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Innovation et nouvelles technologies durables

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Innovation et nouvelles technologies durables

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21 mai 2024

Viva Technology ouvre ses portes ce mercredi 22 mai

Le monde de la technologie se trouve à un moment charnière. Les attentes montent en flèche, l’impératif de transformation n’a jamais été aussi urgent. Pendant quatre jours, du 22 au 25 mai, VivaTech recevra plus de 150 000 visiteurs.Plus de 3 000 startups dévoileront leurs innovations, et 400 intervenants, parmi lesquels des leaders technologiques, des experts de l’industrie, des PDG d’entreprises internationales et des startups, donneront un aperçu de l’avenir de la technologie. En 2024 trois grandes thématiques – L’IA. Elle est au cœur de toutes les discussions, et les dernières solutions embarquant l’IA sont présentées. Près de 40% des exposants montrent des applications d’IA, les conférenciers les plus experts du domaine partagent leur vision sur le sujet, et un espace est dédié à cette technologie : l’AI Avenue.– La Tech durable. La technologie peut ouvrir la voie à un avenir plus durable et s’attaquer de front au changement climatique. 93% des dirigeants européens et américains sont convaincus que la tech est un allié de poids pour répondre aux enjeux de demain.– La mobilité. L’augmentation de la population intensifie la congestion et les défis environnementaux. Le marché mondial de la mobilité intelligente devrait représenter environ 250,3 milliards d’USD d’ici à 2030. Chiffres clés et nouveautés ● 3 journées professionnelles, les 22, 23 et 24 mai et une journée grand public Gaming & Esports, le samedi 25 mai 2024● 2 Halls (55 000 m2), 4 zones de conférences (3 en Hall 1, 1 en Hall 2) et le Dôme de Paris● 350+ entreprises et organisations autour de 25 secteurs d’activités● Plus de 11 000 startups (exposantes, pitches et challenges) provenant de plus de 50 pays dans le monde● 2000 investisseurs internationaux● 350 innovations présentées dont des dizaines d’exclusivités et de révélations● 30% de pays représentés de plus qu’en 2023, soit 120 pays dont 40 pavillons● 1 pays d’honneur : le Japon, qui présente 40+ de ses plus belles startups● 14 pays européens, dont la présence inédite du Royaume-Uni● 1 zone dédiée Africatech qui rassemble 4 pavillons de pays et plus de 100 startups.● La présence pour la première fois du Canada qui viendra avec une soixantaine de startups.● 1 Exec Avenue centrée sur le Business avec une stage dédiée aux CMOs et aux Tech Leaders faite de partages de use cases et de retours d’expérience, en partenariat avec Tech.Rocks. Deux lounges dédiés à ces publics et une convention d’affaire, le « connection hub », proposant des rencontres business qualifiées entre startups et décideurs de grands groupes.● 1 Discovery Stage avec Togg et Webedia qui présente en continu des démos d’innovations, des lancements de produits et des avant-premières● 1 Impact Bridge de 1500 m2 sponsorisé par EDF, qui mettra en avant +40 startups et 7 associations à impact positif pour la planète et pour la société car une idée peut changer le monde. L’Impact Bridge, c’est 4 villages répartis par thématique (Planète & Future Societies)● 4 parcs d’innovations thématiques : AI Avenue avec Salesforce, Retail & Logistics Park, Mobility & Smart City Park avec Togg, Well-Being & Sports Park avec Axa● 1 Pitch studio by Siemens où les startups viennent pitcher leurs projets innovants● 1 Viva Lounge en partenariat avec EY & Microsoft, pour des rencontres entre CLevels et Top speakers.● 1 Media Lounge de 465 m2 sponsorisé par Verizon, avec plus de 250 places de travail pour accueillir des journalistes et influenceurs du monde entier● 1 Investor Lounge sponsorisé par Microsoft, Entrepreneurship for Positive impact● 34 challenges lancés, dans des top trends comme Data & AI, Energy & Climate Tech, le futur du travail, Digital Trust & Cybersécurité, Industries de la Créativité avec 6200 candidatures de 90 pays différents, et environ 60% des dossiers reçus venant de l’étranger


13 mai 2024

Votez pour les finalistes de l’European Sustainable Energy Week

Les prix européens de l’énergie durable (EUSEW Awards) récompensent des personnes et des projets remarquables pour leur innovation et leurs efforts en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables. Au total, neuf finalistes ont été sélectionnés par un jury de haut niveau dans trois catégories : Innovation, Action locale pour l’énergie et Femme dans l’énergie. Les finalistes seront soumis à un vote public en ligne, ouvert dès maintenant et jusqu’au 2 juin, et les lauréats seront annoncés lors de la cérémonie de remise des prix EUSEW en juin 2024.  Parmi les finalistes, nous en avons sélectionné deux. 1ère finaliste / Catégorie « Femme dans l’énergie » Françoise Réfabert, a été présélectionnée dans la catégorie « Femme dans l’énergie », pour sa vision innovante du financement accessible de la rénovation énergétique des logements.En 2013, après une carrière de 25 ans dans le secteur bancaire, elle décide de créer plusieurs sociétés de tiers-financement, afin rendre les rénovations performantes accessibles à tous. En 2022, ces sociétés de tiers-financement se sont regroupées pour créer l’association SERAFIN, l’un des acteurs majeurs de la rénovation performante de l’habitat privé en France.« Les SERAFIN facilitent l’accès des ménages aux ressources modestes aux éco-prêts à taux zéro », explique Françoise. « Les SERAFIN paient directement les entreprises et ne demandent pas d’avance. Les ménages ne commencent à rembourser qu’une fois les travaux terminés ».En 2023, les membres du Réseau SERAFIN ont rénové plus de plus de 6 000 logements, ce qui représente un investissement de 175 millions d’euros. Ces travaux ont permis une économie d’énergie de 7,2 MWh d’énergie primaire par an en moyenne par logement (soit une réduction de consommation de 46%). Le réseau SERAFIN devrait passer de 5 à 20 membres d’ici trois ans, pour couvrir 90% de la population française et atteindre 50 000 rénovations performantes par an. 2e finaliste / Catégorie « Action locale pour l’énergie » L’Association des Centrales villageoises, basée à Villeurbanne (Rhône-Alpes), a été sélectionnée pour ses efforts visant à rassembler les citoyens, les collectivités et les entreprises locales pour développer des solutions locales en matière d’énergie renouvelable.L’idée des Centrales Villageoises est apparue en 2010 pour proposer « un nouveau modèle de production d’énergie renouvelable qui implique les citoyens et les collectivités locales, génère des retombées économiques pour le territoire et s’intègre davantage au paysage », explique Juliette Rasse, chargée de développement de l’Association des Centrales Villageoises, ajoutant que le modèle a d’abord été mis en œuvre sur huit sites pilotes.En 2018, l’Association des Centrales Villageoises (ACV) a été créée pour soutenir le réseau en pleine croissance. Elle a depuis évolué pour devenir un véritable « guichet unique » offrant une assistance technique, économique et juridique aux coopératives citoyennes menant des projets d’énergie renouvelable sur leurs territoires.«  Aujourd’hui, le modèle des Centrales Villageoises est mis en œuvre dans plus de 70 territoires à travers 8 régions – sur les 13 que compte la France – qui ont mis en service plus de 500 centrales photovoltaïques sur des toits privés et publics, générant ainsi plus de 11 MWc, équivalent à la consommation de 3 500 foyers  », explique Juliette. Pour voter, c’est ici


06 mai 2024

L’intelligence artificielle au service des matériaux durables

L’intelligence artificielle est une chance pour l’écologie et le développement durable. On pourrait même dire qu’elle en conditionne l’avenir. En témoigne une application en cours de conception, avec le projet Favia. Qu’est-ce que le projet Favia ? FAVIA est l’acronyme de Formulation Adaptative Via l’Intelligence Artificielle, et vise à prédire et adapter en temps réel les formulations et les paramètres de fabrication des matériaux intégrant des plastiques recyclésLe projet, lancé le 2 mai, est piloté par Materi’act, filiale du Groupe Forvia. Materi’act développe des matériaux durables dont la caractéristique commune est de présenter une très faible empreinte CO2. L’objectif est de produire d’ici 2030 des matériaux présentant une réduction d’impact carbone allant jusqu’à 85% par rapport aux matériaux existants. Ces nouveaux matériaux intègrent notamment une part de plus en plus importante de matières recyclées, combinées à de la biomasse.Les caractéristiques des matières recyclées sont par définition variables alors que le produit final doit présenter des qualités constantes et normées. Pour pouvoir maîtriser cette variabilité, le projet FAVIA a pour objectif d’anticiper, grâce à l’intelligence artificielle, les formulations et les paramètres de production. Un projet soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes Materi’act intègre à ses côtés deux PME régionales : Aryballe, spécialisée dans les capteurs de COV (Composés Organiques Volatiles) et Pollen Metrology, spécialisée dans les logiciels d’intelligence artificielle orientés pour l’optimisation de la production de matériaux innovants ; ainsi que le Centre Technique Industriel de la Plasturgie et des Composites (IPC). Par ailleurs, le projet FAVIA est soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui a mobilisé 3,6 millions d’euros de fonds structurels européens FEDER (Fonds Européen de Développement Régional).


25 avril 2024

Connaissez-vous le frass ?

Le frass est en passe de s’imposer comme l’engrais du futur. Totalement naturel, complet, riche en nutriment, sans aucun pesticide ni antibiotique, il pourrait remplacer avantageusement les engrais chimiques dans notre agriculture.Mais qu’est-ce donc que le frass ? Eh bien, c’est le nom donné aux déjections des insectes. Un mot issu de l’anglais, mais on ne pestera pas sur cette origine, car le français ne possède aucun mot pour cette réalité. Nous connaissions bien pourtant le crottin, la bouse, les fientes, les pétoulettes (pour le mouton et les chèvres), engrais bien connus et utilisés depuis des millénaires.Le frass fera donc bientôt son entrée dans nos dictionnaires, et dans nos habitudes agricoles et de jardinage. Car ce frass présente de nombreux avantages :– il est 100 % naturel– il est complet et équilibré en azote, phosphore et potassium ;– présenté sous forme de granulés, il est très facile à utiliser ;– inodore, il ne crée pas de nuisance dans le voisinage. De plus, le frass s’inscrit pleinement dans une démarche d’économie circulaire, puisqu’il s’agit de la valorisation des déjections des insectes élevés pour la nutrition animale, en particulier l’aquaculture. Une double fonction Le frass a une double rôle– Amendement : grâce à sa teneur élevée en matière organique (85%), il améliore la structure du sol en le rendant plus léger et en stimulant l’activité biologique.– Engrais : riche en nutriments, il fertilise les plantes en apportant les éléments nutritifs nécessaires à leur croissance. Il augmente le rendement des cultures et la floraison des plantes ornementales, tout en leur offrant une meilleure résistance à la sécheresse estivale. Le frass d’algoflash Naturasol est issu du Tenebrio molitor, et a été développé par Ynsect, l’entreprise française bien connue pour ses produits issus d’insectes.Pour l’instant, quelques dizaines de tonnes sont livrées. Mais bientôt, ce seront « des centaines de tonnes et milliers de tonnes », annonce Antoine Hubert, le co-fondateur d’Ynsect.


08 avril 2024

Sodium-ion Vs lithium-ion : le match dans nos batteries

Alors que le tout électrique s’est déjà imposé dans l’imaginaire du futur énergétique, deux questions restent en suspens, et l’objet de toutes les attentions des pouvoirs publics, et de toutes les initiatives des start-up. La première est celle de la production : nucléaire ou renouvelables ? La seconde, est celle du stockage, et elle pourrait s’avérer être la plus importante, et la plus déterminante, car influant grandement les choix de production.   Le stockage a toujours été le parent pauvre de la recherche dans le domaine de l’électricité, car les problèmes de fourniture de quantité adéquate au bon moment relevaient surtout de la gestion de l’équilibre entre offre et demande, entre production et consommation : quelques algorithmes savaient très bien les résoudre. Il est donc tout à fait normal que le stockage électrique ait bénéficié d’une très faible innovation. Il suffit pour s’en convaincre de constater que les batteries des voitures thermiques actuelles fonctionnent encore au plomb, sur un principe inventé en… 1859, par le physicien français Gaston Planté. Et l’on comprend mieux pourquoi le potentiel d’innovation est immense : il est à la mesure de la stagnation qui a perduré pendant un siècle et demi. Tout a changé depuis quelques années, sous l’effet de deux facteurs : la multiplication des usages déportés de l’électricité, et l’apparition des énergies renouvelables. Les usages déportés, ce sont d’abord les téléphones portables, mais aussi les ordinateurs portables, les outils, et plus récemment les véhicules électriques. Les énergies renouvelables, dont le plus gros potentiel de développement se trouve dans le solaire et l’éolien, intermittents par nature, demandent, elles aussi, des capacités de stockage considérables.Ainsi, le marché mondial des systèmes de stockage d’énergie par batterie devrait atteindre 33 milliards de dollars d’ici 2029, contre 8,5 milliards en 2020, soit une croissance annuelle moyenne de 16 %.De quoi ouvrir les appétits des start-ups et des grands groupes. Les usages déportés doivent répondre à un cahier des charges complexes, à plusieurs dimensions : fiabilité, capacité et coût bien entendu, mais aussi et surtout taille, poids, rapidité de charge, opérabilité par tous les temps… Pour ce qui est des énergies renouvelables, ce seront surtout les capacités qui seront requises.Parmi les solutions possibles pour répondre à ces divers cahiers des charges, le lithium-ion a eu le vent en poupe pendant longtemps. Mais son temps est peut-être révolu, car la technologie semble avoir atteint ses limites physiques, en termes de capacités, et surtout elle présente plusieurs inconvénients majeurs, qui pourraient obérer son développement : la rareté de la ressource, les difficultés d’extraction, et des coûts environnementaux exorbitants, de moins en moins acceptés par les populations (y compris en Chine). Le match inconvénients / avantages La solution sodium-ion présente quelques inconvénients, mais aussi de nombreux avantages. Les deux principaux inconvénients résident dans sa moindre performance, en termes capacitaires et de durée de vie, l’atome de sodium étant plus lourd que celui du lithium. Mais la performance brute ne suffit pas à assurer le succès d’une technologie, et de nombreux autres paramètres peuvent entrer en ligne de compte. Parmi les avantages du sodium-ion, on peut citer :   En résumé, on pourrait assister à une répartition des usages : les batteries sodium-ion sont bien adaptées aux applications sédentaires, telles que le stockage de l’énergie photovoltaïque et éolienne. Applications qui pourraient, à terme, représenter l’essentiel du marché.Mais la recherche est en constante ébullition, et d’autres technologies sont émergentes, comme les batteries à l’état solide, qui pourraient bouleverser le marché. Match à suivre, donc.


13 février 2024

Bruno Le Maire plaide pour une IA européenne

Bruno Le Maire intervenait le 9 février dernier dans le cadre du World AI Cannes Festival, l’événement majeur de l’Intelligence Artificielle en France. L’occasion pour lui de rappeler les enjeux de ce secteur en plein boom, où la France, au sein de l’Europe, doit tenir son rang.En effet, l’IA sera l’une des pierres angulaires du monde de demain, dans tous les domaines : économie, santé, éducation, lutte contre le réchauffement climatique, démocratie, culture. On pourrait aussi ajouter la sécurité et la Défense, enjeux qui ne sont plus occultables dans le contexte actuel de tensions géopolitiques extrêmes.  Pour le ministre de l’Économie, l’Europe, qui a inventé l’imprimerie, doit rester un lieu de ruptures et d’innovation, afin que la connaissance reste au coeur de son existence. L’Union européenne s’est faite la championne de la régulation sur internet, et il est vrai que le RGPD a influencé tout un courant de régulations dans le monde. Cependant, cela n’est pas suffisant : « Réguler c’est bien ; innover, c’est mieux », affirme-t-il, lançant un challenge aux instances européennes.La France, quant à elle, dispose de nombreux atouts pour devenir « la première nation de l’IA en Europe ». 4 atouts, et 2 faiblesses En premier lieu, son excellence scientifique, grâce à ses grandes écoles réputées et à ses centres de recherche. Dans ce cadre, le ministre plaise pour une liberté totale laissée aux institutions pour rémunérer leurs chercheurs, afin de la conserver sur le territoire français.Le deuxième atout est notre énergie décarbonée. L’IA est en effet très énergivore, même si les nouveaux modèles sont désormais beaucoup plus sobres. A terme, les serveurs et supercalculateurs nécessaires pourraient consommer pas d’un 1GW, soit la consommation d’une ville de 500 000 habitants, ou encore une demi centrale nucléaire. Aucune autre nation que la France ne peut produire cette énergie décarbonée.L’esprit d’entreprise représente également une force, et la France peut s’énorgueillir de quelques pépites : Hugginface, Lighton, Mistral, OVh Cloud…Enfin, dernier atout, notre modèle open source, qui garantit au plus grand nombre un accès à cette technologie, et lui conserve la propriété de ses données. C’est là un enjeu crucial d’indépendance et de souveraineté, indispensable pour lutter contre les armes juridiques liées à l’extraterritorialité que n’hésitent pas à utiliser les USA.Mais l’Europe présente aussi bien des faiblesses : une puissance de calcul très faible, encore largement dépendante de l’étranger, et des capacités de financement insuffisantes.  Sur ce dernier point, rappelons que Sam Altman, le fondateur d’OpenAI, propose de mettre sur la table 6000 milliards de dollars pour créer les infrastructures nécessaires au déploiement de l’IA. L’initiative Scale up Europe, lancée en 2022, et qui a pour objectif de proposer des financements aux scale-up (start-up en croissance) sans dépendre des fonds étrangers, notamment américains, visait, quant à elle, 10 milliards d’euros. On le voit, le changement d’échelle est impératif. Des solutions, à l’échelle européenne Pour gommer ces faiblesses, Bruno Le Maire défend deux mesures phares. La première est l’union des marchés de capitaux européens, nécessaire pour passer à l’échelle, car les financements bancaires seront insuffisants. Enfin, il met en avant la création du marché unique de la donnée, avec le Règlement européen sur les données, entré en vigueur en janvier 2024 : « Une place de marché régulée pour éviter les spéculations et garantir l’indépendance de l’Europe. » Dans l’expression consacrée « Intelligence Artificielle », le premier mot est intelligence. C’est en France que les Lumières ont fait leur apparition. Nous pouvons continuer à les faire briller au-delà de nos frontières. Gageons que cela sera possible si nous apprenons à les alimenter avec l’énergie la plus renouvelable possible.


08 janvier 2024

CES Las Vegas, la tech est de retour

Le salon CES (Consumer Electronic Show), ouvre ses portes, à Las Vegas, du 9 au 12 janvier. Plus de 130.000 personnes visiteront les stands de plus de 4000 entreprises, dont 150 start-up françaises. 135 seront présentes dans l’Eureka Park, sous l’égide de leur région, et 15 constructeurs automobiles exposeront dans un espace réservé à la mobilité, enjeu majeur de cette année. Parmi ces start-ups, Focus sur EX9, une entreprise ex9 est une société française créée en 2021 par Ksénia DUARTE (CEO) et Enzo SALVATORE (CTO), qui opère dans le secteur de la logistique. La start-up déploie une solution complète pour l’automatisation des déplacements de charges lourdes (remorques, conteneurs, palettes, etc.) au niveau des terminaux. Concrètement, des robots-tracteurs autonomes électriques sont intégrés au processus opérationnel du site. Les performances sont améliorées, d’une part par une fluidification des opérations mais aussi par une réduction des coûts et des risques d’accidents. Au cœur de cette solution, l’entreprise a créé un système Autopilot, une couche logicielle basée sur l’IA qui connecte les robots avec une « tour de contrôle » informatique à distance. De plus, la solution d’automatisation d’EX9 réduit les émissions des GES en optimisant la manière dont la flotte est utilisée. Elle permet notamment de diminuer les temps d’inactivité des moteurs, et de s’assurer que les robots empruntent toujours les parcours les plus adaptés. En France, la solution réduirait les émissions de CO2 de 94 % par rapport aux tracteurs terminaux diesel, qui constituent encore plus de 98 % du parc actuel. La réduction de la pollution sonore est également un aspect très important, en particulier pour les Entrepôts et plateformes situés dans en zones urbaines ou péri-urbaines densément peuplées. Cette solution a été testée avec succès chez DHL, sur le site de Mitry-Mory (France), sélectionné par l’opérateur pour la complexité et la diversité des types de chargements et des marchandises qu’il traite.


25 octobre 2023

Construction immobilière : réduire les émissions de CO2 de 95 %

Peut-on réduire les émissions de CO2 de 95 % dans la construction immobilière ? Oui, et c’est la performance que promet le groupe Crédit Agricole Immobilier pour le programme résidentiel « Be fine », situé à Melun, en Seine-et-Marne, qui sera livré en 2025. Un programme remarquable, qui combine trois innovations : • L’utilisation de panneaux préfabriqués de béton de chanvre et bois• La construction hors site.• Le circuit court. Utiliser le béton de chanvre et bois 160 000 kg de béton de chanvre seront utilisés pour les 4 600 m2 de murs de façades du programme « Be Fine », ce qui représente 10 000 kg de CO2 émis, alors qu’en béton classique, cela aurait représenté l’émission de 188 000 kg de CO2. Soit une économie de 95 %. Construire hors site Les panneaux de façade seront fabriqués par WALL’UP Préfa, première usine de France de panneau préfabriqué isolé en béton de chanvre sur base ossature bois. Concrètement, il s’agit de préfabriquer en usine les facades des habitations qui seront ensuite assemblées sur le chantier.  Le choix de ce mode de construction a plusieurs avantages qui sont de réduire la durée des chantiers de manière significative, de s’affranchir des aléas climatiques, de lutter contre la pénibilité des chantiers et enfin de limiter les nuisances pour les riverains pendant le chantier. L’empreinte carbone de la construction hors site est moindre de l’ordre de 40 % par rapport à un chantier traditionnel par la baisse du nombre de trajets, celle des déchets, additionnée avec l’utilisation des matériaux biosourcés. En circuit court L’usine WALL’UP Préfa est implantée en Seine-et-Marne, non loin du chantier. Par ailleurs, le chanvre utilisé est issu de chanvrières d’Ile-de France. (Petit cocorico : la France est le leader européen de la production de chanvre, et le 3e dans le monde.) RE 2020 et NF Habitat HQE    Bien entendu, le programme respecte les normes environnementales NF Habitat HQE, ainsi que RE 2020 (pour les immeubles collectifs), et RT 2012 biosourcé niveau 2 (pour les maisons). Ainsi, les futurs résidents bénéficieront de logements peu énergivores, mieux isolés, leur permettant de réduire leurs dépenses énergétiques. Selon Franck Hélary, Directeur général de Crédit Agricole Immobilier Corporate et Promotion, « Ce programme est une illustration parfaite de la volonté du groupe Crédit Agricole d’accompagner ses clients et la société dans leur transition énergétique et de sa capacité à faire émerger des solutions locales avec les acteurs du territoire. » Données-clés :

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Hydrogène, mirage ou promesse technologique ?

09 septembre 2026

Hydrogène : serpent de mer ou vraie promesse énergétique ?

Depuis longtemps présenté comme une solution miracle pour notre transition énergétique, l’hydrogène revient régulièrement sur le devant de la scène. Plans d’investissement, annonces industrielles, découvertes spectaculaires… À chaque fois, la même promesse : celle d’un vecteur capable de décarboner massivement l’économie. Mais derrière l’enthousiasme, une question demeure : l’hydrogène est-il une solution crédible à grande échelle, ou un mirage technologique sans cesse relancé ? Le feuilleton énergétique qui tenait la France en haleine s’est conclu fin mars par une annonce inespérée. Les équipes de la Française de l’Énergie (FDE) ont confirmé la présence de ce qui pourrait être le plus grand gisement mondial d’hydrogène natif en Moselle. Aussi grisante soit l’idée qu’il suffirait d’extraire cette ressource naturelle pour accélérer la transition énergétique, la réalité est bien plus complexe. « L’extraction à grande échelle d’hydrogène souterrain n’existe pas dans le monde », rappelle Inès Bouacida, chercheuse à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). « Nous n’avons actuellement pas du tout la technologie et les savoir-faire pour l’exploiter. » Même dans un scénario favorable, les délais seraient longs : plusieurs années, voire des décennies, avant une exploitation industrielle. « Mais ce n’est certainement pas une raison de baisser les bras sur les autres formes d’hydrogène », prévient Nicolas Brahy, président de France Hydrogène. Ces autres formes d’hydrogène, ce sont les hydrogènes décarbonés, à savoir l’hydrogène bas carbone, produit avec une part importante d’électricité nucléaire, et l’hydrogène renouvelable, fabriqué avec de l’électricité d’origine renouvelable. En 2020, la France avait affiché son ambition de devenir l’un des pays leader de l’hydrogène décarboné d’ici à dix ans. Elle avait ainsi mis sur la table 9 milliards d’euros lors de la publication de sa première Stratégie nationale hydrogène. Décarboner l’industrie, une priorité Car l’hydrogène n’est pas qu’un pari sur l’avenir : il constitue déjà une réalité bien installée dans le secteur industriel (environ 900 000 tonnes/an). « Aujourd’hui, 80 % de l’hydrogène est utilisé dans le raffinage et les engrais », indique Luc Bodineau, coordinateur du pôle hydrogène à l’Ademe. Or celui-ci est issu à 95 % de la transformation d’énergies fossiles, dont pour près de la moitié à partir de gaz naturel. À l’heure actuelle, sa production est responsable de l’émission de 11,5 Mt de CO2 par an, soit environ 3 % des émissions nationales. « L’un des premiers enjeux est de remplacer cet hydrogène par de l’hydrogène bas carbone ou de l’hydrogène renouvelable dans le domaine industriel », explique-t-il. « Aujourd’hui, 80 % de l’hydrogène est utilisé dans le raffinage et les engrais » Portée par la Stratégie nationale hydrogène, plusieurs projets industriels majeurs sont en cours, notamment dans les secteurs de la raffinerie et de la chimie. À Port-Jérôme, en Normandie, le plus gros électrolyseur de France (200 MW) devrait être mis en service d’ici la fin de l’été par Air liquide pour fournir en hydrogène décarboné la raffinerie TotalEnergies de Gonfreville. Dans cette même ville, le producteur et fournisseur d’hydrogène Lhyfe développe aussi un site de 100 MW à horizon 2029. Selon Nicolas Brahy, « au moins trois autres projets dans les raffineries » devraient démarrer suite à l’entrée en vigueur début 2027 de l’Iricc, ce mécanisme public de soutien économique incitant à la réduction de l’intensité carbone des carburants. Mobilité légère, la fausse route de l’hydrogène Si le remplacement, dans l’industrie, de l’hydrogène d’origine fossile par de l’hydrogène décarboné apparaît comme une solution prioritaire et bien engagée, l’incorporation de ce dernier dans le secteur de la mobilité est plus délicate. Longtemps présenté comme une alternative crédible à la voiture électrique, les projets liés à l’hydrogène pour les véhicules légers ont finalement suscité beaucoup de déception… et de fiascos industriels. L’an dernier, le groupe Stellantis a annoncé abandonner ses projets, évoquant « un segment de niche ». Quelques mois plus tard, le fabricant d’utilitaires à hydrogène Hyvia, coentreprise de Renault, avait été placée en liquidation judiciaire. « La bataille a été perdue » Alors qu’il s’agit, pour Nicolas Brahy, d’un « gigantesque gâchis » lié en partie au « doute de l’État », Inès Bouacida explique ces abandons par le fait qu’il existe déjà « des solutions à batterie technologiquement plus développées, moins chères et qui vont le rester ». « La bataille a été perdue », tranche la chercheuse à l’IDDRI. Luc Bodineau évoque, lui, « une forme de bulle après les années 2020 », apparue après le lancement de la Stratégie nationale hydrogène. L’hydrogène sur la ligne de départ pour les poids-lourds L’hydrogène conserve néanmoins des atouts là où l’électrification atteint ses limites, comme dans le transport routier lourd. « 60% des poids lourds en Europe font moins de 500 kilomètres par jour et peuvent être équipés de batteries. Mais la question se pose pour la minorité de camions qui effectue des trajets plus longs », pointe Inès Bouacida. Au début de l’année, Daimler Truck a annoncé la production en petite série de son premier poids lourd doté d’une pile à combustible à hydrogène à partir de fin 2026. Celui-ci serait capable de rouler plus de 1000 kilomètres avec un poids total en charge d’environ 40 tonnes. Volvo, lui, a annoncé en avril travailler sur un poids lourd doté d’un moteur thermique fonctionnant à l’hydrogène. Selon le Baromètre annuel de France Hydrogène, 2 146 véhicules hydrogène routiers étaient déjà en circulation fin 2025, soit une progression de +20 % par rapport à 2024. Cette flotte se compose de 1 804 véhicules particuliers, 206 véhicules utilitaires légers, 76 bus, 39 autocars, 9 camions et 12 camions bennes à ordures ménagères. La France, leader européen des projets de carburant de synthèse Dans le maritime et l’aérien, l’électrification directe est tout autant difficile, voire impossible. Là encore, l’hydrogène s’impose comme l’une des solutions. Pour l’aviation, la molécule peut permettre la production de kérosène de synthèse, un carburant qui a l’avantage de pouvoir être utilisé dans les avions existants, sans modification majeure. « La France est le pays d’Europe, et quasiment du monde, qui a le plus de projets e-SAF [carburants de synthèse, ndlr.]. 30% des projets européens sont menés dans notre pays », se félicite Nicolas Brahy. “La France est le pays d’Europe, et quasiment du monde, qui a le plus de projets e-SAF” Dans le maritime, les options sont plus diversifiées. L’hydrogène permet de produire du méthanol ou de l’ammoniac, deux carburants susceptibles de remplacer progressivement le diesel marin. Pour pousser le secteur, qui nécessite des investissements massifs et surtout une visibilité sur le long terme, Nicolas Brahy demande un cadre réglementaire incitatif soutenant la production. « Comme tous les sous-secteurs de la transition énergétique, le démarrage est 100% dépendant des politiques publiques. Il ne faut pas que le gouvernement flanche, au risque d’enclencher un cercle négatif », s’alarme-t-il. Des coûts économiques et environnementaux à prendre en compte Portée par la Stratégie nationale hydrogène, la filière repose effectivement encore sur un soutien étatique massif. Le Gouvernement prévoit au total l’installation de 4,5 GW d’électrolyseurs d’ici 2030 et la création de 8 000 emplois directs. « L’hydrogène produit dans les territoires sera issu d’une électricité fabriquée localement. Ce vecteur s’inscrit dans le cadre de la souveraineté énergétique de la France et des territoires », souligne Luc Bodineau. De l’industrie à la mobilité, en passant par l’emploi et la souveraineté, l’hydrogène décarboné promet beaucoup, mais pose tout autant de défis. Car le produire reste très coûteux : 5 à 10 euros le kilo en moyenne, en fonction de la taille et de la nature des unités de production, contre seulement 1,50 à 2 euros pour l’hydrogène produit à partir de gaz naturel, selon la Chambre des commerces et de l’industrie. « Plus de la moitié du coût est portée par celui de l’électricité », explique Nicolas Brahy qui ajoute « La France a les moyens de le faire baisser » et évoque l’importance de conserver une « visibilité sur la compensation carbone post-2030 ». L’amoindrissement des coûts devrait aussi être portée, selon le président de France Hydrogène, par la multiplication des projets. « Chacun d’entre eux est pour le moment fait sur mesure, avec des marges pour couvrir les risques ». “La transition par l’hydrogène doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur nos modes de vie.” Au-delà du coût économique, la production d’hydrogène a aussi un coût environnemental non négligeable. Produire un kilo d’hydrogène nécessite en effet environ 10 litres d’eau. À Port-Jérôme, « la consommation d’eau annuelle s’établirait là entre 400 000 et 900 000 mètres cubes, soit l’équivalent de la consommation en eau de 15 000 à 30 000 foyers », rapporte Luc Bodineau. « L’hydrogène vert [décarboné, ndlr.] demande des quantités d’énergie électrique importantes, environ sept fois supérieures aux quantités d’énergie thermique nécessaires pour produire de l’hydrogène à partir du méthane », détaillait d’autre part en 2024 l’Académie des sciences dans un rapport. Bien que la France dispose d’une capacité énergétique renouvelable conséquente, l’Ademe soulevait en mars dernier un risque de tension, suivant les règlements européens ReFuelEU Aviation et FuelEU Maritime qui fixent respectivement un minimum de 35% d’e-carburants et une baisse de 80% d’intensité en gaz à effet de serre des carburants des navires d’ici à 2050. « Pour produire l’électricité nécessaire à la production de e-kérosène, il faudrait l’équivalent de huit EPR comme Flamanville et une consommation en eau 30 à 45 millions de mètres cubes, c’est 15 à 30 % de la consommation française d’eau industrielle. Si on ajoute le secteur maritime, c’est jusqu’à 11 EPR », alerte Luc Bodineau.  « La transition par l’hydrogène doit aussi s’accompagner d’une réflexion sur nos modes de vie, de déplacement, de consommation et de production. Si nous ne remettons rien en cause, nous n’y arriverons pas », prévient le coordinateur du pôle hydrogène de l’Ademe. « L’hydrogène est l’une des briques de la transition énergétique, mais ce n’est pas la seule », rappelle Inès Bouacida. Ni véritable serpent de mer, ni promesse miracle, l’hydrogène s’impose donc plutôt comme un levier parmi d’autres de la transition énergétique.  

Mathilde Moulin

03 février 2026

Mathilde Moulin met la réutilisation des eaux grises à portée des particuliers

Jeune start-up provençale, Wadi, co-fondée avec Damien Oursel, réutilise l’eau des douches et lavabos pour les toilettes, machines à laver et systèmes d’arrosage. Le but : rendre tout un chacun facilement plus autonome et résilient, même sur un marché encore balbutiant. Quelle est l’innovation de votre système de récupération des eaux grises ? Mathilde Moulin : Nous sommes conformes à la réglementation de 2024 ! L’autre chose, c’est l’agilité de notre système : il s’adapte à l’existant – services de distribution d’eau des maisons, petits immeubles, campings – il est sur-mesure, pour aller directement et rapidement sur le terrain, et surtout accessible financièrement : il faut compter 2 à 3 000 euros, deux jours d’installation et un pan de mur d’un mètre carré de disponible pour la pose de l’unité de traitement ainsi qu’un espace au sol pour une cuve de stockage de 200 litres. Wadi permet d’économiser jusqu’à 40 % sur sa facture d’eau, et de s’adapter face aux sécheresses et aux restrictions. Votre parcours est mêlé à la potabilisation de l’eau… Je travaille depuis 12 ans, dans le cadre d’une entreprise familiale, sur la repotabilisation des eaux grises pour rendre l’habitat autonome. Wadi est la version ultra simplifiée de notre technologie, Geopure, qui est légale sur nos territoires. Votre modèle d’affaires est basé sur la vente directe ? Oui, nous avons déjà installé une vingtaine de solutions depuis l’automne 2024. Pour cela, nous avons levé 450 000 euros en 2024 auprès de business angels et de Kiss Studio, l’incubateur de Voyage Privé. Nous visons la vente de 200 unités pour 2026 et un chiffre d’affaires de 600 000 euros. La taille du marché est celle du parc de logements sur le territoire et de sa croissance, nous avons de la marge ! Quelles sont vos prochaines étapes ? Déployer un réseau de plombiers agréés capables d’installer notre système auprès des particuliers. Et travailler avec des bailleurs sociaux, des immeubles, des architectes, pour intégrer Wadi en amont dans la conception des bâtiments. Les appels d’offres se multiplient, nous commençons à signer nos premiers contrats avec des bailleurs. Mais pour l’instant, ceux qui sont sensibilisés sont ceux qui ont déjà fait face à des restrictions. C’est la jeunesse du marché qui rend compliqué de prévoir sa croissance ? En effet, le marché actuel est quasi inexistant, et inextricablement corrélé aux événements climatiques, aux conflits d’usage qui en découleront et à la volonté politique d’aller vers une meilleure gestion de l’eau à l’échelle nationale et d’intégrer la réutilisation aux plans d’urbanisation. Nous savons qu’à un moment cela va décoller, et vite, mais il est très difficile de faire des projections. Nous serons prêts !

12 février 2026

Mode durable : le géant de la sneaker éco-responsable s’associe à la jeune pousse Prolong

Rendre la réparation plus simple que le rachat d’un produit neuf ? C’est l’ambition de la start-up Prolong. Lancée en 2023 entre Paris et Nantes, elle a mis au point une plateforme de gestion du service après-vente pour marques et distributeurs. Deux ans plus tard, elle signe un partenariat avec le leader français de la basket écologique Veja. Retour sur une collaboration à succès. Révolutionner le SAV Prolong est née d’un chiffre : la réparation d’un produit textile peut réduire son impact environnemental de 30 %, selon l’ONG britannique WRAP. La start-up accompagne aujourd’hui une dizaine de marques, du textile à la joaillerie en passant par la maroquinerie et la chaussure, dans l’orchestration de leur service après-vente. The North Face, Fusalp ou Bocage leur font déjà confiance. « On les aide à prolonger la durée de vie du produit, de la retouche à la personnalisation en passant par le recyclage s’il est irrécupérable », avance Tanguy Frécon, cofondateur et directeur général de la jeune pousse. Un partenariat comme une évidence… L’alliance avec Veja, acteur pionnier sur la réparation, s’est imposée naturellement. « Ils ont leur propre cordonnerie depuis longtemps », rappelle Tanguy Frécon, faisant référence à la boutique VEJA General Store dans le 10e arrondissement de Paris. Mais la gestion du service après-vente restait difficile pour Veja. « Nous voulions que l’expérience de réparation soit aussi fluide et soignée que celle de l’achat », souligne Daniel Schmitt, responsable des opérations réparation chez Veja. Les résultats sont déjà prometteurs : « Les premiers retours sont incroyables en termes de réduction de délais de traitement, et de satisfaction client, avec déjà des centaines de réparations », rapporte le cofondateur de Prolong. … Pour ouvrir la voie La suite ? Équiper les boutiques Veja partout en France, puis en Europe, et pourquoi pas à l’autre bout du monde – Japon et États-Unis notamment. Une solution globale, multicanale, et qui permet de tout gérer, de la communication client au suivi des pièces détachées : voilà l’ambition de la jeune pépite française pour le géant de la chaussure éco-responsable. Le début d’une belle histoire, qui pourrait servir de modèle à toute une industrie. Légende : Prolong est une plateforme SaaS B2B qui centralise les retours, réparations, remboursements et services d’entretien pour des marques issues des filières mode, chaussure, joaillerie, accessoires et équipement outdoor.

25 février 2026

Eenuée & Duqueine : Un partenariat d’avenir pour faire voler un avion électrique en 2033

Un avion 100 % électrique qui relie Limoges à Lyon au même prix qu’un TGV ? C’est toute l’ambition de la jeune pousse ligérienne Eenuée, qui vient de signer un partenariat stratégique avec le groupe Duqueine. Par Laurie Bruno Depuis 2019, Eenuée développe un avion décarboné prometteur : 11 fois moins d’énergie consommée qu’un avion classique, zéro émission en vol, et des nuisances sonores très faibles. Un avion capable d’atterrir sur de très petites distances, y compris dans l’eau, et qui pourrait transporter en toute autonomie 19 passagers sur des trajets allant jusqu’à 500 kilomètres d’ici 2033. Concilier décarbonation de l’aviation et désenclavement territorial « Comme on décarbone l’automobile ou le naval, il faut aussi décarboner l’aérien, car c’est un secteur en pleine croissance », avance Baptiste Guiliani, bras droit du fondateur d’Eenuée, Éric Herzberger. C’est pourquoi la start-up stéphanoise s’est associée au groupe Duqueine, fournisseur clé d’Airbus, et dont l’expertise industrielle est largement reconnue. L’avion issu de ce partenariat sera déployé dans un premier temps en Auvergne-Rhône-Alpes, région montagneuse enclavée, pour relier les territoires isolés. « On envisage un vol de Lyon vers Limoges et Clermont-Ferrand, deux villes qui ont de grands enjeux de mobilité. Legrand et Michelin, les deux seules entreprises du CAC 40 à ne pas être sur Paris, se plaignent énormément de leur enclavement », déplore Baptiste Guiliani. Un avion pensé par et pour les territoires Une solution propre, accessible, et sans investissement public majeur, ancrée territorialement. « Ce partenariat, c’est aussi une démarche locale. Pour nous, c’est essentiel de fédérer les réseaux industriels, car c’est comme ça qu’on construit une vraie dynamique autour de l’innovation et de la mobilité durable. » Prochaine étape : un avion certifiable de 8 mètres d’envergure. « On a fait voler un avion de 4-5 mètres d’envergure pour confirmer nos théories. Maintenant, on développe un appareil certifiable deux fois plus grand. », explique Baptiste Guiliani, ajoutant que c’est ce partenariat qui va « permettre de définir la structure optimale de l’avion final. »

Adaozañ - éco-matériau design à base de pommes. Photo : Le Studio de Fanfan

20 juillet 2026

Adaozañ transforme le marc de pomme en éco-matériau design

De leur atelier de Quimperlé s’échappe une douce odeur de pomme caramélisée. Pourtant, rien de comestible n’en est jamais sorti. Youenn Le Pocréau, designer, et Guillaume Bournigal, menuisier et métallier, travaillent en fait sur un produit étonnant : des revêtements en marc de pomme. Ces deux jeunes Bretons ont découvert en visitant une cidrerie bretonne en 2020 la problématique de ce déchet. Chaque automne, des centaines de milliers de tonnes de marc de pomme sont obtenues suite à la fabrication de cidre, sans réelle solution de revalorisation. “Son acidité rend son utilisation compliquée, en épandage comme en alimentation animale. Même sa méthanisation n’offre qu’un rendement médiocre”, explique Youenn Le Procréau. Un éco-matériau à base de pommes En thermo-agglomérant ce marc, les deux entrepreneurs parviennent à obtenir un éco-matériau aux teintes variant de l’ocre au brun, le tout sans liant chimique ou pétro-sourcé. “Le matériau ne contient rien d’autre que de la pomme — et se composte naturellement en fin de vie”, précise le designer. 10 kilos de marc sont nécessaires pour produire 1 mètre carré de panneaux.  Après deux projets pilotes menés dans la capitale, l’un à La Grande Epicerie de Paris et l’autre à L’Académie du Climat, Youenn Le Pocréau et Guillaume Bournigal sont en train de remplir leur carnet de commandes, que ce soit pour des projets de revêtement mural, ou la production de panneaux d’agencement (façade de comptoir, de placard…). Pour en savoir plus : Adaozañ

SAO Textile recycle des filets de pêche pour les transformer en fibre textile écoresponsable.

21 juillet 2026

SAO Textile transforme les filets de pêche en fil d’avenir

Tout est parti d’un électrochoc. Celui vécu par une styliste passionnée confrontée, lors d’un déplacement professionnel, à la réalité des usines textiles en Asie. De ce déclic est née SAO Textile, une société à mission fondée en 2023 à Bessan, dans l’Hérault, qui recycle des filets de pêche pour les transformer en fibre textile écoresponsable. Du Bangladesh aux filets de pêche Devenir styliste était pour Marine Olacia un rêve d’enfant. La flamme vacille en 2017 lorsque, après 15 ans de carrière, l’Héraultaise est confrontée à l’envers du décors lors d’un voyage professionnel au Bangladesh. “Le choc a été immense. J’ai eu une vraie prise de conscience et une envie de continuer de faire la mode, mais autrement”, se souvient-elle. Son engagement auprès de l’association Project Rescue Ocean, à Marseille, esquisse les contours de SAO Textile. Marine Olacia découvre la problématique des filets de pêche, pour lesquels aucune solution de recyclage n’est prévue malgré un temps de décomposition estimé à 600 ans. Selon le ministère de la Transition Écologique, 640.000 tonnes d’entre eux sont par ailleurs perdus ou rejetés chaque année en mer, représentant plus de 10 % de la pollution plastique sous-marine. Une fibre écoresponsable 100% française Dans la tête de Marine Olacia se tisse alors une idée novatrice : celle de donner une seconde vie aux filets de polyamide utilisés pour la pêche au thon en les transformant en fibre textile. Mais si le recyclage des filets est techniquement possible, aucune filière structurée n’existe encore en France. Marine Olacia mobilise alors pêcheurs et industriels autour de son projet. Avec l’aide de chercheurs, elle développe un procédé de recyclage thermo-mécanique transformant les filets en granulés plastique, puis en fil de polyamide. “Avec 1kg de filets de pêche, nous pouvons obtenir 20 kilomètres de fil recyclé, soit 7 tee-shirts techniques”, explique l’entrepreneuse. Le processus ne nécessite aucun ajout de matière vierge ni de substance chimique. Cap sur les premières collaborations Depuis 2023, plus de 150 tonnes de filets ont déjà été collectés en Occitanie. La startup, labellisée Greentech Innovation en 2025, ambitionne de commercialiser cette fibre dans les mois à venir auprès des marques et industriels, leur offrant une solution de production relocalisée, du fil à la confection. La proposition a déjà piqué l’intérêt de nombreux acteurs, alors que la loi AGEC engage la filière textile à prendre ses responsabilités environnementales. “Nous avons deux tests actifs en cours : l’un pour le développement d’une chaussure de sport, l’autre pour le secteur de la Défense”, précise Marine Olacia. Par la suite, elle envisage de développer sa propre gamme de vêtements techniques recyclés. À la croisée des enjeux industriels, environnementaux et de souveraineté, SAO Textile fait des déchets marins une ressource d’avenir.

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