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25 avril 2024

Connaissez-vous le frass ?

Le frass est en passe de s’imposer comme l’engrais du futur. Totalement naturel, complet, riche en nutriment, sans aucun pesticide ni antibiotique, il pourrait remplacer avantageusement les engrais chimiques dans notre agriculture.Mais qu’est-ce donc que le frass ? Eh bien, c’est le nom donné aux déjections des insectes. Un mot issu de l’anglais, mais on ne pestera pas sur cette origine, car le français ne possède aucun mot pour cette réalité. Nous connaissions bien pourtant le crottin, la bouse, les fientes, les pétoulettes (pour le mouton et les chèvres), engrais bien connus et utilisés depuis des millénaires.Le frass fera donc bientôt son entrée dans nos dictionnaires, et dans nos habitudes agricoles et de jardinage. Car ce frass présente de nombreux avantages :– il est 100 % naturel– il est complet et équilibré en azote, phosphore et potassium ;– présenté sous forme de granulés, il est très facile à utiliser ;– inodore, il ne crée pas de nuisance dans le voisinage. De plus, le frass s’inscrit pleinement dans une démarche d’économie circulaire, puisqu’il s’agit de la valorisation des déjections des insectes élevés pour la nutrition animale, en particulier l’aquaculture. Une double fonction Le frass a une double rôle– Amendement : grâce à sa teneur élevée en matière organique (85%), il améliore la structure du sol en le rendant plus léger et en stimulant l’activité biologique.– Engrais : riche en nutriments, il fertilise les plantes en apportant les éléments nutritifs nécessaires à leur croissance. Il augmente le rendement des cultures et la floraison des plantes ornementales, tout en leur offrant une meilleure résistance à la sécheresse estivale. Le frass d’algoflash Naturasol est issu du Tenebrio molitor, et a été développé par Ynsect, l’entreprise française bien connue pour ses produits issus d’insectes.Pour l’instant, quelques dizaines de tonnes sont livrées. Mais bientôt, ce seront « des centaines de tonnes et milliers de tonnes », annonce Antoine Hubert, le co-fondateur d’Ynsect.


08 avril 2024

Sodium-ion Vs lithium-ion : le match dans nos batteries

Alors que le tout électrique s’est déjà imposé dans l’imaginaire du futur énergétique, deux questions restent en suspens, et l’objet de toutes les attentions des pouvoirs publics, et de toutes les initiatives des start-up. La première est celle de la production : nucléaire ou renouvelables ? La seconde, est celle du stockage, et elle pourrait s’avérer être la plus importante, et la plus déterminante, car influant grandement les choix de production.   Le stockage a toujours été le parent pauvre de la recherche dans le domaine de l’électricité, car les problèmes de fourniture de quantité adéquate au bon moment relevaient surtout de la gestion de l’équilibre entre offre et demande, entre production et consommation : quelques algorithmes savaient très bien les résoudre. Il est donc tout à fait normal que le stockage électrique ait bénéficié d’une très faible innovation. Il suffit pour s’en convaincre de constater que les batteries des voitures thermiques actuelles fonctionnent encore au plomb, sur un principe inventé en… 1859, par le physicien français Gaston Planté. Et l’on comprend mieux pourquoi le potentiel d’innovation est immense : il est à la mesure de la stagnation qui a perduré pendant un siècle et demi. Tout a changé depuis quelques années, sous l’effet de deux facteurs : la multiplication des usages déportés de l’électricité, et l’apparition des énergies renouvelables. Les usages déportés, ce sont d’abord les téléphones portables, mais aussi les ordinateurs portables, les outils, et plus récemment les véhicules électriques. Les énergies renouvelables, dont le plus gros potentiel de développement se trouve dans le solaire et l’éolien, intermittents par nature, demandent, elles aussi, des capacités de stockage considérables.Ainsi, le marché mondial des systèmes de stockage d’énergie par batterie devrait atteindre 33 milliards de dollars d’ici 2029, contre 8,5 milliards en 2020, soit une croissance annuelle moyenne de 16 %.De quoi ouvrir les appétits des start-ups et des grands groupes. Les usages déportés doivent répondre à un cahier des charges complexes, à plusieurs dimensions : fiabilité, capacité et coût bien entendu, mais aussi et surtout taille, poids, rapidité de charge, opérabilité par tous les temps… Pour ce qui est des énergies renouvelables, ce seront surtout les capacités qui seront requises.Parmi les solutions possibles pour répondre à ces divers cahiers des charges, le lithium-ion a eu le vent en poupe pendant longtemps. Mais son temps est peut-être révolu, car la technologie semble avoir atteint ses limites physiques, en termes de capacités, et surtout elle présente plusieurs inconvénients majeurs, qui pourraient obérer son développement : la rareté de la ressource, les difficultés d’extraction, et des coûts environnementaux exorbitants, de moins en moins acceptés par les populations (y compris en Chine). Le match inconvénients / avantages La solution sodium-ion présente quelques inconvénients, mais aussi de nombreux avantages. Les deux principaux inconvénients résident dans sa moindre performance, en termes capacitaires et de durée de vie, l’atome de sodium étant plus lourd que celui du lithium. Mais la performance brute ne suffit pas à assurer le succès d’une technologie, et de nombreux autres paramètres peuvent entrer en ligne de compte. Parmi les avantages du sodium-ion, on peut citer :   En résumé, on pourrait assister à une répartition des usages : les batteries sodium-ion sont bien adaptées aux applications sédentaires, telles que le stockage de l’énergie photovoltaïque et éolienne. Applications qui pourraient, à terme, représenter l’essentiel du marché.Mais la recherche est en constante ébullition, et d’autres technologies sont émergentes, comme les batteries à l’état solide, qui pourraient bouleverser le marché. Match à suivre, donc.


13 février 2024

Bruno Le Maire plaide pour une IA européenne

Bruno Le Maire intervenait le 9 février dernier dans le cadre du World AI Cannes Festival, l’événement majeur de l’Intelligence Artificielle en France. L’occasion pour lui de rappeler les enjeux de ce secteur en plein boom, où la France, au sein de l’Europe, doit tenir son rang.En effet, l’IA sera l’une des pierres angulaires du monde de demain, dans tous les domaines : économie, santé, éducation, lutte contre le réchauffement climatique, démocratie, culture. On pourrait aussi ajouter la sécurité et la Défense, enjeux qui ne sont plus occultables dans le contexte actuel de tensions géopolitiques extrêmes.  Pour le ministre de l’Économie, l’Europe, qui a inventé l’imprimerie, doit rester un lieu de ruptures et d’innovation, afin que la connaissance reste au coeur de son existence. L’Union européenne s’est faite la championne de la régulation sur internet, et il est vrai que le RGPD a influencé tout un courant de régulations dans le monde. Cependant, cela n’est pas suffisant : « Réguler c’est bien ; innover, c’est mieux », affirme-t-il, lançant un challenge aux instances européennes.La France, quant à elle, dispose de nombreux atouts pour devenir « la première nation de l’IA en Europe ». 4 atouts, et 2 faiblesses En premier lieu, son excellence scientifique, grâce à ses grandes écoles réputées et à ses centres de recherche. Dans ce cadre, le ministre plaise pour une liberté totale laissée aux institutions pour rémunérer leurs chercheurs, afin de la conserver sur le territoire français.Le deuxième atout est notre énergie décarbonée. L’IA est en effet très énergivore, même si les nouveaux modèles sont désormais beaucoup plus sobres. A terme, les serveurs et supercalculateurs nécessaires pourraient consommer pas d’un 1GW, soit la consommation d’une ville de 500 000 habitants, ou encore une demi centrale nucléaire. Aucune autre nation que la France ne peut produire cette énergie décarbonée.L’esprit d’entreprise représente également une force, et la France peut s’énorgueillir de quelques pépites : Hugginface, Lighton, Mistral, OVh Cloud…Enfin, dernier atout, notre modèle open source, qui garantit au plus grand nombre un accès à cette technologie, et lui conserve la propriété de ses données. C’est là un enjeu crucial d’indépendance et de souveraineté, indispensable pour lutter contre les armes juridiques liées à l’extraterritorialité que n’hésitent pas à utiliser les USA.Mais l’Europe présente aussi bien des faiblesses : une puissance de calcul très faible, encore largement dépendante de l’étranger, et des capacités de financement insuffisantes.  Sur ce dernier point, rappelons que Sam Altman, le fondateur d’OpenAI, propose de mettre sur la table 6000 milliards de dollars pour créer les infrastructures nécessaires au déploiement de l’IA. L’initiative Scale up Europe, lancée en 2022, et qui a pour objectif de proposer des financements aux scale-up (start-up en croissance) sans dépendre des fonds étrangers, notamment américains, visait, quant à elle, 10 milliards d’euros. On le voit, le changement d’échelle est impératif. Des solutions, à l’échelle européenne Pour gommer ces faiblesses, Bruno Le Maire défend deux mesures phares. La première est l’union des marchés de capitaux européens, nécessaire pour passer à l’échelle, car les financements bancaires seront insuffisants. Enfin, il met en avant la création du marché unique de la donnée, avec le Règlement européen sur les données, entré en vigueur en janvier 2024 : « Une place de marché régulée pour éviter les spéculations et garantir l’indépendance de l’Europe. » Dans l’expression consacrée « Intelligence Artificielle », le premier mot est intelligence. C’est en France que les Lumières ont fait leur apparition. Nous pouvons continuer à les faire briller au-delà de nos frontières. Gageons que cela sera possible si nous apprenons à les alimenter avec l’énergie la plus renouvelable possible.


08 janvier 2024

CES Las Vegas, la tech est de retour

Le salon CES (Consumer Electronic Show), ouvre ses portes, à Las Vegas, du 9 au 12 janvier. Plus de 130.000 personnes visiteront les stands de plus de 4000 entreprises, dont 150 start-up françaises. 135 seront présentes dans l’Eureka Park, sous l’égide de leur région, et 15 constructeurs automobiles exposeront dans un espace réservé à la mobilité, enjeu majeur de cette année. Parmi ces start-ups, Focus sur EX9, une entreprise ex9 est une société française créée en 2021 par Ksénia DUARTE (CEO) et Enzo SALVATORE (CTO), qui opère dans le secteur de la logistique. La start-up déploie une solution complète pour l’automatisation des déplacements de charges lourdes (remorques, conteneurs, palettes, etc.) au niveau des terminaux. Concrètement, des robots-tracteurs autonomes électriques sont intégrés au processus opérationnel du site. Les performances sont améliorées, d’une part par une fluidification des opérations mais aussi par une réduction des coûts et des risques d’accidents. Au cœur de cette solution, l’entreprise a créé un système Autopilot, une couche logicielle basée sur l’IA qui connecte les robots avec une « tour de contrôle » informatique à distance. De plus, la solution d’automatisation d’EX9 réduit les émissions des GES en optimisant la manière dont la flotte est utilisée. Elle permet notamment de diminuer les temps d’inactivité des moteurs, et de s’assurer que les robots empruntent toujours les parcours les plus adaptés. En France, la solution réduirait les émissions de CO2 de 94 % par rapport aux tracteurs terminaux diesel, qui constituent encore plus de 98 % du parc actuel. La réduction de la pollution sonore est également un aspect très important, en particulier pour les Entrepôts et plateformes situés dans en zones urbaines ou péri-urbaines densément peuplées. Cette solution a été testée avec succès chez DHL, sur le site de Mitry-Mory (France), sélectionné par l’opérateur pour la complexité et la diversité des types de chargements et des marchandises qu’il traite.


25 octobre 2023

Construction immobilière : réduire les émissions de CO2 de 95 %

Peut-on réduire les émissions de CO2 de 95 % dans la construction immobilière ? Oui, et c’est la performance que promet le groupe Crédit Agricole Immobilier pour le programme résidentiel « Be fine », situé à Melun, en Seine-et-Marne, qui sera livré en 2025. Un programme remarquable, qui combine trois innovations : • L’utilisation de panneaux préfabriqués de béton de chanvre et bois• La construction hors site.• Le circuit court. Utiliser le béton de chanvre et bois 160 000 kg de béton de chanvre seront utilisés pour les 4 600 m2 de murs de façades du programme « Be Fine », ce qui représente 10 000 kg de CO2 émis, alors qu’en béton classique, cela aurait représenté l’émission de 188 000 kg de CO2. Soit une économie de 95 %. Construire hors site Les panneaux de façade seront fabriqués par WALL’UP Préfa, première usine de France de panneau préfabriqué isolé en béton de chanvre sur base ossature bois. Concrètement, il s’agit de préfabriquer en usine les facades des habitations qui seront ensuite assemblées sur le chantier.  Le choix de ce mode de construction a plusieurs avantages qui sont de réduire la durée des chantiers de manière significative, de s’affranchir des aléas climatiques, de lutter contre la pénibilité des chantiers et enfin de limiter les nuisances pour les riverains pendant le chantier. L’empreinte carbone de la construction hors site est moindre de l’ordre de 40 % par rapport à un chantier traditionnel par la baisse du nombre de trajets, celle des déchets, additionnée avec l’utilisation des matériaux biosourcés. En circuit court L’usine WALL’UP Préfa est implantée en Seine-et-Marne, non loin du chantier. Par ailleurs, le chanvre utilisé est issu de chanvrières d’Ile-de France. (Petit cocorico : la France est le leader européen de la production de chanvre, et le 3e dans le monde.) RE 2020 et NF Habitat HQE    Bien entendu, le programme respecte les normes environnementales NF Habitat HQE, ainsi que RE 2020 (pour les immeubles collectifs), et RT 2012 biosourcé niveau 2 (pour les maisons). Ainsi, les futurs résidents bénéficieront de logements peu énergivores, mieux isolés, leur permettant de réduire leurs dépenses énergétiques. Selon Franck Hélary, Directeur général de Crédit Agricole Immobilier Corporate et Promotion, « Ce programme est une illustration parfaite de la volonté du groupe Crédit Agricole d’accompagner ses clients et la société dans leur transition énergétique et de sa capacité à faire émerger des solutions locales avec les acteurs du territoire. » Données-clés :


30 septembre 2023

HYVIA, acteur de poids de la mobilité hydrogène

HYVIA, c’est d’abord un constructeur, qui propose aux professionnels des véhicules utilitaires légers à hydrogène. Mais il a développé également un écosystème H2 complet : solutions de recharge, de maintenance et de financement, ainsi que production de piles à combustible ou d’hydrogène bas carbone par électrolyse. Hyvia, aujourd’hui composé de 130 personnes, est un pionnier de la mobilité hydrogène depuis sa création en 2021, qui résulte de l’association de deux groupes : Renault, et Plug, expert depuis plus de 20 ans des solutions hydrogène. L’entreprise compte déjà de nombreux clients prestigieux : Orange, Engie, Equans, Chronopost en France ; GP Groot, Warmtebouw, Pot Verhuizingen aux Pays-Bas ; Airbus, Hamburger Hafen und Logistik AG, en Allemagne. Pour assurer l’après-vente de ses véhicules à hydrogène, des concessionnaires pionniers ont été sélectionnés : pour la France, Renault Rungis et Renault Lyon Sud. Mehdi Ferhan, COO d’Hyvia, est fier des résultats obtenus en deux ans : « Nos réalisations sont concrètes. Notre grand fourgon à hydrogène, Renault Master Van H2-TECH, est désormais sur les routes d’Europe. Le magazine Kilomètres Entreprise, référence dans le domaine des flottes automobiles en France, lui a décerné le prix de l’Utilitaire Lourd de l’Année 2023. Notre ligne d’assemblage et de test de piles à combustible est opérationnelle et nous avons installé un électrolyseur pour produire de l’hydrogène bas carbone. Et ce n’est que le début d’une ambitieuse aventure. »


01 juin 2023

Les Hauts-de-France, territoire électrique

Le 30 mai dernier, à Douvrain, dans le Pas-de-Calais, une giga-factory de batteries électriques vient d’être inaugurée. La date est à marquer d’une pierre blanche, et d’ailleurs, trois ministres ont fait le déplacement, Bruno Le Maire, Agnès Pannier-Runacher et Roland Lescure). De même étaient présents les trois patrons des entreprises qui se sont alliées dans le consortium ACC (Automotive Cells Company) : Mercedes, avec Ola Källenius, Stellantis (Carlos Tavares), et TotalEnergies (Patrick Pouyanné). Laquelle entreprise confirme sa place  de leader dans le domaine des énergies renouvelables, n’en déplaise aux activistes. Cette usine est la première production européenne d’un élément clé de la valeur ajoutée. Avec tous les avantages que cela comporte : • des milliers d’emplois à haute valeur ajoutée, • la garantie d’une souveraineté européenne sur un domaine qui s’annonce majeur, • enfin, et c’est sans doute le point majeur, la reprise en main de nos capacités d’innovation. Car on a bien compris, avec la délocalisation des industries en Chine, que les gains en termes de coût se payaient en délocalisation d’expertise et d’innovation, et donc de maîtrise des technologies d’avenir. Protectionnisme De plus, il s’agit là de la création d’un véritable bassin de savoir-faire, car trois autres usines devraient sortir de terre d’ici 2030. Dont celle du taïwanais Prologium, qui a choisi Dunkerque pour installer son usine européenne. L’investissement sera proche de 5 milliards d’euros, avec 3000 emplois.Les deux autres projets sont ceux du chinois Envision, et de la start-up française Verkor. De plus, on peut se féliciter que la France, par la voix d’Emmanuel Macron, n’aie plus peur de recourir à une vision protectionniste de l’avenir technologique, qui n’est qu’une juste réponse au protectionnisme américain, qui réserve un bonus de 7.500 dollars aux seuls véhicules équipés de batteries fabriquées sur le sol américain, et au protectionnisme chinois, encore plus draconien.


13 avril 2023

La fertilisation raisonnée, pour préserver les terres

Quand on évoque l’avenir de l’agriculture, il est surtout question des dangers des pesticides, glyphosate et autres, des pollutions qu’ils entraînent dans les sols et les nappes phréatiques, de leur nocivité que nous retrouvons dans les aliments consommés, et des dégâts qu’ils causent sur la biodiversité. On parle beaucoup des fertilisants et engrais azotés, pourtant tout aussi nuisibles. Pourtant des solutions plus respectueuses de l’environnement existent, et une entreprise encore peu connue, Drouin, s’est spécialisée dans les engrais dits « complexes », qui reconstituent ou entretiennent l’équilibre minéral des sols et préservent leur fertilité naturelle. Elle fournit également des engrais UAB (Utilisables en Agriculture Biologique). Basée en Normandie et fondée en 1947, elle a pu éprouver ses solutions de longue date avec nombres d’agriculteurs, dans tous les domaines : céréales, oléagineux, cultures légumières, pomme de terre, betterave, élevage, arboriculture, vignoble…    Pour cette société, seule la fertilisation raisonnée et productive est capable d’assurer aux exploitants agricoles la rentabilité à court terme de leur production tout en préservant à moyen et long terme la valeur et la productivité de leurs terres. Au-delà des savoir-faire sur les formulations des engrais, l’un des atouts de Drouin est de proposer à chaque agriculteur des conseils adaptés, en procédant à une analyse de ses sols, par un expert agronome.

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Mathilde Moulin

03 février 2026

Mathilde Moulin met la réutilisation des eaux grises à portée des particuliers

Jeune start-up provençale, Wadi, co-fondée avec Damien Oursel, réutilise l’eau des douches et lavabos pour les toilettes, machines à laver et systèmes d’arrosage. Le but : rendre tout un chacun facilement plus autonome et résilient, même sur un marché encore balbutiant. Quelle est l’innovation de votre système de récupération des eaux grises ? Mathilde Moulin : Nous sommes conformes à la réglementation de 2024 ! L’autre chose, c’est l’agilité de notre système : il s’adapte à l’existant – services de distribution d’eau des maisons, petits immeubles, campings – il est sur-mesure, pour aller directement et rapidement sur le terrain, et surtout accessible financièrement : il faut compter 2 à 3 000 euros, deux jours d’installation et un pan de mur d’un mètre carré de disponible pour la pose de l’unité de traitement ainsi qu’un espace au sol pour une cuve de stockage de 200 litres. Wadi permet d’économiser jusqu’à 40 % sur sa facture d’eau, et de s’adapter face aux sécheresses et aux restrictions. Votre parcours est mêlé à la potabilisation de l’eau… Je travaille depuis 12 ans, dans le cadre d’une entreprise familiale, sur la repotabilisation des eaux grises pour rendre l’habitat autonome. Wadi est la version ultra simplifiée de notre technologie, Geopure, qui est légale sur nos territoires. Votre modèle d’affaires est basé sur la vente directe ? Oui, nous avons déjà installé une vingtaine de solutions depuis l’automne 2024. Pour cela, nous avons levé 450 000 euros en 2024 auprès de business angels et de Kiss Studio, l’incubateur de Voyage Privé. Nous visons la vente de 200 unités pour 2026 et un chiffre d’affaires de 600 000 euros. La taille du marché est celle du parc de logements sur le territoire et de sa croissance, nous avons de la marge ! Quelles sont vos prochaines étapes ? Déployer un réseau de plombiers agréés capables d’installer notre système auprès des particuliers. Et travailler avec des bailleurs sociaux, des immeubles, des architectes, pour intégrer Wadi en amont dans la conception des bâtiments. Les appels d’offres se multiplient, nous commençons à signer nos premiers contrats avec des bailleurs. Mais pour l’instant, ceux qui sont sensibilisés sont ceux qui ont déjà fait face à des restrictions. C’est la jeunesse du marché qui rend compliqué de prévoir sa croissance ? En effet, le marché actuel est quasi inexistant, et inextricablement corrélé aux événements climatiques, aux conflits d’usage qui en découleront et à la volonté politique d’aller vers une meilleure gestion de l’eau à l’échelle nationale et d’intégrer la réutilisation aux plans d’urbanisation. Nous savons qu’à un moment cela va décoller, et vite, mais il est très difficile de faire des projections. Nous serons prêts !

12 février 2026

Mode durable : le géant de la sneaker éco-responsable s’associe à la jeune pousse Prolong

Rendre la réparation plus simple que le rachat d’un produit neuf ? C’est l’ambition de la start-up Prolong. Lancée en 2023 entre Paris et Nantes, elle a mis au point une plateforme de gestion du service après-vente pour marques et distributeurs. Deux ans plus tard, elle signe un partenariat avec le leader français de la basket écologique Veja. Retour sur une collaboration à succès. Révolutionner le SAV Prolong est née d’un chiffre : la réparation d’un produit textile peut réduire son impact environnemental de 30 %, selon l’ONG britannique WRAP. La start-up accompagne aujourd’hui une dizaine de marques, du textile à la joaillerie en passant par la maroquinerie et la chaussure, dans l’orchestration de leur service après-vente. The North Face, Fusalp ou Bocage leur font déjà confiance. « On les aide à prolonger la durée de vie du produit, de la retouche à la personnalisation en passant par le recyclage s’il est irrécupérable », avance Tanguy Frécon, cofondateur et directeur général de la jeune pousse. Un partenariat comme une évidence… L’alliance avec Veja, acteur pionnier sur la réparation, s’est imposée naturellement. « Ils ont leur propre cordonnerie depuis longtemps », rappelle Tanguy Frécon, faisant référence à la boutique VEJA General Store dans le 10e arrondissement de Paris. Mais la gestion du service après-vente restait difficile pour Veja. « Nous voulions que l’expérience de réparation soit aussi fluide et soignée que celle de l’achat », souligne Daniel Schmitt, responsable des opérations réparation chez Veja. Les résultats sont déjà prometteurs : « Les premiers retours sont incroyables en termes de réduction de délais de traitement, et de satisfaction client, avec déjà des centaines de réparations », rapporte le cofondateur de Prolong. … Pour ouvrir la voie La suite ? Équiper les boutiques Veja partout en France, puis en Europe, et pourquoi pas à l’autre bout du monde – Japon et États-Unis notamment. Une solution globale, multicanale, et qui permet de tout gérer, de la communication client au suivi des pièces détachées : voilà l’ambition de la jeune pépite française pour le géant de la chaussure éco-responsable. Le début d’une belle histoire, qui pourrait servir de modèle à toute une industrie. Légende : Prolong est une plateforme SaaS B2B qui centralise les retours, réparations, remboursements et services d’entretien pour des marques issues des filières mode, chaussure, joaillerie, accessoires et équipement outdoor.

25 février 2026

Eenuée & Duqueine : Un partenariat d’avenir pour faire voler un avion électrique en 2033

Un avion 100 % électrique qui relie Limoges à Lyon au même prix qu’un TGV ? C’est toute l’ambition de la jeune pousse ligérienne Eenuée, qui vient de signer un partenariat stratégique avec le groupe Duqueine. Par Laurie Bruno Depuis 2019, Eenuée développe un avion décarboné prometteur : 11 fois moins d’énergie consommée qu’un avion classique, zéro émission en vol, et des nuisances sonores très faibles. Un avion capable d’atterrir sur de très petites distances, y compris dans l’eau, et qui pourrait transporter en toute autonomie 19 passagers sur des trajets allant jusqu’à 500 kilomètres d’ici 2033. Concilier décarbonation de l’aviation et désenclavement territorial « Comme on décarbone l’automobile ou le naval, il faut aussi décarboner l’aérien, car c’est un secteur en pleine croissance », avance Baptiste Guiliani, bras droit du fondateur d’Eenuée, Éric Herzberger. C’est pourquoi la start-up stéphanoise s’est associée au groupe Duqueine, fournisseur clé d’Airbus, et dont l’expertise industrielle est largement reconnue. L’avion issu de ce partenariat sera déployé dans un premier temps en Auvergne-Rhône-Alpes, région montagneuse enclavée, pour relier les territoires isolés. « On envisage un vol de Lyon vers Limoges et Clermont-Ferrand, deux villes qui ont de grands enjeux de mobilité. Legrand et Michelin, les deux seules entreprises du CAC 40 à ne pas être sur Paris, se plaignent énormément de leur enclavement », déplore Baptiste Guiliani. Un avion pensé par et pour les territoires Une solution propre, accessible, et sans investissement public majeur, ancrée territorialement. « Ce partenariat, c’est aussi une démarche locale. Pour nous, c’est essentiel de fédérer les réseaux industriels, car c’est comme ça qu’on construit une vraie dynamique autour de l’innovation et de la mobilité durable. » Prochaine étape : un avion certifiable de 8 mètres d’envergure. « On a fait voler un avion de 4-5 mètres d’envergure pour confirmer nos théories. Maintenant, on développe un appareil certifiable deux fois plus grand. », explique Baptiste Guiliani, ajoutant que c’est ce partenariat qui va « permettre de définir la structure optimale de l’avion final. »

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