve de stockage de 200 litres. Wadi permet d’économiser jusqu’à 40 % sur sa facture d’eau, et de s’adapter face aux sécheresses et aux restrictions. Votre parcours est mêlé à la potabilisation de l’eau… Je travaille depuis 12 ans, dans le cadre d’une entreprise familiale, sur la repotabilisation des eaux grises pour rendre l’habitat autonome. Wadi est la version ultra simplifiée de notre technologie, Geopure, qui est légale sur nos territoires. Votre modèle d’affaires est basé sur la vente directe ? Oui, nous avons déjà installé une vingtaine de solutions depuis l’automne 2024. Pour cela, nous avons levé 450 000 euros en 2024 auprès de business angels et de Kiss Studio, l’incubateur de Voyage Privé. Nous visons la vente de 200 unités pour 2026 et un chiffre d’affaires de 600 000 euros. La taille du marché est celle du parc de logements sur le territoire et de sa croissance, nous avons de la marge ! Quelles sont vos prochaines étapes ? Déployer un réseau de plombiers agréés capables d’installer notre système auprès des particuliers. Et travailler avec des bailleurs sociaux, des immeubles, des architectes, pour intégrer Wadi en amont dans la conception des bâtiments. Les appels d’offres se multiplient, nous commençons à signer nos premiers contrats avec des bailleurs. Mais pour l’instant, ceux qui sont sensibilisés sont ceux qui ont déjà fait face à des restrictions. C’est la jeunesse du marché qui rend compliqué de prévoir sa croissance ? En effet, le marché actuel est quasi inexistant, et inextricablement corrélé aux événements climatiques, aux conflits d’usage qui en découleront et à la volonté politique d’aller vers une meilleure gestion de l’eau à l’échelle nationale et d’intégrer la réutilisation aux plans d’urbanisation. Nous savons qu’à un moment cela va décoller, et vite, mais il est très difficile de faire des projections. Nous serons prêts !

12 février 2026

Mode durable : le géant de la sneaker éco-responsable s’associe à la jeune pousse Prolong

Rendre la réparation plus simple que le rachat d’un produit neuf ? C’est l’ambition de la start-up Prolong. Lancée en 2023 entre Paris et Nantes, elle a mis au point une plateforme de gestion du service après-vente pour marques et distributeurs. Deux ans plus tard, elle signe un partenariat avec le leader français de la basket écologique Veja. Retour sur une collaboration à succès. Révolutionner le SAV Prolong est née d’un chiffre : la réparation d’un produit textile peut réduire son impact environnemental de 30 %, selon l’ONG britannique WRAP. La start-up accompagne aujourd’hui une dizaine de marques, du textile à la joaillerie en passant par la maroquinerie et la chaussure, dans l’orchestration de leur service après-vente. The North Face, Fusalp ou Bocage leur font déjà confiance. « On les aide à prolonger la durée de vie du produit, de la retouche à la personnalisation en passant par le recyclage s’il est irrécupérable », avance Tanguy Frécon, cofondateur et directeur général de la jeune pousse. Un partenariat comme une évidence… L’alliance avec Veja, acteur pionnier sur la réparation, s’est imposée naturellement. « Ils ont leur propre cordonnerie depuis longtemps », rappelle Tanguy Frécon, faisant référence à la boutique VEJA General Store dans le 10e arrondissement de Paris. Mais la gestion du service après-vente restait difficile pour Veja. « Nous voulions que l’expérience de réparation soit aussi fluide et soignée que celle de l’achat », souligne Daniel Schmitt, responsable des opérations réparation chez Veja. Les résultats sont déjà prometteurs : « Les premiers retours sont incroyables en termes de réduction de délais de traitement, et de satisfaction client, avec déjà des centaines de réparations », rapporte le cofondateur de Prolong. … Pour ouvrir la voie La suite ? Équiper les boutiques Veja partout en France, puis en Europe, et pourquoi pas à l’autre bout du monde – Japon et États-Unis notamment. Une solution globale, multicanale, et qui permet de tout gérer, de la communication client au suivi des pièces détachées : voilà l’ambition de la jeune pépite française pour le géant de la chaussure éco-responsable. Le début d’une belle histoire, qui pourrait servir de modèle à toute une industrie. Légende : Prolong est une plateforme SaaS B2B qui centralise les retours, réparations, remboursements et services d’entretien pour des marques issues des filières mode, chaussure, joaillerie, accessoires et équipement outdoor.

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