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02 mars 2023

Drive to zero : postulez pour le Grand Prix de l’Innovation pour la mobilité !

Drive to zero, c’est le nouveau salon dédié à la mobilité décarbonée. Pour cette première édition qui aura lieu du 5 au 7 avril 2023 à Paris, au Grand Palais Éphémère, de nombreux temps forts sont prévus : des cycles de conférence, une expo artistique, une grande soirée de networking, mais aussi un Grand prix de l’innovation, pour lequel vous pouvez encore candidater. Si vous avez développé un produit ou service innovant pour la mobilité décarbonée, Alors postulez dès maintenant, dans l’une des 5 catégories : • Décarboner la mobilité des professionnels : Solutions innovantes qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements professionnels (logistique, transports de marchandises…) • Décarboner la mobilité individuelle : initiatives qui visent à décarboner les déplacements individuels (véhicules individuels, mobilité douce, mobilité active…)  • Mobilité décarbonée des collectivités : projets innovants menés par les collectivités locales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements  • Infrastructures et modèles énergétiques : initiatives innovantes en matière d’infrastructures de recharge et de modèles énergétiques pour les véhicules électriques.  • Solutions connectées : solutions innovantes qui utilisent les technologies de l’Internet des objets pour améliorer la mobilité durable. Date limite de candidature :  10 mars Délibération des jurés : 22 mars L’annonce des lauréats et la remise des prix aura lieu le mercredi 5 avril dans le Grand Auditorium du Grand Palais Éphémère Pour candidater au Prix, c’est ici


10 février 2023

L’intelligence artificielle, vecteur de sens

L’intelligence artificielle (IA) est sans doute la technologie possédant la plus grande capacité de transformation de nos activités. Tous les secteurs de l’économie sont concernés, et dans les entreprises toutes les fonctions sont impactées. Mais il ne s’agit pas seulement d’économie. La culture, l’éducation, la santé, la politique et la citoyenneté, la science, la façon de mener une guerre, seront transformées. Et la liste n’est pas close.  Diagnostiquer des maladies, adapter des programmes éducatifs à chaque élève, sécuriser les transactions financières, détecter les feux de forêts : voilà quelques-unes des promesses de l’IA que même les plus récalcitrants au progrès technologique pourront difficilement décliner. Et les agriculteurs pourront doser les intrants plant par plant, comme le propose la société britannique Small Robot Company, qui a fait une présentation remarquée de ses solutions, le 9 février, au World AI Cannes Festival. Les économies sont colossales, en termes d’utilisation de pesticides, de fertilisants, et les sols sont protégés. Un marché de 270 milliards de dollars d’ici 2027 Les experts prédisent un marché de 270 milliards de dollars d’ici 4 ans, à comparer avec les 27 milliards en 2019 (source : Business insights).Si on a un peu de mal à y croire, c’est que la majorité de l’IA est invisible pour le consommateur et l’utilisateur lambda. C’est une réalité qui va d’autant plus nous surprendre. On peut imaginer dès lors des réactions imprévues, et voir de vieilles craintes ressurgir. La principale se formulant ainsi : « l’Intelligence Artificielle va détruire nos emplois. » Les robots prendront les emplois nécessitant de la force physique, et les logiciels préempteront les tâches intellectuelles.  Il faudra revenir à l’histoire, aussi vieille que les craintes. Le début du 20e siècle a vu l’arrivée des premiers process industriels, qui devait mettre au chômage tous les travailleurs manuels. Il est certain que les emplois les plus éreintants, les plus abrutissants et les plus dangereux ont été supprimés. Mais personne ne souhaite revenir à cette humanité souffrante. Puis l’informatique à partir des années 60 s’est vue reprocher les mêmes dangers. Puis internet dans les années 90. Même si ces technologies ont leurs défauts, personne ne souhaite revenir en arrière. Aujourd’hui, et dans les prochaines années, c’est au tour de l’IA. Il est certain qu’elle prendra tout d’abord en charge les tâches répétitives et fastidieuses.  L’IA, source d’emplois, et de sens Mais surtout, les nouvelles technologies, tout au cours du 20e siècle, ont créé plus d’emplois qu’elles n’en ont détruit. Il suffit pour cela de comparer la population active de jadis et celle d’aujourd’hui : elle est passée de 16 millions en 1850 à près de 30 millions, soit presque un doublement, du fait de la croissance démographique et de l’accès des femmes aux emplois (plus précisément aux emplois répertoriés et décomptés). Et cette expansion s’est accompagnée de transferts massifs, de l’agriculture vers l’industrie, puis vers le secteur tertiaire, puis à l’intérieur du tertiaire dans diverses branches. Si un chômage structurel élevé persiste dans quelques pays, les causes sont d’abord internes, mais non liées à la technologie. On observe même un niveau d’emploi plus élevé dans les pays qui ont fait le choix de l’équipement robotique, parce que les chaînes de fabrication sont plus performantes.    Les craintes de destruction d’emplois sont donc largement infondées. Les métiers se transformeront, des compétences nouvelles se créeront, avec de nouveaux besoins dont nous n’avons pas encore idée, et l’IA constituera une formidable source d’emplois.Ce sera à nous de veiller à ce que ces emplois soient orientés vers les secteurs respectueux de l’environnement, des principes éthiques, et soient vecteurs de sens.


06 février 2023

Cannes, capitale de l’Intelligence Artificielle

Les 9, 10 et 11 février se tiendra la 2e édition du World AI Cannes festival (WAICF), qui est déjà devenu le premier rendez-vous mondial de l’Intelligence artificielle. Le festival s’adresse aux experts et entreprises avec un programme de conférences éclectique, plus de 200 exposants, ainsi que des sessions où plus de 50 start-ups pitcheront. Mais les organisateurs ont également prévu une journée grand public, le samedi 10, avec plus de 20 expériences immersives. Car l’Intelligence Artificielle n’est pas qu’une technologie pour geek, elle s’insinue dans tous les domaines, et dans quelques années il est certain que chacun d’entre nous aura affaire avec cette technologie – ou plutôt cet ensemble de technologies. Des étudiants rédigent déjà leurs devoirs grâce à ChatGPT et, dans les entreprises, toutes les fonctions y feront appel : production, communication, finance, recrutement… Les espaces thématiques pour cette édition 2023 s’orienteront vers les nouvelles applications dans la robotique, le gaming, la restauration, le sport et le bien-être. Plus d’une centaine d’intervenants sont attendus pour cette nouvelle édition, et vous trouverez certainement, quel que soit votre niveau de connaissance, de quoi satisfaire votre curiosité, parmi les cinq catégories de conférences : • L’IA POUR LA SOCIÉTÉ : comprendre les avantages de l’intelligence artificielle pour la société et notre planète, et les défis à relever. • L’IA AUJOURD’HUI ET DEMAIN : explorer ce que l’IA peut faire aujourd’hui pour imaginer ce que les innovations futures apporteront à la société et aux organisations de demain. • STRATEGIE D’IA : obtenir des informations clés pour améliorer sa stratégie d’IA et faire passer son entreprise au niveau supérieur. • TECHNOLOGIE DE L’IA : apprendre comment utiliser au mieux les différentes technologies de l’IA et former son esprit d’innovation avec des intervenants de haut niveau. • APPLICATIONS DE L’AI : obtenir un aperçu des progrès que l’IA peut apporter aux organisations, grâce à des focus sur différents secteurs d’activité. Les enjeux du développement durable et de l’éthique seront au coeur de plusieurs événements. Ainsi, rien que pour la première journée, quatre conférences adresseront directement le sujet : AI for good, AI and combatting climate change, Environment, AI for impact. Pour vous inscrire, c’est ici : https://worldaicannes.com/


06 janvier 2023

A Las Vegas, un salon aussi vert que technologique ?

Cette année, à Las Vegas, l’ambiance a changé. Le salon dédié à l’innovation technologique tous azimuths, se tourne de plus en plus vers l’innovation verte. Les grands thèmes sont aujourd’hui la mobilité, la santé et le développement durable.Pour ce temple de la consommation, est-ce un virage éphémère, ou une tendance de fond ? La deuxième hypothèse est à privilégier, car même le nom historique du salon, Consumer Electronic Show, à l’affiche depuis plus de 50 ans, est abandonné, au profit de l’acronyme CES, moins discriminant, et sans doute en attendant un nom plus significatif.Et les organisateurs ne s’en cachent pas : ils ne font que suivre la tendance. « Tout l’écosystème parle de développement durable, les dirigeants de notre industrie tiennent aussi à trouver des solutions pérennes pour leurs enfants et petits-enfants, et donner de l’optimisme pour l’avenir », affirme Gary Shapiro, le directeur du salon. Et, Cocorico !, la France est le pays étranger le plus représenté au salon de Las Vegas, avec 170 sociétés ayant fait le déplacement. Voici deux pépites que nous avons relevées. Acwa Robotics inspecte les canalisations Acwa Robotics, fondée en 2018, a conçu un robot pour inspecter les canalisations d’eau. L’appareil, une chenille avec un bras articulé, épouse parfaitement la forme des tuyaux, pour éviter de les endommager ou d’y rester bloqué.Il peut fonctionner y compris quand la canalisation est en fonctionnement, ce qui évite de perturber la distribution d’eau. Il détecte tous les problèmes, fuites, corrosions, et même la rouille à l’extérieur des canalisations, grâce à des capteurs à ultrasons. Une entrée en lice au CES remarquée, puisque l’entreprise a raflé trois prix. Solar e-light, éclairage public autonome Le luminaire autonome Solar e-light, innovation sélectionnée par Solar Impulse, est alimentée par une plaque photovoltaïques placée à son sommet.Il est connecté, et doté d’une intelligence artificielle, pour anticiper les conditions météorologiques et s’y adapter en temps réel.Il promet des avantages conséquents :• Entre 4 et 11 nuits d’autonomie.• Jusqu’à 118% d’économies d’énergie par rapport à l’alternative classique


28 septembre 2022

BMW développe des batteries 6e génération, plus durables et moins gourmandes en ressources

La batterie est la clé de réussite des véhicules électriques. BMW a anticipé et a développé une nouvelle gamme de batteries, qui équiperont les modèles de sa Neue Klasse dès 2025.Les promesses de cette 6e génération de cellules lithium-ion développées par l’entreprise sont considérables. Elles apportent des améliorations sur tous les critères de performance : • densité énergétique : + 20 %• vitesse de charge : + 30 % • autonomie : + 30 % Tout cela avec des coûts jusqu’à 50 % inférieurs à ceux de la génération actuelle. Et, pour gagner encore plus en performance environnementale, « Nous réduisons également les émissions de CO2 provenant de la production des cellules de 60 % », assure Frank Weber, responsable de la division Développement et membre du Directoire, grâce au réemploi et à l’utilisation d’énergies renouvelables. L’engagement pour le véhicule électrique se chiffre à plusieurs milliards. Joachim Post, responsable des achats et du réseau de fournisseurs, trace un futur ambitieux : « Pour répondre à nos besoins à long terme, nous allons construire avec nos partenaires des usines de cellules de batterie, chacune d’une capacité annuelle allant jusqu’à 20 GWh, sur six sites dans des marchés clés pour nous : deux en Chine, deux en Europe et deux aux États-Unis. » Autre indice de cet engagement : BMW développe ces produits dans des centres de compétences internes, qui couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche et du développement à la conception des cellules de batterie, jusqu’à la fabrication. Ainsi, le Centre de Compétence de Parsdorf, près de Munich, qui entrera en service fin 2022, sera dédié au développement d’une expertise maison. Les grandes séries seront, elles, confiées à des partenaires chinois.


30 juin 2022

Les éoliennes flottantes, c’est parti !

Une première en France : Trois projets seront mis en œuvre en 2022, pour être pleinement opérationnels en 2023 et 2024, tous situés en Méditerranée.Ils ont en effet obtenu leur financements, par la Banque européenne d’investissement (BEI). Qu’est-ce qu’une éolienne flottante ? Tout simplement une éolienne qui ne repose pas sur le fond de la mer, mais qui y est seulement ancrée, par des câbles. Ce qui présente plusieurs avantages : réduire l’emprise sur le sol marin, limiter l’investissement et diminuer les coûts d’entretien.Par ailleurs, cette innovation leur permet d’être installées, plus loin de la côte dans des zones optimales en termes d’exposition au vent, et moins visibles depuis la côte. Le premier projet est situé à 40 km à l’ouest de Marseille, à 17 km au large de Port Saint Louis du Rhône, dans des eaux d’une profondeur d’environ 100m. La mise en service des trois turbines Siemens Gamesa, d’une capacité totale d’environ 25 MW, est prévue en 2023. Le deuxième projet sera installé à plus de 18 km au large des côtes de Narbonne, dans le département de l’Aude, Cette ferme pilote sera composée de trois éoliennes Vestas de 10 MW, installées sur flotteurs à barge semi-submersible. Le troisième projet comporte également trois éoliennes de 10 MW Vestas, installées sur flotteurs de technologie Windfloat. Situé à plus de 16 km au large de Leucate (Aude) et Le Barcarès (Pyrénées-Orientales) par 70 mètres de fond. Mise à l’eau est prévue fin 2023.  Pour Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, ces financements permettent le lancement d’une longue série d’investissements majeurs :  « En tant que banque du climat de l’Union européenne, notre rôle est de faire émerger et d’accompagner les innovations comme les éoliennes flottantes en mer, qui permettent d’apporter des solutions technologiques permettant de lutter efficacement contre le réchauffement climatique. » Le développement d’une filière industrielle française et européenne en pointe sur les énergies marines renouvelables est déjà sur les rails.


24 juin 2022

DualSun, le panneau solaire le plus rentable du monde

C’est du moins ce qu’annonce Laetitia Brottier, cofondatrice et directrice innovations de DualSun et vice-présidente solaire et bâtiment d’Enerplan.Pourquoi cette performance ? Parce que les panneaux de Dualsun produisent à la fois de l’électricité et de l’eau chaude. On sait en effet que plus un panneau solaire est chaud, moins il produit d’électricité. Pourquoi alors ne pas le refroidir par un circuit d’eau calorifère, qui évacuera la chaleur ? Celle-ci servira alors à chauffer votre eau sanitaire.Un double bénéfice, qui fait depuis 2013 le succès de la technologie Dualsun.Elle permet d’obtenir 3 fois plus d’énergie par m² de toiture comparé à un panneau photovoltaïque standard, tout en gardant les mêmes dimensions.Ce panneau solaire hybride permet donc une double autoconsommation : autoconsommation photovoltaïque et autoconsommation thermique. Un panneau Made in France DualSun fabrique ses panneaux solaires dans son usine de Jujurieux, dans l’Ain. Ses panneaux DualSun SPRING ont une certification « Made in France ». En novembre 2021, DualSun a inauguré une nouvelle ligne de production dans son usine. L’entreprise vient d’investir 850 000 € dans son usine certifiée ISO 9001 notamment grâce au soutien du plan “France Relance”. Enfin, DualSun a reçu le label « Solar Impulse Efficient Solution » de la Fondation Solar Impulse. Un gage d’innovation et de pérennité.


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10 février 2026

Captation de CO2 : promesse technologique ou faux espoir ? Ce que les entreprises doivent vraiment en attendre.

Face à l’urgence climatique et aux exigences de neutralité carbone, la captation de CO₂ s’impose comme une solution technologique séduisante. Mais entre promesses industrielles, limites techniques et risques de greenwashing, cette stratégie ne peut être qu’un levier d’appoint. Pour les entreprises, l’enjeu est clair : savoir où, quand et comment l’intégrer dans une trajectoire climat crédible. Et s’il était possible d’effacer nos émissions de dioxyde de carbone comme on clique sur une corbeille numérique ? La technologie peut-elle nous permettre de freiner le dérèglement climatique ? Face à l’urgence climatique et l’accélération des réglementations carbone, le captage de CO₂ fait désormais partie des stratégies climatiques de nombreuses entreprises. De l’aciérie aux start-ups de la tech verte, les regards se tournent vers cette technologie censée « aspirer » le CO₂ de l’air ou le piéger à la sortie des cheminées industrielles. Cependant, derrière les promesses d’une neutralité carbone facilitée, les limites techniques, économiques et écologiques sont bien réelles. Coûteuse, énergivore et encore marginale à l’échelle mondiale, la captation de CO₂ ne peut ni remplacer les efforts de sobriété, ni servir de prétexte à l’inaction. Alors, faut-il y croire ? Quelle place cette stratégie peut-elle occuper dans une stratégie climat d’entreprise ? Entre fantasme technologique et levier complémentaire, zoom sur la captation de dioxyde de carbone. Afin de remplir son objectif de neutralité carbone d’ici 2050, l’Union européenne s’est engagée à réduire de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Cela implique une décarbonation profonde de l’industrie. Selon le ministère de la Transition écologique, ce secteur représente 21 % des émissions mondiales. Et pour décarboner l’industrie, l’une des solutions serait de retirer du CO₂ de notre atmosphère. Parmi les innovations technologiques : le CCUS (Le Carbon Capture, Utilization and Storage). Un ensemble de technologies qui visent à capter les émissions de dioxyde de carbone pour les valoriser ou les séquestrer durablement et ainsi éviter qu’elles ne soient relâchées dans l’atmosphère. Pourquoi la captation de CO₂ séduit-elle ? Dans la course à la neutralité carbone, la captation de dioxyde de carbone est en train de devenir le nouvel eldorado des industriels. Prometteuse sur le papier, cette technologie est séduisante : continuer à produire, et émettre du CO₂, tout en retirant le carbone de l’atmosphère ou en le piégeant à la source. Un compromis intéressant pour des secteurs où la décarbonation pure reste complexe, voire physiquement impossible, comme ceux du ciment ou de l’acier. C’est justement ce que propose la start-up Revcoo, installée à Venissieux, près de Lyon. L’entreprise française a développé une innovation technologique capable de capter le dioxyde de carbone à la sortie des cheminées industrielles. « Avec notre technologie Carbon Cloud, on vient chercher le CO₂ directement dans les fumées des industriels, car il y est bien plus concentré. Cela se fait par cryogénie, on vient aspirer la fumée, on la sèche puis on entre au cœur de notre technologie : on gèle le CO2 pour le séparer des autres gaz. Une fois capté, le dioxyde de carbone est directement transporté vers des solutions de stockage ou bien acheminé vers des structures qui ont besoin de CO₂ pour réduire leurs émissions fossiles, comme les matériaux de construction ou les domaines de l’aviation », explique Hugo Lucas, fondateur de Revcoo. Un système qui s’adapte aux émissions incompressibles. La technologie CarbonCloud est aujourd’hui en phase pilote sur un site de production de chaux dans les Hauts-de-France. Elle permet de capter deux tonnes de CO₂ par jour. D’ici 2030, le CarbonCloud permettra de capter 100 000 tonnes de CO₂ par jour et par équipement. « On aimerait atteindre un million de tonnes de CO₂ par an », indique l’ingénieur, tout en ayant conscience qu’il s’agit d’une solution transitoire pour certaines entreprises. « Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de solutions à part la carbon capture, en attendant qu’il y ait de vraies solutions qui arrivent sur le marché (telles que l’hydrogène ou l’électrification) pour pouvoir décarboner une bonne fois pour toute. Je le redis : il y a deux types de carbon capture. Le captage de CO₂, qui est essentiel pour décarboner les industries ciment, chaux et verrerie, et pour les autres, il s’agit d’un gain de temps pour remplir les objectifs de l’Union européenne, en attendant de vraies solutions », expose Hugo Lucas. Ces technologies suscitent donc l’intérêt à mesure que la pression réglementaire s’intensifie. Avec le pacte vert européen et l’élargissement du marché carbone aux secteurs du transport et des bâtiments, les entreprises doivent désormais revoir leurs modèles en profondeur. Sans parler de la directive CSRD. Entrée en vigueur en 2024, elle oblige les grandes entreprises à intégrer au sein d’une section distincte de leur rapport de gestion des informations en matière de durabilité incluant les émissions indirectes de dioxyde de carbone (Scope 3). Cela pousse donc les entreprises à chercher des solutions de compensation. Ainsi, la captation de CO₂ coche plusieurs cases : atteindre les objectifs sans forcément changer aux processus existants, améliorer les bilans climat publiés, et, dans certains cas, générer des crédits carbone revendables sur les marchés volontaires. Résultat : les investissements affluent. En 2023, les financements privés dans les technologies de captation de carbone ont franchi la barre des 11 milliards de dollars dans le monde, d’après  le cabinet Bloomberg NEF. De grands groupes, tels que Microsoft, TotalEnergies ou encore Arcelor Mittal, se positionnent, entre partenariats industriels et construction de hubs de captation. Microsoft, par exemple, a signé un contrat de 10 ans avec Climeworks pour retirer 10 000 tonnes de CO₂ de l’atmosphère, une première à cette échelle. Pour beaucoup d’entreprises, en misant sur la captation, c’est surtout gagner du temps : repousser des transformations structurelles coûteuses, tout en affichant des trajectoires carbone vertueuses. Cette logique peut séduire sur le court terme mais a des limites. Des limites technologiques, écologiques et financières En pratique, la captation de dioxyde de carbone paraît bien moins magique qu’elle n’en a l’air. Les performances réelles du captage du CO₂ sont encore limitées. La captation à la source (post-combustion, oxycombustion, etc) est la méthode la plus avancée. Elle peut atteindre des taux de captation de 80 à 95 % selon les technologies. Cependant, elle reste coûteuse et énergivore. Capturer, comprimer, transporter, puis stocker du CO₂ nécessite d’importantes quantités d’énergie. Pour certaines technologies, la consommation représente jusqu’à 25 % de la production d’électricité de l’installation émettrice, d’après le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), moins de 0,1 % des émissions mondiales sont actuellement captées. « De nombreuses technologies sont en cours de développement, mais on ne connaît pas encore l’efficacité finale. La quantité d’énergie requise pour capter le CO₂ est  très importante, notamment la quantité d’énergie électrique. On assiste au même moment à l’électrification d’autres secteurs (les transports par exemple), cela va donc venir impacter nos capacités de production électrique en France », s’inquiète Aurélie Brunstein, responsable industrie lourde au réseau Action Climat. La captation directe dans l’air (DAC) fait rêver par sa flexibilité : extraire le CO₂ de n’importe quelle zone, indépendamment des sources d’émission. Mais elle est encore plus gourmande en énergie. Climeworks, leader du secteur, estime aujourd’hui un coût entre 600 et 1 000 dollars par tonne de CO₂ retirée, bien au-dessus des prix actuels du marché carbone. Même si les coûts devraient baisser, ils resteront probablement hors de portée pour un usage massif à court terme. « Et cela peut peser sur les dépenses publiques », indique Aurélie Brunstein avant d’ajouter : « Dans le sixième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les scientifiques montrent que le captage de carbone représente un potentiel assez faible mais un coût important. Beaucoup d’industriels aimeraient y recourir mais demandent l’aide de l’État pour y accéder. C’est un choix technologique qui va retomber sur les finances publiques », alerte la spécialiste. Quant au stockage géologique, il suscite de nombreux débats. Le principe ? Injecter le CO₂ dans des formations souterraines (aquifères salins, anciens gisements de gaz, etc.) pour un enfouissement à long terme. Plusieurs projets sont en cours, notamment en Norvège avec le projet Northern Lights, soutenu par Equinor, Shell et TotalEnergies), mais les infrastructures sont encore rares, et la sécurité à très long terme suscite des inquiétudes. Que se passera-t-il en cas de fuite ? Quelle acceptabilité pour des infrastructures souterraines près des populations ? En Allemagne et au Danemark, plusieurs projets ont déjà suscité des oppositions locales. La réutilisation du dioxyde de carbone capté (CCU), elle, ne permet pas forcément un stockage durable. Reconverti en carburant ou en matériaux, le CO₂ finit souvent par être réémis. L’effet d’aubaine Mais la principale critique, exprimée notamment par le GIEC, repose sur « l’effet d’aubaine ». En laissant penser qu’il sera possible demain de « nettoyer » les émissions d’aujourd’hui, la captation peut justifier l’inaction ou le maintien de modèles polluants. Le phénomène est bien connu des économistes sous le nom de « moral hazard » : plus on compte sur une solution future, moins on agit dans le présent. La captation ne peut, pour l’instant, qu’être un outil d’appoint. En faire un pilier de stratégie climatique revient à miser sur un cheval qui n’a pas encore couru la course. « Avec ces technologies, on se détourne du problème. Nous, ce qu’on souhaite, c’est que les cimentiers changent leur formulation pour faire des ciments qui émettent moins à la production, plutôt que de se tourner vers le captage de CO₂, et garder leur recette, ne pas changer leurs modèles d’affaires et se tourner vers le captage de CO₂ pour les émissions qu’ils continuent à émettre », affirme Aurélie Brunstein, du réseau Action Climat. Plusieurs analystes pointent également le risque de greenwashing. Certaines entreprises intègrent des technologies de captation dans leurs plans climat, sans engagement ferme, ni vérification indépendante, ni calendrier de déploiement. Pour Pascal Canfin, président de la commission environnement du Parlement européen, la captation peut être un levier utile, mais elle ne doit pas être utilisée comme un cache-misère dans les bilans carbone. « Le captage de CO₂ ne suffit pas à la décarbonation, tout comme la sobriété ne suffira pas. Ce n’est pas une solution à côté, mais une solution avec. Il faut avoir à l’esprit cette complémentarité. Aujourd’hui, on ne peut pas se permettre d’éviter de se servir d’un levier de décarbonation. Il n’y a pas de solution unique qui nous permettra d’atteindre nos objectifs », résume Florent Guillou, ingénieur et chef de projet chez IFP Energies Nouvelles (IFPEN), un organisme public de recherche, d’innovation et de formation dans les domaines de l’énergie, du transport et de l’environnement. « Le problème que l’on rencontre aujourd’hui, c’est une histoire de vitesse. On a des objectifs qui sont à court et moyen terme et des déploiements difficiles à mettre en place. Il faut travailler main dans la main, mais la capture de CO₂ ne va pas devenir une solution de facilité », tente de rassurer Paula Coussy, qui travaille elle aussi à l’IFPEN en tant que cheffe de projet externalités carbone. Pour des entreprises de services, de logistique ou de distribution, la captation n’est ni nécessaire ni prioritaire. Mieux vaut concentrer les efforts sur la sobriété, l’électrification, l’optimisation des chaînes logistiques ou le verdissement des achats. « Selon moi, les industriels sont assez réalistes là-dessus. Le captage, c’est en dernier recours : d’abord, j’évite, je réduis les émissions et en dernier recours (pour les émissions incompressibles notamment), je m’intéresse à la capture », conclut-elle. Une solution parmi d’autres, et non un raccourci La captation de CO₂ fascine donc autant qu’elle interroge. Elle ouvre des perspectives utiles, notamment pour les secteurs industriels les plus émetteurs, et peut jouer un rôle d’appoint dans une trajectoire de neutralité carbone. Mais ses promesses ne doivent pas masquer une réalité encore fragile : technologie coûteuse, énergivore, minoritaire, et loin d’être déployable à grande échelle dans les prochaines années. Pour les entreprises, la priorité reste d’abord d’éviter les émissions, pas de les corriger a posteriori. La captation ne peut être un substitut à la sobriété, à l’efficacité énergétique ou à l’écoconception. À défaut, elle risque de devenir une caution pour ne pas changer en profondeur.

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